Par Claudette Cormier

vendredi 30 janvier 2026

Quiétude

Devant notre résidence à La Baie, à tous les jours j'admire le magnifique contrefort de montagnes situé près de l'anse-à-Benjamin et qui s'étend en direction du fjord. Le paysage est différent d'une journée à une autre, ainsi que d'une saison à l'autre. Jamais ennuyant à contempler.

Le magnifique contrefort près de l'anse-à-Benjamin (C. Cormier)

C'est surtout le cap à l'Ouest qui attire l'attention avec ce massif qui s'avance vers la baie. En janvier, lors d'un rare coucher de soleil, car c'était nuageux ou neigeux pendant des semaines entières, j'ai pu photographier la montagne qui recevait les derniers rayons de soleil du jour. La lumière rose orangée faisait ressortir le relief des gros blocs de rochers proéminents sur son flanc. Alors que le froid sévissait, l'air lui, était saturé de cristaux de glace. Cela donne à la prochaine l'image la sensation d'une scène figée dans le temps. 

Le cap recevant la lumière rosée du coucher de soleil (C. Cormier)

Comment ne pas se sentir émue et émerveillée devant cette masse rocheuse qui existe que pour la contempler? Les montagnes dégagent tant de noblesse et de beauté tranquille.

Les flancs enneigés du cap à l'Ouest avec sa croix au sommet (C. Cormier)

mardi 27 janvier 2026

Une nature morte, mais une poésie vivante

Les mauvaises herbes? Je craque pour elles, surtout durant l'hiver. Pourquoi? Parce qu'elles conservent leur élégance et leur beauté sauvage. Je pense également à elles, à ce qu'elles étaient avant d'être enterrées par la neige. L'été dernier, ces plantes ont poussé à plein régime. Les insectes ont butiné leurs fleurs et ensuite, elles ont formé leurs graines. Tout pour assurer la subsistance de l'espèce. Elles ont tout donné d'elles-mêmes, vraiment tout. Au cours de l'hiver, il ne que reste quelques tiges, feuilles ou gaines qui parfois possèdent encore des graines. J'ai un énorme respect pour les plantes sauvages. La vie est plus forte que tout les concernant.

Feuilles et volutes (C. Cormier)

Je pourrais remplir un livre qu'avec des photographies de mauvaises herbes prises au cour de la saison froide. Les photographies suivantes représentent le thème « solitudes hivernales ». Place maintenant à leur beauté et à leur poésie.

Rubans et fioritures (C. Cormier)

Fière et coiffée (C. Cormier)

Chemin hivernal (C. Cormier)

Queue de paon (C. Cormier)

Anémone des neiges (C. Cormier)

Épis floraux (C. Cormier)

Bouquets de roses (C. Cormier)

vendredi 23 janvier 2026

Halo et flambeau

C'était le 17 janvier 2026. Germain et moi effectuons une marche sur la piste cyclable à La Baie. Le redoux de température a été une invitation à prendre l'air et à profiter des belles vues qu'offre l'emplacement. En fin d'après-midi, le soleil s'inclinait doucement vers l'horizon. Lorsque les nuages au nom d'Altocumulus se sont glissés devant l'astre du jour, j'ai pris en photos ce bel effet visuel. 

Les doigts d'Altocumulus semblent chatouiller le soleil (C. Cormier)

Ce coucher de soleil est tout à fait splendide (C. Cormier)

Puis, s'en est suivie une balade en voiture dans les rangs à La Baie avant de rentrer à la maison. En roulant dans le rang Saint-Joseph, j'ai eu la joie de capter la suite de ce magnifique coucher de soleil, cette fois, dans un milieu champêtre. Les amis, attendez-vous à ce que je vous inonde de plusieurs couchers de soleil cette année. Trop beau, trop merveilleux. Le spectacle est gratuit. De prendre quelques minutes pour admirer les couchers de soleil, c'est très bon pour calmer le système nerveux. En plus, cela nous permet de nous nourrir de gratitude envers la vie. Heureusement, nous demeurons dans un endroit où la pollution ne masque pas les couchers de soleil. Nous sommes très chanceux de pouvoir les admirer.

