Par Claudette Cormier

jeudi 30 avril 2026

Marathon de Petits Garrots

Dès la fin avril et s'étirant en mai, de nombreux Petits Garrots sont observés sur les plans d'eaux dans la région. Cette espèce est en migration et fait halte pour se refaire des forces avant de migrer en direction nord. 

La Baie offre une halte de choix pour les Petits Garrots en migration (C. Cormier)

Le 26 avril 2026, plusieurs Petits Garrots ont été recensés ici à La Baie. Ce petit canard plongeur est toujours un ravissement à regarder. Il est compact et de taille plus petite que le Garrot à oeil d'or. La femelle est brune noirâtre ayant un trait blanc qui traverse sa face. Quant au mâle, il possède un beau capuchon blanc qui semble avoir une texture de peluche.

Un groupe de Petits Garrots nage paisiblement (C. Cormier)

La femelle arbore un trait blanc dans sa face (C. Cormier)

Le mâle possède un capuchon blanc (C. Cormier)

Le jour de notre excursion à Germain et à moi, nous avons été témoin d'une parade nuptiale dans un groupe de Petits Garrots. Je vous dis que les mâles, malgré leur petitesse, ils mènent du train en courtisant les femelles. Pour les femelles, elles semblent exaspérées de tout ce brou-ha-ha. Parfois, ce sont elles qui courent après les mâles. Bref, les hormones sont au plafond à cette période de l'année. La nature suit son cours. 

C'est la folie entre les mâles et les femelles (C. Cormier)

mercredi 29 avril 2026

Grâce-cieux

En fin du journée du 25 avril 2026 à La Baie, le coucher de soleil était tout simplement « gracieux ». De longs rubans orangés s'étiraient et s'entremêlaient pour créer une sorte de toile abstraite. Le ciel était peint par grands traits superposés. Comment est-ce possible de créer autant de beautés différentes soir après soir lorsque le ciel est dégagé? Certes, les mots vont me manquer...

Le magnifique coucher de soleil tire à sa fin (C. Cormier)

La couleur orangée est tout à fait sublime (C. Cormier)

Les longs rubans orangés s'entremêlent et s'entrecroisent joliment (C. Cormier)

mardi 28 avril 2026

La nature en éveil printanier

En cette fin avril, ce qu'il est bon d'observer les signes du printemps! Lorsque nous regardons certaines espèces d'arbres, nous constatons que les bourgeons sont gonflés. Lors d'une prochaine épisode de chaleur, les bourgeons éclateront leurs gaines, nous permettant par la suite de pouvoir admirer leurs magnifiques fleurs. La floraison précède la formation des feuilles.

Les Érables rouges se préparent à fleurir (C. Cormier)

Bientôt, les bourgeons feront éclore des fleurs rouges (C. Cormier)

Les Peupliers faux-trembles sont en train de se réveiller (C. Cormier)

Les peupliers forment de beaux chatons soyeux (C. Cormier)

Puis au sol, sur des terrains instables et argileux, nous observons enfin les premières fleurs printanières en ville et en campagne. Il s'agit du Tussilage (Tussilago farfara). Par sa coloration jaune orangé intense, il apporte avec lui des rayons du soleil et des vitamines pour nous humains. Certes un ravissement pour nos yeux à la sortie de l'hiver. De regarder ces talles de fleurs jaunes sortir d'un couvert de débris végétaux en pourriture, le signal est là pour nous dire que le printemps prends sa place!

Les Tussilages sortent enfin du sol pour nous éblouir de leurs fleurs jaunes (C. Cormier)

lundi 27 avril 2026

Corneilles affectueuses

Mon sujet d'aujourd'hui porte sur la Corneille d'Amérique. Il y a tant de préjugés à détruire concernant cette espèce. Ce sont des gros oiseaux noirs dont le cri répétitif peut tomber sur les nerfs de n'importe qui. Cela m'arrives aussi d'être irritée par leurs cris, surtout au petit matin alors que je suis dans mon lit.

