Par Claudette Cormier

mardi 21 avril 2026

Jour de migration - 3ième partie

Suite du récit du 18 avril 2026 au Grand Marais de Métabetchouan.

En recensant les espèces aquatiques dans le Grand Marais, Germain et moi remarquons que des Buses à queue rousse commencent à poindre à l'horizon. Avec les vents du sud-est qui soufflent présentement, les buses vont certainement donner un blitz ce matin. Ces dernières semaines, elles n'ont pas été très choyées côté météo. Elles non plus n'aiment sans doute pas les conditions hivernales tardives de ce printemps.

Illico, nous nous rendons à un site où nous effectuons souvent des inventaires d'oiseaux de proie,  toujours dans la même localité. Aussitôt nos télescopes installés, aussitôt des buses sont repérées. Et de  une, et une autre, puis un groupe, etc. À une reprise, il nous est arrivé d'en compter une vingtaine ensemble! Les Buses à queue rousse se hâtent pour migrer car les conditions météo sont exceptionnelles pour elles ce matin.

Une magnifique Buse à queue rousse adulte qui plane (C. Cormier)

Cette Buse à queue rousse est plus foncée dans son plumage (C. Cormier)

Une Buse à queue rousse, un immature âgé d'un an, en migration (C. Cormier)

Pendant trois bonnes heures, nous comptons les buses à leur passage, soit 143 individus au total! Parfois, un Pygargue à tête blanche vogue dans le ciel. Parfois ce sont les Urubus à tête rouge qui sillonnent le secteur. Nous avons de l'ouvrage en masse pour repérer les oiseaux de proie en migration et pour recenser tout ce qui bouge dans le secteur en mentionnant les passereaux. Pas de répit pour nous. Ça bouge de partout!

Toujours agréable d'observer les Urubus à tête rouge (C. Cormier)

Vers la fin de notre recensement, soudain les vents du sud-est se sont mis à souffler beaucoup plus intensément. Nous estimons qu'ils soufflaient entre 50 et 70 km/hre là où nous étions situés. Sur la route, les feuilles mortes séchées couraient comme s'il y avait une compétition entre elles. À quelques reprises, les feuilles s'aggloméraient et formaient des tourbillons pour s'arrêter abruptement. Sur la chaussée, de la poudrerie de sable nous blastaient de grains de sables. Puis, une bulle de chaleur s'est manifestée. Ma foi! Que se passe-t-il ici? Soudain, Germain et moi avons chaud et devons enlever de nos vêtements d'hiver. Nous enlevons tuques-foulards-gants-doudounes. Il fait 17°C! En arrivant à Métabetchouan tôt ce matin, il faisait 3°C! Nous avions froid!

Sur l'heure du midi, alors que la migration de buses a passablement cessé, nous prenons une petite marche le long du rang, question de dégourdir nos jambes. C'est pendant notre marche que nous avons vu une scène comique. L'image suivante vaut bien quelques rigoles.

Hiver tardif pour le tuyau aussi (C. Cormier)

Finalement, la faim dévorante se fait sentir. Rangeant tout notre attirail, nous nous rendons à un restaurant. Sur notre chemin, nous n'en revenons pas de tout ce que nous voyons sur l'autoroute. Il y a des gens à vélo alors qu'il y a encore des monticules de neige à leurs côtés. Nous observons de nombreuses motos de toutes sortes, des enfants en trottinettes circulant ici et là, des voitures anciennes qui se pavanent sur la route, des camions avec leurs remorques transportant des chaloupes, des gens en T-shirt qui jasent en groupe sur leurs chaises de parterre devant leur garage... Dans l'espace de quelques heures, j'ai eu l'impression de passer de la fin de l'hiver au début de l'été. Jamais de ma vie je n'ai vécu un printemps aussi chaotique, aussi tardif, aussi extrême dans la température. Je vis un yo-yo d'émotions en tentant de m'ajuster à tout ces changements en quelques heures. Quelle journée intense!

P.S. Chers lecteurs, revenez bientôt pour la suite de cette journée.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire