Par Claudette Cormier

jeudi 25 mai 2017

En bonus

Bonjour à vous tous! Ce n'était pas prévu, mais je vous reviens aujourd'hui avec un petit message. Hier midi, en prenant un bain de soleil assise sur ma galerie, mon attention fut captivée par un mouvement à mes pieds. Il y avait deux minuscules araignées sauteuses qui effectuait une sorte de danse. Je ne m'y connais rien en comportement d'araignées, mais la scène fut vraiment comique. Puisqu'il y avait deux tailles, j'imagine qu'il s'agit d'un mâle et d'une femelle qui interagissaient. Je vous partage donc cette vidéo que j'ai pu prendre. À la fin du clip, la plus petite araignée a quitté la piste de danse et l'interaction s'est arrêtée.

La danse des araignées sauteuses

Ensuite en soirée, Germain et moi sommes rendus sur la piste cyclable à Saint-Fulgence pour y prendre une marche tout en observant les oiseaux. C'est à ce moment-là qu'une couvée de Canards noirs fut découvert dans l'un des canaux du marais de Canards Illimités. La femelle protégait onze beaux poussins. Certains seront sans doute surpris de la présence d'une couvées de canards à la fin mai. Cela arrive fréquemment avec les Canards noirs et les Canards colverts. Mais quand même... Il est impressionnant de savoir que la femelle couvait ses oeufs pendant des semaines dans le froid, durant ce printemps exécrable. 

Canard noir femelle avec ses onze poussins

Sur ce, bonne fin de semaine et bonnes observations!

mercredi 24 mai 2017

Enfin! Les parulines arrivent!

Avec ce printemps tardif, les parulines peinent à migrer vers la région, nous qui sommes situés au nord du fleuve et de l'autre côté de la Réserve faunique des Laurentides… Mais en fin de semaine dernière, Germain et moi avons pu constater que la nuit du jeudi au vendredi a porté ses fruits ailés. Il faut savoir que la majorité des oiseaux migre de nuit. Vendredi matin, mon copain et moi avons exploré la piste cyclable à Saint-Fulgence. Les oiseaux présents en bon nombre mais chantaient peu au matin. Ils s’affairaient plutôt à s’alimenter dans des endroits à l’abri du vent.

En cette période de l'année, la piste cyclable à Saint-Fulgence est un excellent site à visiter. Les habitats sont variés sur une très courte distance. La photo qui suit démontre une partie de la piste cyclable. Le premier plan d'eau est le marais de Canards Illimités. À l'arrière, nous voyons une partie de l'Anse-aux-Foins. Puis située à droite dans la photo, la plateforme d'observation est un endroit très stratégique pour recenser les oiseaux passereaux et aquatiques.

Un tronçon de la piste cyclable avec la  plateforme d'observation à droite

Germain qu recense les canards dans le marais 

Il est toujours impressionnant d’observer des groupes d’oiseaux qui arrivent du jour au lendemain. Cette fois, nous avons reçu une première affluence de parulines, à part la Paruline à croupion jaune que nous voyons depuis quelques temps déjà. Dans le froid nordique de ce jour, les différentes espèces de parulines et de viréos avaient le plumage gonflé pour se prémunir contre le froid. Nous aussi d’ailleurs. En début de fin de semaine, nous portions tuque, foulard et gants. Pfff! Avec les vents du nord-ouest, c’était un peu désagréable sur le terrain.

Une Paruline tigrée gonflée pour contrer le froid

Une Paruline à calotte noire furtive, ça bouge tout le temps!

Paruline à croupion jaune, une espèce abondante

Un Viréo de Philadelphie très actif dont je n'ai que cette seule photo prise

Il fallait être patient pour observer les oiseaux. Ces derniers se camouflaient dans les arbustes et bougeaient très rapidement. Certaines parulines ont poursuivi leur chemin sans que nous connaissions leur identité. Et comme il y avait peu de lumière disponible, les photos prises sont un peu floues.

Un Moqueur chat qui nous surveillait de près

Un discret Bruant de Lincoln qui s'est montré brièvement

Finalement, nos efforts ont été récompensés à la fin de notre excursion. Une Paruline verdâtre s’est prêtée à une séance d’observation. Nous apprécions toujours observer cette espèce car elle est rare dans la région. Il y a des printemps où nous n’en voyons aucune. Alors, nous prenons toujours le temps de l’admirer et de revoir à nouveau ces critères d’identification.