Le jour tire sa révérence avec élégance (C. Cormier)

Les couleurs s'intensifient alors qu'un superbe flambeau apparaît (C. Cormier)

mardi 20 janvier 2026

La Chouette lapone, reine de la boréalie

Quel bonheur! Cet hiver, nous avons reçu de la visite rare au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il s'agit de l'énigmatique Chouette lapone! En effet, quelques individus ont été observés dans notre région. Cependant, leurs observations ne sont jamais aléatoires. L'espèce est cyclique qui se produit environ au cinq ans. Lorsque la nourriture se fait rarissime au nord de la région, les chouettes quittent la forêt boréale pour chercher leur nourriture plus au sud. Leur sud à elles, c'est nous ainsi que le sud du Québec. Parfois, celles-ci peuvent être vues au nord des États-Unis ce qui cause une grande commotion chez les ornithologues américains et avec raison.

La vénérable et noble Chouette lapone (C. Cormier)

Lorsque nous sommes en présence de cette magnifique chouette de grande taille, on ne peut que l'admirer, bien souvent en silence. Son aura dégage tant de noblesse. Et si par hasard ses yeux croisent les nôtres, son regard franc et directe perce nos âmes. Son essence, à la chouette, est pure. Frissons garantis. 

Son regard est franc et perçant (C. Cormier)

Elle est partie de son perchoir car elle a entendu un petit mammifère (C. Cormier)

Elle a enfoncé ses pattes dans la neige, mais la capture fut vaine (C. Cormier)

Au cours de la saison froide de cette année, un phénomène intéressant s'est produit. Deux Chouettes lapones se tenaient ensemble dans un même secteur. Il y a eu plusieurs altercations entre elles, car elles se battaient pour la dominance d'un certain territoire de chasse. S'en est suivi de nombreuses poursuites entre les chouettes.

Son territoire de chasse (C. Cormier)

Cette Chouette lapone change de perchoir (C. Cormier)

Elle surveille les environs (C. Cormier)

Une bataille se prépare (C. Cormier)

Les chouettes se braquent l'une contre l'autre (C. Cormier)

La dominance pour le site d'alimentation est en cours (C. Cormier)

Je vais taire l'endroit où elles ont été observées dans le but de préserver leur tranquillité. Afin de se nourrir, les chouettes ont besoin de silence puisqu'elles chassent à l'oreille. En effet, elles peuvent entendre et détecter les petits mammifères qui circulent sous un tapis de neige, comme par exemple, les souris et les campagnols. Si trop de gens s'approche de la chouette et jasent, sans parler du va-et-vient de la circulation d'automobiles, le bruit dérange sa chasse. Vaut mieux toujours garder une distance respectable.

À la tombée du jour et durant la nuit, les chouettes continuent leur chasse (C. Cormier)

lundi 19 janvier 2026

La mouche des neiges

Les passionnés d'insectes de la région vont être contents... Lors d'un redoux ayant eu lieu le 18 janvier 2026, Germain et moi avons observé notre premier insecte de l'année. Pendant que nous marchions sur la piste cyclable à Saint-Fulgence, celui-ci gisait immobile sur un banc de neige. À première vue, je trouvais qu'il ressemblait vaguement à un petit maringouin sans rostre (trompe suçant le sang de sa victime). Même sous la lentille de la caméra, je croyais que c'était un diptère. Cependant, en visionnant mes photographies en soirée, j'ai vu qu'il en était tout autre. 

