Selon les prévisions météo émises pour le 12 avril 2026, tout porte à croire que la journée sera belle et douce. Mais je me méfie encore des revers de température. En matinée, Germain et moi partons pour le Lac-Saint-Jean. Nous passerons une bonne partie de la journée à Métabetchouan. Ce que nous aimons faire depuis plusieurs décennies maintenant, est de recenser tous les oiseaux dans le Grand Marais et autour de celui-ci. Ce site est cher à nos yeux pour la richesse de la faune ailée qui a été observée chaque année. En arrivant sur le site, nous commençons le recensement des oiseaux. Le télescope est installé et fin prêt pour l'observation. Soudain, un monsieur très gentil passe près de nous en voiture. Restant dans son véhicule, il nous aborde. Il nous demande : « Est-ce que vous observez des choses dans le marais? Il est encore gelé... ». Peut-être avons nous l'air de deux amateurs qui regardent de la glace dans le marais? Je lui ai répondu : « Non, nous ne regardons pas dans le marais, mais autour du marais. Il y a des oiseaux noirs d'arrivés... Enfin. » Là, son intérêt a diminué dès que j'ai parlé d'oiseaux noirs. Rien de spécial à ses yeux. Mais pour nous, oui. Nous ne faisons pas d'ornitho-racisme. Nous sommes très content de revoir nos Carouges à épaulettes et nos Quiscales bronzés qui ont tardé à arriver dans notre région ce printemps. Leurs cris et leurs chants nous font du bien à nos sens auditifs. Et que des Bruants chanteurs? Ceux-ci sont fraîchement arrivés. Ils remplissent l'air de leur chant mélodieux. Leurs notes joyeuses frappent notre âme qui en a bien besoin. Ahhhh... Les beaux sons reviennent enfin.
Puis, nous changeons de secteur afin de recenser d'autres oiseaux, toujours autour du Grand Marais. Oh! Des Merles d'Amérique! Et ils sont nombreux. La neige tapissant encore le sol, les merles partagent ensemble les petits bouts de terre dégagés de neige. Ils sont très heureux de faire de la pelouse. Par contre, les vers de terre n'ont pas fait surface encore. Heureusement, les merles sont débrouillards côté nourriture. C'est une joie pour nous de les admirer avec leur gros bedons rouge brique, les oiseaux sautillant à répétition. On dirait un petit jeu d'échec où les pions sont des merles.
Côté météo, tout baigne aujourd'hui. Pas d'averses de neige. Pas de pluie. Pas de vents forts. Pas de froid. Du soleil. La température est douce et agréable. Hier à Saint-Fulgence, il neigeait à plein ciel. Tout un contraste entre les deux journées. Pour ma part, j'ai encore les dents serrés à force de résister les aléas de l'hiver. J'ai de la difficulté à m'abandonner aujourd'hui à cette merveilleuse journée. Ça viendra avec le retour du beau temps. Pfff! Nous sommes presque rendus en mai et nous n'avons pas eu de vrai printemps. En regardant en direction du ciel, une parhélie est apparue. Elle était belle et complexe. Il est normal de voir des parhélies, soit un large rond blanchâtre irisé se former autour du soleil. Cependant, cette parhélie avait des demi-cercles supplémentaires de chaque côté du grand rond. Vraiment beau. Si un jour vous observez une parhélie, cela indique que des précipitations s'en viennent dans les 24h. La plupart du temps, cela arrive. Par contre, des fois on s'en tire sans précipitations. Disons que la moyenne est bonne pour prédire l'arrivée de précipitations durant la nuit ou le lendemain.
Suite à cette excursion intéressante côté volatiles et météorologique, nous allons au restaurant déguster un repas. D'observer pendant des heures creuse l'appétit. Par la suite, nous nous dirigeons vers la maison en passant par Hébertville. Là, nous avons eu le bonheur de pouvoir admirer un Pygargue à tête blanche qui prenait l'aile et qui était en encore à basse altitude. Il s'agit d'un immature. Son plumage est bariolé de brun et de blanc cassé. Il va être content de muer cette année car la queue est très usée.
Nous retournons à la maison satisfaits de notre excursion et de cette magnifique journée printanière. Puis, la journée s'est couronnée d'un merveilleux coucher de soleil. Ce que j'ai hâte de retourner sur le terrain afin d'admirer à nouveau la faune ailée. Et bientôt la flore va émerger de la terre et ce sera le retour des insectes butineurs. Le bonheur!