Une Paruline verdâtre coopérative lors de sa séance d'alimentation

Sur cette galerie photo qui résume notre froide journée, je vous souhaite une agréable semaine. À la prochaine et bonnes observations!

mardi 23 mai 2017

La crue des eaux

Ce printemps, la crue des eaux et les inondations de maisons dans le sud du Québec furent vraiment horribles. Croyez-moi, je comprends les enjeux matériels et psychologiques. De tout coeur, je compatis avec les êtres humains touchés par ces drames. Nous aussi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 1996, avons vécu notre déluge. Ce sont des catastrophes naturelles qui nous éprouvent sur toutes les facettes de notre être.

Pendant que c’est la décrue présentement dans le sud du Québec, le grand réservoir d’eau qu’est le lac Saint-Jean a commencé lui à monter dangereusement. Les habitations autour du lac sont menacées. La fonte des neiges tardive et les pluies abondantes de ce printemps exécrable ont fait que le lac est monté jusqu’à 18 pieds en fin de semaine dernière, un seuil jamais vu depuis 1940! Dimanche dernier, ce fut le pic de la hauteur des eaux du lac. Heureusement, depuis hier, le lac Saint-Jean commence sa décrue au grand soulagement de centaines de riverains. Par contre, certains résidents ont déjà eu des dommages matériels.

Voulant témoigner du phénomène, Germain et moi avons visité quelques sites ornithologiques en fin de semaine dernière afin de vérifier le niveau d’eau du lac. Nous avons commencé par l’embouchure de la Belle-Rivière à Métabetchouan. En nous rendant sur le site, nous avons été estomaqués. Le niveau du lac était tellement élevé que la plage était disparue! Il n’y avait plus aucun accès pour nous rendre à l’embouchure. Que de l’eau! Depuis des décennies (35-40 ans) que Germain et moi pratiquons l’ornithologie et que nous sommes habitués aux fluctuations du niveau du lac, nous n’avons jamais vu cela. Nous restons sans mots devant l’ampleur du phénomène. Le plus inquiétant est l'érosion des berges que l'on constate devant les résidences dans le secteur.

L'embouchure de la Belle-Rivière, la plage submergée d'eau

Ensuite, nous avons jeté un oeil au Grand Marais de Métabetchouan. Encore là, c’était impressionnant. Les eaux du marais débordaient dans les champs avoisinants le marais. Les fossés de chaque côté de la route 170 étaient également plein d’eau. Au télescope, nous pouvions voir les sacs de sable installés devant plusieurs maisons qui résident sur le bord du Grand Marais. Les berges, les épis sablonneux et les enrochements sont disparus sous l’eau. 

Le débordement du Grand Marais sur ce champ 

Le Grand Marais gonflé d'eau et sans aucune berges

Puis ce fut au tour du Petit Marais à Saint-Gédéon à être visité. C’est à peu près le même scénario qu’au Grand Marais mais la scène demeure toujours étonnante. En nous rendant sur la plateforme d’observation côté camping, nous avons été surpris du fait que nous étions entourés d’eau. Cette eau se rendait jusqu’au bord du chemin où circule les résidents de la place. Pour nous à nouveau, ce n’était du jamais vu.

Étant sur la plateforme d'observation, nous sommes entourés d'eau

Le Petit Marais inondé à l'extrême

Ce qui est triste, c’est tout le stress que les résidents endurent, que leurs maisons soient inondées ou non. Le phénomène de la crue des eaux laissera sans doute dans plusieurs esprits des traumatismes. Il faut savoir que les inondations causent également beaucoup de dommages chez les oiseaux. Pensons aux Canards colverts et aux Canards noirs qui ont déjà pondu leurs œufs depuis quelques semaines dans les marais. Cette ponte est perdue. Puis la construction de nids de Marouettes de Caroline, de Râles de Virginie, de Bécassines de Wilson, de Carouges à épaulettes et de Bruants des marais est à l’eau, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots. Le printemps a été exécrable et l’été ne sera peut-être pas facile non plus avec ces suppléments d’énergie demandée chez les êtres humains et les oiseaux. Il y a beaucoup à réfléchir concernant les changements climatiques et de notre responsabilité à respecter les éléments de la nature.

Chers amis, il me reste beaucoup de photos à visionner. Je vais probablement vous revenir demain ou après-demain pour un dernier message de la semaine. À bientôt!

lundi 22 mai 2017

Pas facile la vie de Canards souchets

Lors du long congé, Germain et moi avons à nouveau visité la mare d’eau située à Chambord afin de vérifier s’il restait des limicoles. Les barges, qui étaient présentes récemment, ont migré. Malgré le peu d’espèces présent à ce petit marais, nous avons flâné sur les lieux afin de recenser les oiseaux qui chantaient autour. C’est à ce moment-là que les Canards souchets ont attiré notre attention. Il y avait de l’action dans la mare d’eau, c’est peu dire! En effet , un Canard souchet mâle défendait bec et ongle sa femelle qui se tenait à l’écart. Ce mâle avait fort à faire pour tenter d’éloigner un autre souchet mâle qui avait l’œil sur sa femelle.  