Selon mes recherches sur iNaturalist et sur internet, le bibitte s'appelle mouche des neiges, un genre de Chionea. Apparemment, cet insecte sors de sa cachette hivernale lors de redoux de température dès que les températures atteignent -5°C à -3°C. Malgré son appellation de mouche, il ne s'agit pas d'une véritable mouche comme nous le pensons. Il n'en porte que des vestiges. Ses ailes sont atrophiées. Il ne peut voler. En unissant d'autres critères physiques, la mouche des neiges s'apparente plus à la famille des tipules. Certaines personnes trouvent qu'il ressemble à une petite araignée à cause de ses tarses repliés.

La mouche des neiges dans toute sa splendeur (C. Cormier)

Ce qui est extraordinaire est que cet insecte peut survivre aux températures froides grâce à deux antigels qu'il fabrique, soit du glycérol et du thréhalose. Ces produits empêchent la congélation cellulaire. Le Chionea se retrouve communément en zone froide et boréale. Pourquoi sort-il pendant l'hiver? C'est qu'il est déjà à la recherche d'un partenaire. On peut dire qu'il n'a pas froid aux yeux, ni aux pattes!

Lors du prochain redoux cet hiver, soyez aux aguets!

mercredi 14 janvier 2026

Volcans de glaces

Ah, l'hiver... Nous sommes rendus à la mi-janvier. C'est le coeur de l'hiver. Le paysage semble stagnant et figé dans le temps. Durant ce mois, il me fait toujours plaisir de contempler la nature, même si elle est endormie pendant quelques temps encore. 

Devant la résidence, il y a les berges de la rivière Saguenay à La Baie. À cette période de l'année, les glaces sont prises. Cependant, avec le jeu des marées, des tempêtes et des vents, celles-ci sont sculptées avec élégance ou d'une façon dramatique. J'aime admirer leurs formes, leurs pics, leurs cratères et leurs vallées. 

Une chaîne de volcans (C. Cormier)

Parfois, j'observe de grandes écorces de glaces qui s'emboîtent les unes aux autres créant des cônes et des dômes volcaniques. Ces sculptures naturelles sont accompagnées de caresses neigeuses sur leurs rebords créant des mers et des fleuves imaginaires autour de ces superbes volcans de glace. Lorsque arrive le coucher du soleil en fin d'après-midi, les ombres, accentuées d'un vibrant bleu indigo, s'étirent avec beauté sur la banquise. Comment ne pas être touché par tant de grâce?

Une jolie montagne de glace et ses arêtes (C. Cormier)

Ce volcan de glace a été en éruption (C. Cormier)

samedi 3 janvier 2026

Feuille métronome 🍁

C'était le matin du 24 décembre 2025. Germain et moi prenons une marche le long du parc Mars à La Baie. Le temps est froid et le vent est vif. La brise hivernale gèle nos joues. À cet endroit, le paysage est plus que magnifique peu importe la saison. De chaque côté de la baie s'élève de majestueuses montagnes qui surplombent la rivière Saguenay. Toujours très beau.

En marchant d'un bon pas sur la piste cyclable, j'observe les plantes sauvages et d'ornementations qui sont partiellement enveloppées de neige à leurs pieds. Au sommet de leurs tiges séchées et raides, leurs fructifications sont devenues squelettiques. Parfois, quelques graines sont encore présentes dans leurs gaines. La vie est en dormance. Sur le chemin du retour, je remarque près de moi une feuille de peuplier, parcheminée, mais entière. Ce que je trouve particulier est que la feuille trace un large trait sur la neige.

Feuille de peuplier métronome (G. Savard)

On aurait dit un métronome. Le vent s'amuse à créer son propre tempo. Aucun chronométrage, aucun tic-tac. Seulement des oscillations au gré de la fantaisie du vent. Le rythme est irrégulier et complexe. Seul le bruit de la feuille qui frotte contre le bitume est audible à la moindre brise. Une note grinçante suivie d'une note silencieuse. Une musique sans paroles. Touchante, cependant. J'aime remarquer la poésie dans la nature.

Le vent s'amuse... (G. Savard)