Mais outre ces dérangements, les corneilles sont fascinantes à observer. Dans mon secteur à La Baie, un couple s'emble s'être installé depuis quelques années. Chaque jour, ces oiseaux se posent sur le même poteau et les mêmes fils électriques. Ils s'y reposent et effectuent régulièrement leur toilettage. Puis, ils s'envolent de l'endroit pour aller s'alimenter sur les battures qui sont tout près.

La Corneille d'Amérique en mode repos (C. Cormier)

Un bon étirement de l'aile après une épisode de nettoyage (C. Cormier)

C'est ce qu'on appelle bailler aux corneilles! Elle a effectué un long bâillement (C. Cormier)

Chaque printemps, les corneilles réparent leur nid après ces longs mois d'hiver. Nous les voyons transporter des branchages et du foin. Ce nid est situé dans la montagne derrière la résidence. Ce matin (27 avril 2026), j'entends la femelle quémander de la nourriture auprès de son partenaire. Toutes les chances sont qu'elle a pondu ses oeufs. C'est le mâle qui est chargé de la nourrir pendant qu'elle couve.

À plusieurs reprises au cours de ce printemps, j'ai été témoin de scènes intimes entre les adultes. Les corneilles adorent se faire caresser. Lorsque les oiseaux sont collés-collés, il arrive souvent qu'un l'un d'eux picosse gentiment la tête de l'autre. C'est un geste tendre qui aide à la consolidation du couple avant la période de nidification. Disons qu'il s'agit d'une sorte de renouveau conjugal.

Un moment de tendresse lors d'un toilettage (C. Cormier)

Puis, à moment donné, un adulte s'est penché devant son partenaire. J'ai cru qu'il y aurait un autre instant de tendresse. Mais cette fois, c'était différent. L'adulte soulevait tour à tour une série de plumes sur la nuque et le dos de son partenaire. À mon humble avis, il y avait une recherche de poux dans le but de les extirper. Malheureusement pour les oiseaux, les poux sont de sérieux irritants. Ça pique sérieusement!

À la recherche d'insectes piqueurs suivi d'un bon grattage! (C. Cormier)

Voilà donc pour mon plaidoyer concernant la Corneille d'Amérique. Ces oiseaux sont très intelligents et sensibles. Mon souhait est qu'ils méritent d'être plus connus et respectés. Ce ne sont pas de vulgaires oiseaux noirs. Ce sont des oiseaux qui font parti de notre faune aviaire et qui ont leur place dans la nature.

La Corneille d'Amérique prend la pose pour la postérité (C. Cormier)

vendredi 24 avril 2026

Gloriosa

En admirant ce magnifique coucher de soleil le 23 avril 2026 à La Baie, c'est ce que j'avais le goût de déclarer. Gloriosa!  Ce que nous sommes chanceux nous gens de la région et du Québec de pouvoir savourer ces spectaculaires couchers de soleil sans qu'ils ne soient obscurcis par la pollution industriel.

Après la neige d'aujourd'hui, un superbe coucher de soleil (C. Cormier)

Une halte pour bruants en migration

Le même jour que la migration massive de Juncos ardoisés le 20 avril 2026, d'autres espèces d'oiseaux ont été observées chez moi à La Baie. Lorsque la migration s'est calmée sur l'heure du midi, les oiseaux ont commencé à se nourrir frénétiquement au sol. Ils avaient vraiment faim. De plus, il faisait très froid. Le temps n'était pas printanier, mais hivernal.

En regardant par ma fenêtre de salon, j'ai détecté un mouvement au travers des feuilles mortes dans l'herbe haute et desséchée situées devant la résidence. C'était un Bruant fauve! Et il était très actif dans sa recherche de graines. Ce gros bruant rouquin est tout simplement magnifique!

Le magnifique Bruant fauve (C. Cormier)

Ce Bruant fauve sait comment gratter le sol avec conviction (C. Cormier)

Le Bruant fauve a de la compagnie (C. Cormier)

Pour le Pic flamboyant, je ne savais même pas qu'il était là. Lorsque je filmais le Bruant fauve, il est passé devant mon objectif. Je fus très surprise de sa présence subite! Ce pic semble porter un costume très original et sophistiqué. Et que dire de sa tache écarlate et vibrante qu'il arbore sur sa nuque!

