Par Claudette Cormier

mardi 28 avril 2026

La nature en éveil printanier

En cette fin avril, ce qu'il est bon d'observer les signes du printemps! Lorsque nous regardons certaines espèces d'arbres, nous constatons que les bourgeons sont gonflés. Lors d'une prochaine épisode de chaleur, les bourgeons éclateront leurs gaines, nous permettant par la suite de pouvoir admirer leurs magnifiques fleurs. La floraison précède la formation des feuilles.

Les Érables rouges se préparent à fleurir (C. Cormier)

Bientôt, les bourgeons feront éclore des fleurs rouges (C. Cormier)

Les Peupliers faux-trembles sont en train de se réveiller (C. Cormier)

Les peupliers forment de beaux chatons soyeux (C. Cormier)

Puis au sol, sur des terrains instables et argileux, nous observons enfin les premières fleurs printanières en ville et en campagne. Il s'agit du Tussilage (Tussilago farfara). Par sa coloration jaune orangé intense, il apporte avec lui des rayons du soleil et des vitamines pour nous humains. Certes un ravissement pour nos yeux à la sortie de l'hiver. De regarder ces talles de fleurs jaunes sortir d'un couvert de débris végétaux en pourriture, le signal est là pour nous dire que le printemps prends sa place!

Les Tussilages sortent enfin du sol pour nous éblouir de leurs fleurs jaunes (C. Cormier)

lundi 27 avril 2026

Corneilles affectueuses

Mon sujet d'aujourd'hui porte sur la Corneille d'Amérique. Il y a tant de préjugés à détruire concernant cette espèce. Ce sont des gros oiseaux noirs dont le cri répétitif peut tomber sur les nerfs de n'importe qui. Cela m'arrives aussi d'être irritée par leurs cris, surtout au petit matin alors que je suis dans mon lit.

Mais outre ces dérangements, les corneilles sont fascinantes à observer. Dans mon secteur à La Baie, un couple s'emble s'être installé depuis quelques années. Chaque jour, ces oiseaux se posent sur le même poteau et les mêmes fils électriques. Ils s'y reposent et effectuent régulièrement leur toilettage. Puis, ils s'envolent de l'endroit pour aller s'alimenter sur les battures qui sont tout près.

La Corneille d'Amérique en mode repos (C. Cormier)

Un bon étirement de l'aile après une épisode de nettoyage (C. Cormier)

C'est ce qu'on appelle bailler aux corneilles! Elle a effectué un long bâillement (C. Cormier)

Chaque printemps, les corneilles réparent leur nid après ces longs mois d'hiver. Nous les voyons transporter des branchages et du foin. Ce nid est situé dans la montagne derrière la résidence. Ce matin (27 avril 2026), j'entends la femelle quémander de la nourriture auprès de son partenaire. Toutes les chances sont qu'elle a pondu ses oeufs. C'est le mâle qui est chargé de la nourrir pendant qu'elle couve.

À plusieurs reprises au cours de ce printemps, j'ai été témoin de scènes intimes entre les adultes. Les corneilles adorent se faire caresser. Lorsque les oiseaux sont collés-collés, il arrive souvent qu'un l'un d'eux picosse gentiment la tête de l'autre. C'est un geste tendre qui aide à la consolidation du couple avant la période de nidification. Disons qu'il s'agit d'une sorte de renouveau conjugal.

Un moment de tendresse lors d'un toilettage (C. Cormier)

Puis, à moment donné, un adulte s'est penché devant son partenaire. J'ai cru qu'il y aurait un autre instant de tendresse. Mais cette fois, c'était différent. L'adulte soulevait tour à tour une série de plumes sur la nuque et le dos de son partenaire. À mon humble avis, il y avait une recherche de poux dans le but de les extirper. Malheureusement pour les oiseaux, les poux sont de sérieux irritants. Ça pique sérieusement!

À la recherche d'insectes piqueurs suivi d'un bon grattage! (C. Cormier)

Voilà donc pour mon plaidoyer concernant la Corneille d'Amérique. Ces oiseaux sont très intelligents et sensibles. Mon souhait est qu'ils méritent d'être plus connus et respectés. Ce ne sont pas de vulgaires oiseaux noirs. Ce sont des oiseaux qui font parti de notre faune aviaire et qui ont leur place dans la nature.

La Corneille d'Amérique prend la pose pour la postérité (C. Cormier)

vendredi 24 avril 2026

Gloriosa

En admirant ce magnifique coucher de soleil le 23 avril 2026 à La Baie, c'est ce que j'avais le goût de déclarer. Gloriosa!  Ce que nous sommes chanceux nous gens de la région et du Québec de pouvoir savourer ces spectaculaires couchers de soleil sans qu'ils ne soient obscurcis par la pollution industriel.

Après la neige d'aujourd'hui, un superbe coucher de soleil (C. Cormier)

Une halte pour bruants en migration

Le même jour que la migration massive de Juncos ardoisés le 20 avril 2026, d'autres espèces d'oiseaux ont été observées chez moi à La Baie. Lorsque la migration s'est calmée sur l'heure du midi, les oiseaux ont commencé à se nourrir frénétiquement au sol. Ils avaient vraiment faim. De plus, il faisait très froid. Le temps n'était pas printanier, mais hivernal.

