Par Claudette Cormier

samedi 12 août 2017

Tout en blanc

Bonjour à tous! Parfois, les mots sont inutiles. Je laisse donc l'image parler d'elle-même car celle-ci vaut vraiment mille mots... À Saint-Fulgence dans le marais de Canards Illimités.

Les blancs vêtus se rencontrent...

mercredi 9 août 2017

Manne blanche à Saint-Fulgence

C’était hier soir, le 8 août… Sur l’heure du souper, Germain me demande si je veux aller prendre une marche après le repas. Sans hésité, je rétorque : « Oh que oui! » Le plein air me manque ainsi que l’exercice de marche. On clenche donc la vaisselle et on se prépare pour aller prendre notre marche en début de soirée.

Notre destination est la piste cyclable située à Saint-Fulgence. Bien entendu, nos intérêts ornithologiques y sont pour quelque chose puisque le sentier borde le marais de Canards Illimités. Cette fois, contrairement à mes habitudes, j’ai amené la caméra. Je ne sais pas trop pourquoi…

Au fur et à mesure que nous marchions sur la piste cyclable en bavardant et en observant ici et là les oiseaux, le soleil commença à se coucher. C’est incroyable qu’en août déjà, les soirées sont écourtées en lumière. Tout de même, nous admirons le coucher du soleil en s’avançant sur le sentier.

Magnifique coucher de soleil au marais

En se déplaçant sur certaines sections du marais, là où l’eau est proche du sentier, Germain me pointe du doigt la manne d’insectes qui pullulent au-dessus des canards barboteurs qui s’alimentent paisiblement. C’est assez impressionnant, merci! Je ne les connais pas par leur petit nom, mais je sais que ce sont des insectes aux ailes blanchâtres et qui ressemblent à de minuscules éphémères.



Une manne d'insectes pullulent au-dessus du marais

Sur notre retour, alors que le crépuscule jette de l’ombre et de la fraîche sur nos épaules, Germain s’est arrêté net sur ses pas. Il a détecté le mouvement d'un oiseau blanc dans des branchages d’arbustes morts. Bien évidemment, il a pensé qu’il pouvait s’agir de l’un des Cygnes trompettes. Par contre, ce n’était pas le cas… C’était une Grande Aigrette! Toute une surprise! Ouf! Comme c’est heureux, j’avais la caméra avec moi. Et la séance photo et la prise de vidéos ont commencé.

La Grande Aigrette qui s'alimente activement dans le marais

Ce qui fut spécial au fil de nos observations est l’interaction entre des Grands Hérons présents dans le marais et la Grande Aigrette. Les hérons ne semblent pas apprécier sa présence et ils lui ont fait savoir à plusieurs reprises en fonçant dessus afin qu’elle s’en aille. Cependant, contre toute attente, elle a décidé de rester dans le marais, ce qui a permis de nombreuses prises de bec entre les deux espèces d’échassiers. Ce fut intéressant à observer mais pour la prise de photos, c’était difficile car la lumière diminuait constamment. J’ai pris des photos et des vidéos jusqu’à ce que ma caméra refuse toute mise au point.



Interaction entre les Grands Hérons et la Grande Aigrette

Puis à la fin du crépuscule, la Grande Aigrette a quitté les berges du marais pour aller se jucher sur le sommet d’un arbre mort. C’était comique de la voir perchée à cette hauteur. Dans la quasi-noirceur, elle était le seul point blanc visible dans le marais.

L'Aigrette haute perchée au sommet de son arbre

Mais ce n’est pas tout… Pendant que nous observions l’aigrette durant la soirée, les quatre Cygnes trompettes sont venus faire un tour au milieu du crépuscule. Ceux-ci se pavanaient dans le marais loin de leurs branchages sécurisants, confiants d’être à l’abri des prédateurs qui sont couchés à cette période de la journée. Les cygnes se sont nettoyés et ont longuement nagés pendant que Germain et moi tentions de prendre des photos potables avec le peu de lumière qu’il nous restait.

Les cygnes se baladent


Les Cygnes trompettes font un brin de toilette

Voilà donc pour le thème de la manne blanche (les insectes aux ailes blanches, la Grande Aigrette et les Cygnes trompettes). Nous sommes retournés à la maison par la suite. Il faisait noir. Nous rentrons de notre marche pas plus en santé, mais nous rentrons plus joyeux! La soirée a été complétée par un magnifique levé de lune devant la maison. Son visage était ambré et un peu embrouillée par de la réverbération. Quelle soirée!