À plusieurs reprises, le mâle protecteur a poursuivi son congénère. Ce dernier n’arrêtait pas d’approcher cette femelle pour se faire remarquer. Le séducteur à plumes se faisait chasser, tabasser, agresser… mais les hormones, vous savez, c’est plus fort que tout. Ce souchet était très entêté. Lorsque nous avons quitté le site, les poursuites continuaient de plus belle.

Je vous partage des photos qui résument bien le scénario. Le souchet protecteur semblait fou enragé. Comme on dit dans le jargon québécois, il voulait manger son rival. Si les souchets avaient des dents, il y en a un qui serait complètement déplumé!


Je vous reviens demain pour un autre message. Bonne journée!

Heureusement pour ce souchet, le poursuivant n'avait pas de dents!

Un virage serre avant qu'il ne se fasse sauter dessus

Une autre poursuite... Ça pédalait fort!

Sur le bord de recevoir une raclée

Parfois, la bagarre se poursuivait en-dessous de l'eau

Des poursuites inlassables entre les canards

mercredi 17 mai 2017

De la grande visite!

La semaine dernière, je vous parlais du Grand Marais de Métabetchouan où les oiseaux aquatiques étaient présents en abondance. Depuis une semaine, les glaces du lac Saint-Jean ont calé. Et avec la fonte des neiges dans les montagnes, le niveau d’eau du lac est rapidement devenu très haut. Cela fait que les berges des rivières et des marais connectés autour du lac Saint-Jean sont indisponibles pour la faune aviaire. Les espèces aquatiques se déplacent donc pour s'alimenter je ne sais où, mais la plupart migrent. Présentement, les marais et les cours d’eaux autour du lac sont presque vides d’oiseaux. 

Pour ce qui est des champs inondés, les jours de beau temps ont asséchés les points d’eaux pour la plupart. Cependant, il reste une mare qui est devenue la cible des ornithologues suite à la découverte de deux espèces de barges en fin de semaine dernière. Cela s’est passé à Chambord, au Lac Saint-Jean. En mes 35 années de vie ornithologique, je n’ai jamais eu la chance d’observer une Barge hudsonienne et une Barge marbrée en même temps dans mes jumelles!

La Barge hudsonienne (arrière-plan) et la Barge marbrée (avant-plan) ensemble!

La Barge marbrée

La Barge hudsonienne

Mon copain et moi sommes restés très longtemps sur le site. Nous avons préféré demeurer à l’intérieur de notre véhicule pour être discret et de ne pas déranger les oiseaux qui s’alimentaient. Dans ce point d'eau, d’autres espèces de limicoles étaient également présentes accompagnés de quelques canards.


La Barge hudsonienne traversant la mare à la nage, rencontrant un Grand Chevalier


La Barge marbrée s'alimentait paisiblement

La Barge marbrée a capturé plusieurs vers de terre en se nourrissant


C'est l'heure du nettoyage. Le roux sous les ailes de la Barge marbrée est magnifique!

Soudain, tous les limicoles ont été alertés par le passage d’un Busard Saint-Martin qui est passé tout près. Paniqués, les oiseaux ont fuient les lieux. Nous pensions que notre excursion était terminée mais après le passage du rapace, les limicoles sont revenus au même endroit. Je dois vous dire que j’ai bénéficié d’un grand coup de chance d’avoir pu photographier le dessous des ailes des deux barges en même temps alors qu’elles revenaient se poser sur les berges. Ces deux espèces se ressemblent mais vu du dessous, les critères sont extrêmement différents!

Les barges arrivent en même temps!

Atterrissage!

Ensuite, le Busard Saint-Martin est revenu faire une deuxième ronde près de la mare d’eau où se trouvaient les limicoles. Je vous invite à écouter les sons de la vidéo suivante. En effet, à la vue du busard, la Barge marbrée a lancé un cri d’alerte perçant qui a fendu l’air. Ce cri nous a impressionnés, Germain et moi, par sa puissance vocale. Heureusement, j’ai pu l’enregistrer. Dans cette vidéo vous constaterez que les oiseaux fuient à cause du rapace, sauf pour la Barge marbrée. Au milieu du clip, le flash bleu que vous verrez est une voiture qui passe et qui n’a pas dérangé les oiseaux.


La Barge marbrée alertée par la présence du Busard Saint-Martin

Voilà donc chers amis pour l’attrait principal de la fin de semaine dernière! Sur ce, je vous souhaite bon birding où que vous soyez! À la prochaine!