En regardant par ma fenêtre de salon, j'ai détecté un mouvement au travers des feuilles mortes dans l'herbe haute et desséchée situées devant la résidence. C'était un Bruant fauve! Et il était très actif dans sa recherche de graines. Ce gros bruant rouquin est tout simplement magnifique!

Le magnifique Bruant fauve (C. Cormier)

Ce Bruant fauve sait comment gratter le sol avec conviction (C. Cormier)

Le Bruant fauve a de la compagnie (C. Cormier)

Pour le Pic flamboyant, je ne savais même pas qu'il était là. Lorsque je filmais le Bruant fauve, il est passé devant mon objectif. Je fus très surprise de sa présence subite! Ce pic semble porter un costume très original et sophistiqué. Et que dire de sa tache écarlate et vibrante qu'il arbore sur sa nuque!

Le Pic flamboyant arbore un superbe plumage (C. Cormier)

Soudain, au-dessus de la baie, les Goélands à bec cerclé, les Bernaches du Canada et les canards se sont mis à paniquer et à quitter l'endroit. La raison de ce dérangement fut un Pygargue à tête blanche, un immature, qui chassait dans le secteur. Les conditions météo n'étaient pas très bonnes pour la lumière, mais l'image vous donne une bonne idée de ce que j'ai pu observer.

Le Pygargue à tête blanche immature était en chasse (C. Cormier)

Au cours de cette même journée, d'autres bruants s'affairaient à s'alimenter parmi les Juncos ardoisés. Je vous les présentent en photographies. Les bruants avaient le plumage gonflé à bloc pour se contrer du froid. Disons que ce froid dérange passablement tout le monde, les oiseaux compris. Au moment où je vous écris (23 avril), il neigeai à plein ciel. Quand les conditions météos redeviendront favorables pour la migration, les oiseaux vont poursuivre leur périple vers le nord. Une nouvelle saison de nidification va bientôt s'amorcer pour eux. Souhaitons leur bonne chance à ces courageux oiseaux pour la suite des choses.

Ce Bruant hudsonien était en migration avec les juncos (C. Cormier)

Le Bruant à gorge blanche était gonflé à bloc (C. Cormier)

Ce Bruant chanteur est un local qui chante près de chez moi (C. Cormier)

Le soir venu, le ciel s'est réparé (C. Cormier)

Le soleil se couche avec des couleurs intenses et chaudes (C. Cormier)

jeudi 23 avril 2026

Migration massive de Juncos ardoisés

C'était le 20 avril 2026, chez moi à La Baie. Tôt en matinée, j'ai commencé à observer des groupes de Juncos ardoisés défiler devant la résidence avec empressement. Un groupe, un autre groupe... Ça n'arrêtait pas. Les hordes comprenaient entre 30, 50 ou 80 individus à la fois. Pour avoir déjà vécu un tel phénomène lorsque je demeurais à Saint-Fulgence, je savais que ce mouvement durerait quelques heures. Les juncos passaient derrière et devant la maison. Mais c'était meilleur derrière la résidence. C'est là que j'ai concentré mes efforts d'observation. Je n'avais qu'à attendre et les juncos arrivaient par vagues. Ils allaient tous d'est en ouest, suivant le pied de la chaîne montagneuse. Pour faire court, j'ai recensé pas moins de 2000 individus en quatre heures environ. Puis, le phénomène s'est essoufflé sur l'heure du midi. 

Les Juncos ardoisés passent comme des étoiles filantes (C. Cormier)

Ce phénomène est connu des ornithologues. Cependant, il demeure quand même rare de vivre cette intensité de migration. Pour les ornithologues qui étaient à Tadoussac, ils ont recensé en deux jours au-delà de 200,000 juncos! D'autres espèces peuvent également faire de même, en mentionnant par exemple les parulines en mai. Suite à une migration intense, les oiseaux cherchent à corriger leur positionnement géographique, d'où les groupes d'oiseaux qui filent en masse et dans la même direction.

Le phénomène est dû au fait que les oiseaux migrateurs, les juncos dans ce cas précis, attendent des conditions nocturnes favorables pour migrer. Et comme ce printemps les fenêtres de beaux temps ont été rares, leur migration a été retardée. Puis arrive un système météo provenant du sud. Il y a eu des vents du sud durant la nuit et le jour également, pas simplement au niveau terrestre, mais en altitude. C'est ce que les juncos attendaient. Cela explique pourquoi les juncos sont arrivés dans la région et ailleurs en un grand coup. Ils ont migré durant la nuit. Le jour, les oiseaux sont au sol. Il y avait des juncos partout, que ce soit sur les pelouses en ville, aux abords des boisés et dans d'autres habitats. Les gens qui ont des mangeoires ont soudainement été envahies par des dizaines, voire des centaines d'oiseaux affamés ($$$). Tout le monde en parlait, même les non-initiés en ornithologie.

Voici un Junco ardoisé qui prend une pause (C. Cormier)

Les oiseaux avaient le plumage gonflé à cause du froid (C. Cormier)

Les juncos grattaient le sol pour s'alimenter (C. Cormier)

Lorsque les oiseaux arrivent de la sorte, comme un large front partant de la Côte-Nord et au moins jusqu'au Cap Tourmente, c'est très impressionnant. La nuit, il y avait des millions de Juncos ardoisés dans le ciel nocturne. Au travers d'eux, des bruants et autres passereaux, mais en moindre quantité que les juncos.

Un Junco ardoisé se sustentant suite à sa migration (C. Cormier)