Parc Mars à La Baie, le 9 mai 2026.
Au cours de la soirée, Germain et moi prenons une marche sur la piste cyclable. Il y a du monde partout. En mai, les gens en ont marre de rester à l'intérieur, même s'il ne fait pas particulièrement beau dehors. Nous cherchons tous à évacuer les relents du froid de nos âmes.
Le long de notre parcours, nous notons qu'un Bruant chanteur se faufile entre les marcheurs. Celui-ci se pose sur une rampe en bois. Malgré la présence constante de marcheurs circulant à quelques pieds de lui, le bruant n'est pas du tout farouche. Basculant la tête vers l'arrière, il émet son chant joyeux mais de courte durée. Hum... Le mot joyeux est peut-être un peu fort dans ce cas. Faisant face à la baie, le bruant est confronté aux vents d'est et au froid. Cherchant son courage, il chante dans le vent où ses notes affaiblies sont transportées dans l'environnement. Les yeux lourds et son plumage gonflé à bloc, il semble se demander quand il pourra recevoir une dose de chaleur. Je vois dans ses yeux un certain découragement. À un moment donné, le bruant rentre une patte dans son plumage pour la réchauffer. Il fait son possible pour être à la hauteur de son talent, cherchant en lui la résilience pour continuer de chanter le « retour du printemps ».