La belle pleine lune ambrée

mardi 8 août 2017

Ces merveilleux Cygnes trompettes

Presque tous les ornithologues du Québec savent maintenant que quatre Cygnes trompettes immatures passent l’été dans le marais de Canards Illimités à Saint-Fulgence. Bien évidemment, nous sommes honorés de recevoir cette très grande visite dans notre région. Les cygnes sont devenus l’attrait principal des amateurs d’oiseaux et de photographies venant de partout au Québec. Avec cause, car ces oiseaux sont très beaux et élégants. Ils dégagent beaucoup de noblesse dans leurs gestes qui sont lents et toujours gracieux.

Le 4 août dernier, Germain et moi sommes retournés au site afin d'observer les cygnes à nouveau. Plus tôt en saison, ces magnifiques oiseaux ont découvert le marais et l’ont choisi pour y effectuer leur mue. Ne pouvant plus voler pendant un mois, les cygnes dorment beaucoup. Ceux-ci ne se déplacent que très peu, seulement pour aller s’alimenter d’herbages dans certains secteurs du marais. Très méfiants, ils se tiennent la plupart du temps dans un lieu précis où il y a beaucoup de branches d'arbustes morts afin de se prémunir contre les prédateurs.

Les taches blanches au loin dans le marais sont les Cygnes trompettes

Les cygnes se tiennent la plupart du temps dans les branchages

Les oiseaux se déplacent lentement vers leur abri après une séance d'alimentation
Lorsque ces très grands oiseaux secouent leurs ailes, nous pouvons constater où en est rendue la mue. En fait, elle achève car les plumes de vol sont poussées presque à leur maximum. D'ici deux semaines tout au plus, les cygnes vont tranquillement recommencer à voler. Et là, nous ne savons pas s’ils resteront encore bien longtemps avec nous où s’ils migreront vers une destination inconnue de nous.

Les plumes de vol ont presque atteintes leur plein potentiel

 Les cygnes font un brin de toilette après s'être alimentés


Ils retournent vers leur abri pour piquer une autre sieste

Nous, ornithologues de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, assistons peut-être à un nouveau phénomène. Dans quelques années, qui sait si les Cygnes trompettes vont commencer à nicher dans notre région? Cela est possible. Ces oiseaux immatures explorent des habitats. Dans trois ou quatre ans, lorsque ceux-ci auront atteint la maturité sexuelle, ils se souviendront peut-être du marais de Canards Illimités à Saint-Fulgence pour y nicher? Seul le temps le dira…

Sur ce, je vous souhaite une magnifique semaine et à bientôt pour un autre récit ornithologique!

Claudette

jeudi 3 août 2017

Tempête de grêle

La matinée de ce 2 août était splendide. Le soleil était radieux et les vents absents. L’invitation était lancée par Mère-Nature qui entoure ma nouvelle résidence à Canton-Tremblay. Je me suis donc rendue à mon petit banc dans le fond de la cour. C’est l’endroit où je me recueille et où j’observe les oiseaux le long de la rivière Caribou. Cette dernière sillonne doucement les abords de la cour. Le ciel était magnifique et le soleil qui se levait chauffait mon dos. Respirant profondément, j’ai savouré ces doux moments de ce beau matin d’été.

Mon petit banc près de la rivière Caribou

Puis j’ai vaqué à mes occupations quotidiennes. Au fil des heures, le ciel s’est ennuagé. Sur les sites météo, une veille d’orages violents a été émise. Soupir. Moi qui n’apprécie guère les éléments puissants comme les orages forts ou violents. Depuis que je suis toute petite, j’ai toujours ressentie une peur bleue des orages. Difficile à guérir ces phobies…

Vers 15h30, j’entends un premier coup de tonnerre. Je me suis dit : « Ah, bon, ça y est. Voilà l’orage qui arrive… » Puis soudainement en quelques secondes, la forte pluie et les vents violents ont complètement changé le décor paisible du secteur. Toc, to-toc, to-toc, toc, toc… Qu’était-ce donc ce pétillement que j’entendais? De la grêle! Oh nonnnnnnn! C’était de la grosse grêle, de la taille d’un 25 cents qui a déferlé pendant deux minutes avec une violence inouïe! En peu de temps, la cour était devenue blanche comme s’il y avait eu une averse de neige. Laissez-moi vous dire que j’ai eu la frousse de ma vie lorsque j’ai entendu les grêlons frapper violemment les fenêtres! Je me suis demandée si elles allaient éclater. Croyez-moi, ce n’était pas agréable à vivre! Pendant l’orage, j’ai pu filmer un bout de la tempête. Dans le clip suivant, vous remarquerez l’intensité de l’orage. À gauche de l’écran, vous verrez les feuilles d’un frêne qui s’est fait dépouiller par les vents. Je vous invite également à écouter le son des grêlons qui frappaient sur les fenêtres. C’était épeurant!