Le Pic flamboyant arbore un superbe plumage (C. Cormier)

Soudain, au-dessus de la baie, les Goélands à bec cerclé, les Bernaches du Canada et les canards se sont mis à paniquer et à quitter l'endroit. La raison de ce dérangement fut un Pygargue à tête blanche, un immature, qui chassait dans le secteur. Les conditions météo n'étaient pas très bonnes pour la lumière, mais l'image vous donne une bonne idée de ce que j'ai pu observer.

Le Pygargue à tête blanche immature était en chasse (C. Cormier)

Au cours de cette même journée, d'autres bruants s'affairaient à s'alimenter parmi les Juncos ardoisés. Je vous les présentent en photographies. Les bruants avaient le plumage gonflé à bloc pour se contrer du froid. Disons que ce froid dérange passablement tout le monde, les oiseaux compris. Au moment où je vous écris (23 avril), il neigeai à plein ciel. Quand les conditions météos redeviendront favorables pour la migration, les oiseaux vont poursuivre leur périple vers le nord. Une nouvelle saison de nidification va bientôt s'amorcer pour eux. Souhaitons leur bonne chance à ces courageux oiseaux pour la suite des choses.

Ce Bruant hudsonien était en migration avec les juncos (C. Cormier)

Le Bruant à gorge blanche était gonflé à bloc (C. Cormier)

Ce Bruant chanteur est un local qui chante près de chez moi (C. Cormier)

Le soir venu, le ciel s'est réparé (C. Cormier)

Le soleil se couche avec des couleurs intenses et chaudes (C. Cormier)

jeudi 23 avril 2026

Migration massive de Juncos ardoisés

C'était le 20 avril 2026, chez moi à La Baie. Tôt en matinée, j'ai commencé à observer des groupes de Juncos ardoisés défiler devant la résidence avec empressement. Un groupe, un autre groupe... Ça n'arrêtait pas. Les hordes comprenaient entre 30, 50 ou 80 individus à la fois. Pour avoir déjà vécu un tel phénomène lorsque je demeurais à Saint-Fulgence, je savais que ce mouvement durerait quelques heures. Les juncos passaient derrière et devant la maison. Mais c'était meilleur derrière la résidence. C'est là que j'ai concentré mes efforts d'observation. Je n'avais qu'à attendre et les juncos arrivaient par vagues. Ils allaient tous d'est en ouest, suivant le pied de la chaîne montagneuse. Pour faire court, j'ai recensé pas moins de 2000 individus en quatre heures environ. Puis, le phénomène s'est essoufflé sur l'heure du midi. 

Les Juncos ardoisés passent comme des étoiles filantes (C. Cormier)

Ce phénomène est connu des ornithologues. Cependant, il demeure quand même rare de vivre cette intensité de migration. Pour les ornithologues qui étaient à Tadoussac, ils ont recensé en deux jours au-delà de 200,000 juncos! D'autres espèces peuvent également faire de même, en mentionnant par exemple les parulines en mai. Suite à une migration intense, les oiseaux cherchent à corriger leur positionnement géographique, d'où les groupes d'oiseaux qui filent en masse et dans la même direction.

Le phénomène est dû au fait que les oiseaux migrateurs, les juncos dans ce cas précis, attendent des conditions nocturnes favorables pour migrer. Et comme ce printemps les fenêtres de beaux temps ont été rares, leur migration a été retardée. Puis arrive un système météo provenant du sud. Il y a eu des vents du sud durant la nuit et le jour également, pas simplement au niveau terrestre, mais en altitude. C'est ce que les juncos attendaient. Cela explique pourquoi les juncos sont arrivés dans la région et ailleurs en un grand coup. Ils ont migré durant la nuit. Le jour, les oiseaux sont au sol. Il y avait des juncos partout, que ce soit sur les pelouses en ville, aux abords des boisés et dans d'autres habitats. Les gens qui ont des mangeoires ont soudainement été envahies par des dizaines, voire des centaines d'oiseaux affamés ($$$). Tout le monde en parlait, même les non-initiés en ornithologie.