La tempête de grêle

Lorsque ce fut terminé, j’étais bouche-bée et encore secouée par l’intensité de cet orage. Puis voir un tapis blanc de grêle sur une pelouse verte et autour des plates-bandes à fleurs me donnait une sensation bizarre.

Le paysage de la cour-avant suite à la tempête de grêle

De gros grêlons ramassés dans ma main

Dès la tempête terminée, je suis sortie dehors afin de vérifier s’il y avait eu des dégâts sur la maison. Ouf! Heureusement, tout était intact au niveau des murs et des fenêtres. Rien de fracassé ou de brisé. Mais la cour… Elle faisait pitié! Il y avait des feuilles partout sur le terrain. Les érables, les frênes et le mélèze ont durement été touchés, leur feuillage étant arraché par les vents intenses. Il y avait également plein de cônes de Pin sylvestre qui jonchaient le sol derrière la résidence. Quant aux plates-bandes, les plantes ont été endommagées. J’ai eu de la chance car à Saint-Fulgence, il y a eu des dommages à certaines maisons et véhicules.

Dès les dernières gouttes d’averses tombées, les oiseaux sont vite revenus aux mangeoires pour se ravitailler. Puis les colibris sont apparus aussi à l’auge. Lorsque j’ai fait le tour de la maison, j’ai observé un pygargue voler à pleine vitesse en direction du flanc de la montagne près de la rivière Caribou. J’ai compris qu’il cherchait illico un abri. À ce jour, je n’ai jamais vu un pygargue être paniqué de la sorte. Il était peut-être sur les battures lorsque la tempête a sévit. Il a dû se faire mitrailler par les gros grêlons…

Un Bruant à gorge blanche s'alimentant parmi les grêlons et les cônes de pin

Finalement, l’orage a filé en direction de Saint-Fulgence et a poursuivi sa course dans le fjord du Saguenay. À Canton-Tremblay, le soleil était de retour, les chauds rayons faisant fondre tranquillement les gros grêlons. Cela a quand même pris deux bonnes heures pour tout faire fondre… À son arrivé du travail, mon partenaire a pu voir des tapis de grêlons à l’ombre. Il a pu constater l’état de la cour qui, une heure avant l’orage aujourd’hui, était propre et frais tondu.

C’était jour de Baptême à Canton-Tremblay. Bienvenue dans ce nouvel environnement avec les soubresauts de Dame-Nature sur le bord de la rivière Saguenay. Ce fut une journée mémorable, il va sans dire. J’espère seulement ne pas vivre trop de ces terribles tempêtes. En fin d’après-midi, je suis retournée voir mon petit banc sur le bord de la rivière Caribou. Celui-ci était entouré de feuilles d’érables. On aurait dit que c’était l’automne avant le temps.

Mon petit banc entouré de feuilles d'érable arrachées par le vent

Sur ce chers amis, je vous souhaite une merveilleuse fin de semaine et à très bientôt pour un autre message! 

Claudette

mardi 1 août 2017

Cours d’initiation en ornithologie

Bonjour à tous! Nous voilà déjà au cœur de l’été… Les vacances et la détente sont au rendez-vous pendant quelques semaines. Suite à mon déménagement à Canton-Tremblay au début du mois de juin de cette année, les mangeoires furent aussitôt installées. Heureusement pour mon partenaire et moi, les oiseaux du secteur les ont rapidement trouvé. À Saint-Fulgence, nous avions dû les enlever car il y avait trop de chats errants ainsi que la présence désagréable de ratons-laveurs. On se croise les doigts qu’ici, nous serons épargnés de ces mammifères indésirables.

Durant mes séances de contemplation de paysage et d’oiseaux m’est venue l’inspiration d’offrir un cours d’initiation aux oiseaux en cette deuxième moitié d’été. Ce sera impossible cet automne donc profitez-en! J’adore donner de la formation aux débutants. Ils ont les yeux plein de passion et sont très désireux d’apprendre.

Un beau Roitelet à couronne rubis
Prenez bonne note que je n'offrirai qu'un seul cours d’initiation aux oiseaux. Par contre, ce même cours s'échelonnera sur plusieurs dates afin d’accommoder le plus de personnes. Des réservations sont nécessaires car le cours se donnera chez moi et que je ne prendrai que cinq ou six personnes à la fois.

Voici les DATES et les HEURES du cours d’initiation :

Les lundis 14 août ou 28 août à 13h30
Les mercredis 16 août ou 30 août à 19h00

Les lundis 11 septembre ou 25 septembre à 13h30
Les mercredis 13 septembre ou 27 septembre à 19h00

OÙ ÇA? : À la résidence de Claudette Cormier à Canton-Tremblay (secteur Valin). Je suis située à six minutes du pont Dubuc sur la route de Tadoussac, très près de Chicoutimi-Nord.

LE PRIX : 10.00$

Afin de RÉSERVER votre place ou pour prendre des informations, vous êtes invités à m’écrire (CLAUDETTE CORMIER) au courriel suivant : CCORMIER@HOTMAIL.COM

J’ai très hâte de vous voir!

À bientôt!

Claudette

lundi 12 juin 2017

Jour de migration de pollen

Bonjour chers amis! J'espère que vous allez bien. Heureuse de vous retrouver!

Lors du dernier message, je vous disais que je prévoyais déménager de Saint-Fulgence pour aller vivre à Canton-Tremblay (ville Saguenay). Eh bien! Mon copain Germain et moi sommes en plein dedans. Le transfère de nos biens est plutôt long, mais tout va bien dans le processus. Nous sommes des amoureux des livres alors... des boîtes, en voulez-vous en v'là. Nous habitons maintenant une coquette maison centenaire vieille de 130 ans encore en pleine forme et rénovée dans le temps.

Hier le 11 juin, mon partenaire et moi avons assisté à un phénomène de la nature bien particulier. Nous étions à notre nouvelle résidence alors que des vents violents de quadrant ouest-nord-ouest se sont levés. Plus les vents persistaient, plus la vue sur le fjord s'estompaient. En fait, la vue s'est complètement bouchée. Ce n'était pas dû à de la réverbération ni à cause de la fumée qui auraient pu provenir d'un feu de forêt situé au nord par exemple. En fait, il s'agissait de pollen éjecté des arbres par temps chaud et sec et qui se déplaçait par la force éolienne.

Nous avons été forts impressionnés Germain et moi de ce phénomène naturel. Cela a duré plusieurs heures en après-midi pour s'estomper en soirée. Voici quelques photos que j'ai pu prendre pendant la journée. Sur ce , je retourne à mes boîtes, au grand nettoyage et au classement des items. Bonne journée!

Le mur de pollen qui bouche complètement la vue sur le fjord

La vue que nous voyons habituellement à partir de notre cour

mardi 30 mai 2017

Bon été!

Bonjour à tous! À partir d’aujourd’hui, je vous avise que je fais relâche pour l’été quant aux messages sur mon blogue. Voyez-vous, c’est que je déménage de localité dans deux semaines. Eh oui! Après 14 ans de loyaux services ornithologiques à Saint-Fulgence, je quitte l’endroit pour aller demeurer à Canton-Tremblay (Saguenay). Au cours des prochains jours, je serai donc dans mes boîtes et dans le nettoyage. Mais soyez rassurés. Bientôt, je serai située dans un autre paradis ornithologique! Là où je vais rester, j’ai une vue imprenable sur le corridor du fjord. Ayant trouvé ce nid m’est venue le désir soudain d’observer les oiseaux à nouveau, de faire de l’observation sur place à partir de ma nouvelle galerie. Cependant, je ne pense pas faire des inventaires de deux mois comme avant car il s’agit d’une activité très énergivore. Je vais plutôt choisir certaines journées pour recenser les oiseaux. Puis, je dois mentionner que j’ai d’autres passions que je veux assouvir. Et comme il n’y a que 24h dans une journée, il faut choisir.

Durant l’été également, j’effectue des recensements de papillons nocturnes, une autre des passions. Durant la belle saison, je vis plutôt de nuit que de jour. J’ai très hâte d’explorer mon nouvel environnement. J'ai hâte d'être devant le drap à papillons et admirer tous les lépidoptères qui viendront chez moi. Ce sera un grand bonheur. À Saint-Fulgence, j’ai inventorié 651 espèces de papillons nocturnes dans ma cour seulement, en cinq ans! Complètement fou! J’espère avoir autant de diversité et de plaisir à Canton-Tremblay.

Il me reste à vous souhaiter un magnifique été. Mais avant, du fond de mon cœur, je tiens à vous dire que je vous suis très reconnaissante pour l’intérêt que vous portez pour mes récits sur mon blogue. Cela me fait très chaud au cœur. Sur ce, prenez bien soin de vous et profitez de tous les petits et grands bonheurs qui passeront durant les prochains mois! Je reviendrai vous jaser en fin d’été.

Bonnes observations!

Claudette

Une jolie Grive fauve cachée dans un sous-bois à La Baie

lundi 29 mai 2017

Tournée des stations d’épuration

Bonjour à vous tous! Cela fait plusieurs années que Germain et moi observons les espèces aquatiques dans les stations d’épuration dans la région. Ces petits milieux sont très riches en insectes et attirent beaucoup d’espèces d’oiseaux. Il y a les oiseaux qui y nichent (canards, limicoles, passereaux) et ceux qui s’en servent comme halte de repos et d’alimentation avant de poursuivre leur migration (canards, limicoles, passereaux). L’observation des oiseaux dans les bassins est recommandée au printemps et durant tout l’automne. De belles surprises attendent parfois les passionnés d’oiseaux!

Au cours de la fin de semaine dernière, mon copain et moi avons visité cinq stations d’épuration des eaux usées. Dans celle de Saint-Nazaire au Lac Saint-Jean, nous avons eu le bonheur de découvrir un Phalarope à bec étroit, un mâle. L’observation de cette espèce est plutôt rare au printemps. C’est plutôt chanceux à l’automne. Nous avons passé un très long moment à admirer le phalarope. Je suis toujours étonnée de constater la petitesse de taille de l’oiseau. Mais ciel qu’il est beau!

Phalarope à bec étroit en compagnie de Fuligules à collier

Le Phalarope à bec étroit surveillant les environs

Chose curieuse durant notre séance d’observation, un Carouge à épaulettes femelle semblait avoir pris en grippe le petit phalarope qui s’alimentait paisiblement au milieu d’un bassin. À trois reprises le carouge a sauvagement agressé le phalarope en lui sautant dessus. Ce dernier se sauvait en changeait de bassin, ou bien, le phalarope plongeait à la dernière seconde pour sauver sa peau. Je ne sais pas qu’elle mouche a piqué ce carouge pour s’en prendre à ce point au phalarope, qui pourtant, ne constituait aucune menace particulière.

Phalarope se sauvant du carouge qui est à ses trousses

Phalarope nageant paisiblement avant l'attaque du carouge

On voit la petite tête du phalarope dans l'éclaboussure de l'eau suite à l'attaque du carouge

Maintenant que le printemps s’achève et que l’été est sur le point d’arriver, les oiseaux vont commencer à nicher dans leurs habitats respectifs. Les stations d’épurations seront plus tranquilles pour l’observation pendant quelques semaines. Avis aux intéressés, la visite des stations reprend à la fin juillet ou bien souvent, des Grands Chevaliers et des Petits Chevaliers sont déjà en route vers le Sud!

Je vous reviens demain avec un court message. Bonne journée!

jeudi 25 mai 2017

En bonus

Bonjour à vous tous! Ce n'était pas prévu, mais je vous reviens aujourd'hui avec un petit message. Hier midi, en prenant un bain de soleil assise sur ma galerie, mon attention fut captivée par un mouvement à mes pieds. Il y avait deux minuscules araignées sauteuses qui effectuait une sorte de danse. Je ne m'y connais rien en comportement d'araignées, mais la scène fut vraiment comique. Puisqu'il y avait deux tailles, j'imagine qu'il s'agit d'un mâle et d'une femelle qui interagissaient. Je vous partage donc cette vidéo que j'ai pu prendre. À la fin du clip, la plus petite araignée a quitté la piste de danse et l'interaction s'est arrêtée.

La danse des araignées sauteuses

Ensuite en soirée, Germain et moi sommes rendus sur la piste cyclable à Saint-Fulgence pour y prendre une marche tout en observant les oiseaux. C'est à ce moment-là qu'une couvée de Canards colverts fut découvert dans l'un des canaux du marais de Canards Illimités. La femelle protégait onze beaux poussins. Certains seront sans doute surpris de la présence d'une couvées de canards à la fin mai. Cela arrive fréquemment avec les Canards noirs et les Canards colverts. Mais quand même... Il est impressionnant de savoir que la femelle couvait ses oeufs pendant des semaines dans le froid, durant ce printemps exécrable. 

Canard colvert femelle avec ses onze poussins

Sur ce, bonne fin de semaine et bonnes observations!

mercredi 24 mai 2017

Enfin! Les parulines arrivent!

Avec ce printemps tardif, les parulines peinent à migrer vers la région, nous qui sommes situés au nord du fleuve et de l'autre côté de la Réserve faunique des Laurentides… Mais en fin de semaine dernière, Germain et moi avons pu constater que la nuit du jeudi au vendredi a porté ses fruits ailés. Il faut savoir que la majorité des oiseaux migre de nuit. Vendredi matin, mon copain et moi avons exploré la piste cyclable à Saint-Fulgence. Les oiseaux présents en bon nombre mais chantaient peu au matin. Ils s’affairaient plutôt à s’alimenter dans des endroits à l’abri du vent.

En cette période de l'année, la piste cyclable à Saint-Fulgence est un excellent site à visiter. Les habitats sont variés sur une très courte distance. La photo qui suit démontre une partie de la piste cyclable. Le premier plan d'eau est le marais de Canards Illimités. À l'arrière, nous voyons une partie de l'Anse-aux-Foins. Puis située à droite dans la photo, la plateforme d'observation est un endroit très stratégique pour recenser les oiseaux passereaux et aquatiques.

Un tronçon de la piste cyclable avec la  plateforme d'observation à droite

Germain qu recense les canards dans le marais 

Il est toujours impressionnant d’observer des groupes d’oiseaux qui arrivent du jour au lendemain. Cette fois, nous avons reçu une première affluence de parulines, à part la Paruline à croupion jaune que nous voyons depuis quelques temps déjà. Dans le froid nordique de ce jour, les différentes espèces de parulines et de viréos avaient le plumage gonflé pour se prémunir contre le froid. Nous aussi d’ailleurs. En début de fin de semaine, nous portions tuque, foulard et gants. Pfff! Avec les vents du nord-ouest, c’était un peu désagréable sur le terrain.

Une Paruline tigrée gonflée pour contrer le froid

Une Paruline à calotte noire furtive, ça bouge tout le temps!

Paruline à croupion jaune, une espèce abondante

Un Viréo de Philadelphie très actif dont je n'ai que cette seule photo prise

Il fallait être patient pour observer les oiseaux. Ces derniers se camouflaient dans les arbustes et bougeaient très rapidement. Certaines parulines ont poursuivi leur chemin sans que nous connaissions leur identité. Et comme il y avait peu de lumière disponible, les photos prises sont un peu floues.

Un Moqueur chat qui nous surveillait de près

Un discret Bruant de Lincoln qui s'est montré brièvement

Finalement, nos efforts ont été récompensés à la fin de notre excursion. Une Paruline verdâtre s’est prêtée à une séance d’observation. Nous apprécions toujours observer cette espèce car elle est rare dans la région. Il y a des printemps où nous n’en voyons aucune. Alors, nous prenons toujours le temps de l’admirer et de revoir à nouveau ces critères d’identification.

Une Paruline verdâtre coopérative lors de sa séance d'alimentation

Sur cette galerie photo qui résume notre froide journée, je vous souhaite une agréable semaine. À la prochaine et bonnes observations!

mardi 23 mai 2017

La crue des eaux

Ce printemps, la crue des eaux et les inondations de maisons dans le sud du Québec furent vraiment horribles. Croyez-moi, je comprends les enjeux matériels et psychologiques. De tout coeur, je compatis avec les êtres humains touchés par ces drames. Nous aussi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1996, avons vécu notre déluge. Ce sont des catastrophes naturelles qui nous éprouvent sur toutes les facettes de notre être.