Voici un Junco ardoisé qui prend une pause (C. Cormier)

Les oiseaux avaient le plumage gonflé à cause du froid (C. Cormier)

Les juncos grattaient le sol pour s'alimenter (C. Cormier)

Lorsque les oiseaux arrivent de la sorte, comme un large front partant de la Côte-Nord et au moins jusqu'au Cap Tourmente, c'est très impressionnant. La nuit, il y avait des millions de Juncos ardoisés dans le ciel nocturne. Au travers d'eux, des bruants et autres passereaux, mais en moindre quantité que les juncos.

Un Junco ardoisé se sustentant suite à sa migration (C. Cormier)

Après la pluie...

Aujourd'hui, 19 avril 2026 à La Baie, il a plu toute la journée. Même que, de la neige a tombé brièvement en après-midi. Quant aux montagnes bordant notre région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, des accumulations de neige ont été notées. Un autre front froid contribuant à ce printemps tardif.

En début de soirée, une éclaircie s'est soudainement ouverte au travers des nuages sur l'horizon ouest. Je ne m'attendais aucunement à photographier un coucher de soleil ce soir. Et il était de toute beauté! L'astre a fait un clin d'oeil entre deux masses de nuages comme pour nous encourager dans ce temps maussade et froid. 

Une fenêtre s'est ouverte sur l'horizon ouest au cours de la soirée (C. Cormier)

Dans le ciel couchant, les teintes étaient ambrées. Des canards et des Oies des neiges se sont hâtés à prendre de l'altitude et migrer. La nuit semble prometteuse pour eux. Ce sont des voyageurs nocturnes, comme presque la majorité des espèces d'oiseaux qui font de même. La scène était touchante.

Après la pluie, les Oies des neiges vont migrer durant la nuit (C. Cormier)

Le coucher du soleil n'avait pas dit son dernier mot. De larges rubans de nuages, des altocumulus, traversaient la baie. Ils étaient d'un magnifique ton orangé. Étant contemplative de nature, j'étais sous le joug de cet instant merveilleux.

Les nuages orangés traversent la baie (C. Cormier)

Puis, au cours de la soirée, j'ai eu une autre surprise, crépusculaire celle-là. En me rendant sur le balcon pour  observer la planète Vénus, je me suis rendue compte qu'un croissant de lune était au-dessus d'elle. C'était une conjonction! J'ai fait de mon mieux pour les photographier. Je ne suis pas équipée pour faire de la photographie astronomique. Si vous avez quelques minutes devant vous vers la fin du crépuscule, regardez la planète Vénus située à l'ouest et qui se couche au nord-ouest. Elle est si brillante qu'il est impossible de la manquer. 

Une jolie conjonction Lune-Vénus au-dessus de La Baie (C. Cormier)

mercredi 22 avril 2026

Jour de migration - 4ième et dernière partie

Suite du récit du 18 avril 2026 au Grand Marais de Métabetchouan.

Après nous êtres sustentés côté estomacs au restaurant, Germain et moi allons marcher dans un sentier forestier en après-midi afin de digérer nos hydrates de carbone. Ce qui nous intéresse ici sont les oiseaux passereaux. Avec la matinée très intense que nous avons vécu, c'est tout un contraste à cet endroit. C'est que les passereaux ressentent une baisse de pression atmosphérique. Cela fait qu'ils deviennent très discrets et silencieux. Ils mettent leurs énergies à manger avant que le mauvais temps n'arrive. Et il arrivera. Les oiseaux n'ont pas besoin de cadrans, d'ordinateurs, ni de satellites pour savoir que le régime météo vient de changer. Ils ont un radar intégré en eux.