Pendant que c’est la décrue présentement dans le sud du Québec, le grand réservoir d’eau qu’est le lac Saint-Jean a commencé lui à monter dangereusement. Les habitations autour du lac sont menacées. La fonte des neiges tardive et les pluies abondantes de ce printemps exécrable ont fait que le lac est monté jusqu’à 18 pieds en fin de semaine dernière, un seuil jamais vu depuis 1940! Dimanche dernier, ce fut le pic de la hauteur des eaux du lac. Heureusement, depuis hier, le lac Saint-Jean commence sa décrue au grand soulagement de centaines de riverains. Par contre, certains résidents ont déjà eu des dommages matériels.

Voulant témoigner du phénomène, Germain et moi avons visité quelques sites ornithologiques en fin de semaine dernière afin de vérifier le niveau d’eau du lac. Nous avons commencé par l’embouchure de la Belle-Rivière à Métabetchouan. En nous rendant sur le site, nous avons été estomaqués. Le niveau du lac était tellement élevé que la plage était disparue! Il n’y avait plus aucun accès pour nous rendre à l’embouchure. Que de l’eau! Depuis des décennies (35-40 ans) que Germain et moi pratiquons l’ornithologie et que nous sommes habitués aux fluctuations du niveau du lac, nous n’avons jamais vu cela. Nous restons sans mots devant l’ampleur du phénomène. Le plus inquiétant est l'érosion des berges que l'on constate devant les résidences dans le secteur.

L'embouchure de la Belle-Rivière, la plage submergée d'eau

Ensuite, nous avons jeté un oeil au Grand Marais de Métabetchouan. Encore là, c’était impressionnant. Les eaux du marais débordaient dans les champs avoisinants le marais. Les fossés de chaque côté de la route 170 étaient également plein d’eau. Au télescope, nous pouvions voir les sacs de sable installés devant plusieurs maisons qui résident sur le bord du Grand Marais. Les berges, les épis sablonneux et les enrochements sont disparus sous l’eau. 

Le débordement du Grand Marais sur ce champ 

Le Grand Marais gonflé d'eau et sans aucune berges

Puis ce fut au tour du Petit Marais à Saint-Gédéon à être visité. C’est à peu près le même scénario qu’au Grand Marais mais la scène demeure toujours étonnante. En nous rendant sur la plateforme d’observation côté camping, nous avons été surpris du fait que nous étions entourés d’eau. Cette eau se rendait jusqu’au bord du chemin où circule les résidents de la place. Pour nous à nouveau, ce n’était du jamais vu.

Étant sur la plateforme d'observation, nous sommes entourés d'eau

Le Petit Marais inondé à l'extrême

Ce qui est triste, c’est tout le stress que les résidents endurent, que leurs maisons soient inondées ou non. Le phénomène de la crue des eaux laissera sans doute dans plusieurs esprits des traumatismes. Il faut savoir que les inondations causent également beaucoup de dommages chez les oiseaux. Pensons aux Canards colverts et aux Canards noirs qui ont déjà pondu leurs œufs depuis quelques semaines dans les marais. Cette ponte est perdue. Puis la construction de nids de Marouettes de Caroline, de Râles de Virginie, de Bécassines de Wilson, de Carouges à épaulettes et de Bruants des marais est à l’eau, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots. Le printemps a été exécrable et l’été ne sera peut-être pas facile non plus avec ces suppléments d’énergie demandée chez les êtres humains et les oiseaux. Il y a beaucoup à réfléchir concernant les changements climatiques et de notre responsabilité à respecter les éléments de la nature.

Chers amis, il me reste beaucoup de photos à visionner. Je vais probablement vous revenir demain ou après-demain pour un dernier message de la semaine. À bientôt!

lundi 22 mai 2017

Pas facile la vie de Canards souchets

Lors du long congé, Germain et moi avons à nouveau visité la mare d’eau située à Chambord afin de vérifier s’il restait des limicoles. Les barges, qui étaient présentes récemment, ont migré. Malgré le peu d’espèces présent à ce petit marais, nous avons flâné sur les lieux afin de recenser les oiseaux qui chantaient autour. C’est à ce moment-là que les Canards souchets ont attiré notre attention. Il y avait de l’action dans la mare d’eau, c’est peu dire! En effet , un Canard souchet mâle défendait bec et ongle sa femelle qui se tenait à l’écart. Ce mâle avait fort à faire pour tenter d’éloigner un autre souchet mâle qui avait l’œil sur sa femelle.  

À plusieurs reprises, le mâle protecteur a poursuivi son congénère. Ce dernier n’arrêtait pas d’approcher cette femelle pour se faire remarquer. Le séducteur à plumes se faisait chasser, tabasser, agresser… mais les hormones, vous savez, c’est plus fort que tout. Ce souchet était très entêté. Lorsque nous avons quitté le site, les poursuites continuaient de plus belle.

Je vous partage des photos qui résument bien le scénario. Le souchet protecteur semblait fou enragé. Comme on dit dans le jargon québécois, il voulait manger son rival. Si les souchets avaient des dents, il y en a un qui serait complètement déplumé!


Je vous reviens demain pour un autre message. Bonne journée!

Heureusement pour ce souchet, le poursuivant n'avait pas de dents!

Un virage serre avant qu'il ne se fasse sauter dessus

Une autre poursuite... Ça pédalait fort!

Sur le bord de recevoir une raclée

Parfois, la bagarre se poursuivait en-dessous de l'eau

Des poursuites inlassables entre les canards

mercredi 17 mai 2017

De la grande visite!

La semaine dernière, je vous parlais du Grand Marais de Métabetchouan où les oiseaux aquatiques étaient présents en abondance. Depuis une semaine, les glaces du lac Saint-Jean ont calé. Et avec la fonte des neiges dans les montagnes, le niveau d’eau du lac est rapidement devenu très haut. Cela fait que les berges des rivières et des marais connectés autour du lac Saint-Jean sont indisponibles pour la faune aviaire. Les espèces aquatiques se déplacent donc pour s'alimenter je ne sais où, mais la plupart migrent. Présentement, les marais et les cours d’eaux autour du lac sont presque vides d’oiseaux. 

Pour ce qui est des champs inondés, les jours de beau temps ont asséchés les points d’eaux pour la plupart. Cependant, il reste une mare qui est devenue la cible des ornithologues suite à la découverte de deux espèces de barges en fin de semaine dernière. Cela s’est passé à Chambord, au Lac Saint-Jean. En mes 35 années de vie ornithologique, je n’ai jamais eu la chance d’observer une Barge hudsonienne et une Barge marbrée en même temps dans mes jumelles!

La Barge hudsonienne (arrière-plan) et la Barge marbrée (avant-plan) ensemble!

La Barge marbrée

La Barge hudsonienne

Mon copain et moi sommes restés très longtemps sur le site. Nous avons préféré demeurer à l’intérieur de notre véhicule pour être discret et de ne pas déranger les oiseaux qui s’alimentaient. Dans ce point d'eau, d’autres espèces de limicoles étaient également présentes accompagnés de quelques canards.


La Barge hudsonienne traversant la mare à la nage, rencontrant un Grand Chevalier


La Barge marbrée s'alimentait paisiblement

La Barge marbrée a capturé plusieurs vers de terre en se nourrissant


C'est l'heure du nettoyage. Le roux sous les ailes de la Barge marbrée est magnifique!

Soudain, tous les limicoles ont été alertés par le passage d’un Busard Saint-Martin qui est passé tout près. Paniqués, les oiseaux ont fuient les lieux. Nous pensions que notre excursion était terminée mais après le passage du rapace, les limicoles sont revenus au même endroit. Je dois vous dire que j’ai bénéficié d’un grand coup de chance d’avoir pu photographier le dessous des ailes des deux barges en même temps alors qu’elles revenaient se poser sur les berges. Ces deux espèces se ressemblent mais vu du dessous, les critères sont extrêmement différents!

Les barges arrivent en même temps!

Atterrissage!

Ensuite, le Busard Saint-Martin est revenu faire une deuxième ronde près de la mare d’eau où se trouvaient les limicoles. Je vous invite à écouter les sons de la vidéo suivante. En effet, à la vue du busard, la Barge marbrée a lancé un cri d’alerte perçant qui a fendu l’air. Ce cri nous a impressionnés, Germain et moi, par sa puissance vocale. Heureusement, j’ai pu l’enregistrer. Dans cette vidéo vous constaterez que les oiseaux fuient à cause du rapace, sauf pour la Barge marbrée. Au milieu du clip, le flash bleu que vous verrez est une voiture qui passe et qui n’a pas dérangé les oiseaux.


La Barge marbrée alertée par la présence du Busard Saint-Martin

Voilà donc chers amis pour l’attrait principal de la fin de semaine dernière! Sur ce, je vous souhaite bon birding où que vous soyez! À la prochaine!