Nous avons observé un faux hibou sur notre chemin (C. Cormier)

C'est un silence presque troublant dans la forêt concernant les oiseaux. Cependant, nos oreilles sont remplies par le bruit du vent dans la faîte des arbres. Nous recensons ce que nous pouvons sur ce sentier. Sur les parties du sol dégagées de neige, les juncos et les bruants sont occupés et très concentrés à se trouver de la nourriture.

Nous poursuivons notre marche en recherchant des passereaux. Le temps lui, s'assombrit. Des nuages plus opaques cachent le soleil maintenant. En se déplaçant, nous arrivons devant un peuplement de bouleaux. Cela me donne une sensation étrange d'être devant un peuplement de Bouleaux blancs. Tout est blanc, même le ciel derrière les arbres, sauf pour quelques Peupliers faux-tremble situés devant qui apportent un petit contraste rassurant. Cet endroit me donne toujours ce drôle d'effet.

Tout est blanc et laiteux dans ce peuplement de bouleaux (C. Cormier)

Enfin nous voyons quelques oiseaux autres que des bruants et des juncos. Cachés derrière des arbres, deux Pics maculés semblent jouer un « jeu de pics » qu'eux seuls en connaissent les règles. J'ai eu la chance de pouvoir photographier l'un d'eux. En effet, car habituellement, ils se tiennent souvent dans le haut des arbres. Il n'y a pas à dire, les Pics maculés sont de superbes oiseaux à observer.

Cache-cache de Pic maculé (C. Cormier)

Ce Pic maculé, un mâle, est tout à fait superbe (C. Cormier)

Vers la fin de notre marche, Germain détecte la présence de deux Grimpereaux bruns! Ceux-ci émettent leur sifflement aigu, se répondant l'un et l'autre pendant qu'ils grimpent sur les troncs d'arbres. Les oiseaux étant plus petit qu'une Mésange à tête noire, les Grimpereaux bruns sont des experts en camouflage. Arpentant des arbres ayant l'écorce rugueux, comme les pins et les épinettes, ils sont difficiles à détecter.

Le roi du camouflage, le Grimpereau brun (C. Cormier)

Le Grimpereau brun possède un plumage complexe (C. Cormier)

En fin d'après-midi, nous retournons à la maison à La Baie. Nous avons la tête pleine d'images d'oiseaux que nous avons observés toute la journée. Germain et moi jasons de la migration ayant eu lieu aujourd'hui, mais plus les minutes avancent, plus le silence s'installe. Nous sommes brûlés de fatigue. Une grosse journée sur le terrain. Mais le coeur est heureux.

Fin de l'excursion du 18 avril 2026 à Métabetchouan.

mardi 21 avril 2026

Jour de migration - 3ième partie

Suite du récit du 18 avril 2026 au Grand Marais de Métabetchouan.

En recensant les espèces aquatiques dans le Grand Marais, Germain et moi remarquons que des Buses à queue rousse commencent à poindre à l'horizon. Avec les vents du sud-est qui soufflent présentement, les buses vont certainement donner un blitz ce matin. Ces dernières semaines, elles n'ont pas été très choyées côté météo. Elles non plus n'aiment sans doute pas les conditions hivernales tardives de ce printemps.

Illico, nous nous rendons à un site où nous effectuons souvent des inventaires d'oiseaux de proie,  toujours dans la même localité. Aussitôt nos télescopes installés, aussitôt des buses sont repérées. Et de  une, et une autre, puis un groupe, etc. À une reprise, il nous est arrivé d'en compter une vingtaine ensemble! Les Buses à queue rousse se hâtent pour migrer car les conditions météo sont exceptionnelles pour elles ce matin.

Une magnifique Buse à queue rousse adulte qui plane (C. Cormier)

Cette Buse à queue rousse est plus foncée dans son plumage (C. Cormier)

Une Buse à queue rousse, un immature âgé d'un an, en migration (C. Cormier)

Pendant trois bonnes heures, nous comptons les buses à leur passage, soit 143 individus au total! Parfois, un Pygargue à tête blanche vogue dans le ciel. Parfois ce sont les Urubus à tête rouge qui sillonnent le secteur. Nous avons de l'ouvrage en masse pour repérer les oiseaux de proie en migration et pour recenser tout ce qui bouge dans le secteur en mentionnant les passereaux. Pas de répit pour nous. Ça bouge de partout!

Toujours agréable d'observer les Urubus à tête rouge (C. Cormier)

Vers la fin de notre recensement, soudain les vents du sud-est se sont mis à souffler beaucoup plus intensément. Nous estimons qu'ils soufflaient entre 50 et 70 km/hre là où nous étions situés. Sur la route, les feuilles mortes séchées couraient comme s'il y avait une compétition entre elles. À quelques reprises, les feuilles s'aggloméraient et formaient des tourbillons pour s'arrêter abruptement. Sur la chaussée, de la poudrerie de sable nous blastaient de grains de sables. Puis, une bulle de chaleur s'est manifestée. Ma foi! Que se passe-t-il ici? Soudain, Germain et moi avons chaud et devons enlever de nos vêtements d'hiver. Nous enlevons tuques-foulards-gants-doudounes. Il fait 17°C! En arrivant à Métabetchouan tôt ce matin, il faisait 3°C! Nous avions froid!

Sur l'heure du midi, alors que la migration de buses a passablement cessé, nous prenons une petite marche le long du rang, question de dégourdir nos jambes. C'est pendant notre marche que nous avons vu une scène comique. L'image suivante vaut bien quelques rigoles.

Hiver tardif pour le tuyau aussi (C. Cormier)

Finalement, la faim dévorante se fait sentir. Rangeant tout notre attirail, nous nous rendons à un restaurant. Sur notre chemin, nous n'en revenons pas de tout ce que nous voyons sur l'autoroute. Il y a des gens à vélo alors qu'il y a encore des monticules de neige à leurs côtés. Nous observons de nombreuses motos de toutes sortes, des enfants en trottinettes circulant ici et là, des voitures anciennes qui se pavanent sur la route, des camions avec leurs remorques transportant des chaloupes, des gens en T-shirt qui jasent en groupe sur leurs chaises de parterre devant leur garage... Dans l'espace de quelques heures, j'ai eu l'impression de passer de la fin de l'hiver au début de l'été. Jamais de ma vie je n'ai vécu un printemps aussi chaotique, aussi tardif, aussi extrême dans la température. Je vis un yo-yo d'émotions en tentant de m'ajuster à tout ces changements en quelques heures. Quelle journée intense!

P.S. Chers lecteurs, revenez bientôt pour la suite de cette journée.

lundi 20 avril 2026

Jour de migration - 2ième partie

Suite du récit du 18 avril 2026 au Grand Marais de Métabetchouan.

Rendus aux abords du Grand Marais, nous constatons qu'il est encore gelé, environ à 80%. Cependant, une grande nappe d'eau libre est présente dans le marais. Et dans cette nappe d'eau, des Bernaches du Canada, ainsi que de nombreux canards barboteurs et canards plongeurs sont agglomérés dans ce plan d'eau. Les espèces aquatiques en migration sont arrivées en trombe alors que le marais n'est pas encore dégelé en bonne partie. Heureusement, la plupart d'entre eux peuvent aller s'alimenter pendant quelques temps dans les champs avoisinants.

Le Grand Marais abritant de nombreuses espèces aquatiques (C. Cormier)

Dans le ciel, nous entendons caqueter les nombreuses hordes d'Oies des neiges ainsi que des Bernaches du Canada. Que ça fait du bien à entendre! OUI! Je crois que ça y est, qu'on se peut dire que c'est enfin le printemps! Germain et moi levons les jumelles pour admirer ces oiseaux qui sont forts courageux d'affronter les aléas de météo lors de leur migration. D'une façon poétique, en regardant le « V » qu'adopte les oies en migration, j'imagine le ciel porter des colliers de perles. Une beauté sauvage.

Des colliers de perles dans le ciel azuré (C. Cormier)

Les magnifiques Oies des neiges se posant dans le marais (C. Cormier)

Des Bernaches du Canada arrivent dans le secteur pour se reposer (C. Cormier)

En observant le plafond du ciel, je remarque que les nuages, des cirrus, sont très présents. Les cirrus sont des nuages situés à haute altitude qui voilent une partie du rayonnement du soleil. Plusieurs personnes nommes ses nuages « cheveux d'anges ». Lorsqu'il y en a beaucoup dans le ciel, c'est signe qu'une perturbation météorologique s'approche. Nous pouvons nous attendre à des précipitations dans les 24 heures. Ce sera de la pluie ou de la neige selon les saisons. 

Il y a présence de beaucoup de cirrus dans le ciel  (C. Cormier)

P.S. Chers lecteurs, revenez bientôt pour la suite du récit!

dimanche 19 avril 2026

Jour de migration - 1ère partie

Nous sommes le 18 avril 2026. Tôt en matinée, Germain et moi partons pour Métabetchouan au Lac-Saint-Jean. La nuit dernière, des vents du sud ont soufflés. Au printemps, lorsqu'il y a des vents du sud particulièrement durant la nuit, les migrateurs nocturnes se mettent en branle et migrent en masse. Nommons ici : oies, bernaches, canards et diverses espèces de passereaux. Ça devrait être intéressant sur le terrain. C'est cela que nous allons vérifier.

En arrivant sur le site, nous mettons tuque/foulard/gants/doudoune. À 9h, il ne fait que 3°C. Le ciel est partiellement nuageux et des vents du sud-est, déjà forts en intensité, sont présents. Environnement Canada nous annonce une belle journée ensoleillée avec des températures à la hausse. Bof... On verra. Je suis fatiguée des fausses promesses climatiques.

Au premier arrêt près du Grand Marais à Métabetchouan, tout de suite nous avons été pris en otage par une migration de Quiscales bronzés. Nous en avons eu plein les bras à les compter. Ceux-ci passaient entre 30 et 60 individus à la fois en émettant leur cris « chuck-chuck-chuck ». Il y avait un flux constant. On ne pouvait pas bouger d'un iota. Au travers des quiscales, quelques Carouges à épaulettes ont été recensés. Puis, de temps en temps, des Pics flamboyants passaient devant nous, en migration eux aussi. Nous avons recensé 12 Pics flamboyants. Entre les vagues de quiscales en furie, une Grue du Canada en vol a été observée près de nous. La grue a traversé le Grand Marais pour disparaître au loin. Elle est également en migration. Finalement, au bout d'une heure, Germain et moi avons estimé à 825 quiscales. Fiou! Et au travers de tout ces volatiles, d'autres espèces d'oiseaux circulaient dans le secteur. Il fallait avoir des yeux partout! Le flux de quiscales diminuant en intensité, nous avons pu changer d'emplacement.

Nous pouvions voir arriver les Quiscales bronzés de loin (C. Cormier)

Les oiseaux noirs étaient difficile à compter car ils allaient vite (C. Cormier)

J'ai pu capter cette Grue du Canada en vol in extremis (C. Cormier)

En empruntant un rang, nous effectuons des arrêts successifs afin de recenser les passereaux. Il y avait des Juncos ardoisés un peu partout. Quant aux Bruants chanteurs, ils lançaient leurs notes musicales et joyeuses lors de nos arrêts. En parcourant à pied un petit secteur boisé, deux Bruants hudsoniens ont émis leur cri en signe de présence. L'un d'eux s'est laissé observer à loisir pour notre plus grand bonheur. Il est si élégant ce bruant, muni de sa couronne rousse ainsi que ses épaules arborant de petites taches rousses. 

L'élégant Bruant hudsonien fait une pause avant de migrer (C. Cormier)

Sur le terrain, il y a eu une énorme différence entre il y a une semaine au même endroit et cette journée. Les oiseaux ont donné un bon coup dans leur migration. Ceux-ci rentrent à plein dans la région.

PETITE NOTE : Il s'est passé tellement de belles choses sur le terrain que je dois scinder mon récit en quatre ou cinq sections! Revenez bientôt pour la suite de la lecture!