Par Claudette Cormier

vendredi 24 avril 2026

Gloriosa

En admirant ce magnifique coucher de soleil le 23 avril 2026 à La Baie, c'est ce que j'avais le goût de déclarer. Gloriosa!  Ce que nous sommes chanceux nous gens de la région et du Québec de pouvoir savourer ces spectaculaires couchers de soleil sans qu'ils ne soient obscurcis par la pollution industriel.

Après la neige d'aujourd'hui, un superbe coucher de soleil (C. Cormier)

Une halte pour bruants en migration

Le même jour que la migration massive de Juncos ardoisés le 20 avril 2026, d'autres espèces d'oiseaux ont été observées chez moi à La Baie. Lorsque la migration s'est calmée sur l'heure du midi, les oiseaux ont commencé à se nourrir frénétiquement au sol. Ils avaient vraiment faim. De plus, il faisait très froid. Le temps n'était pas printanier, mais hivernal.

En regardant par ma fenêtre de salon, j'ai détecté un mouvement au travers des feuilles mortes dans l'herbe haute et desséchée situées devant la résidence. C'était un Bruant fauve! Et il était très actif dans sa recherche de graines. Ce gros bruant rouquin est tout simplement magnifique!

Le magnifique Bruant fauve (C. Cormier)

Ce Bruant fauve sait comment gratter le sol avec conviction (C. Cormier)

Le Bruant fauve a de la compagnie (C. Cormier)

Pour le Pic flamboyant, je ne savais même pas qu'il était là. Lorsque je filmais le Bruant fauve, il est passé devant mon objectif. Je fus très surprise de sa présence subite! Ce pic semble porter un costume très original et sophistiqué. Et que dire de sa tache écarlate et vibrante qu'il arbore sur sa nuque!

Le Pic flamboyant arbore un superbe plumage (C. Cormier)

Soudain, au-dessus de la baie, les Goélands à bec cerclé, les Bernaches du Canada et les canards se sont mis à paniquer et à quitter l'endroit. La raison de ce dérangement fut un Pygargue à tête blanche, un immature, qui chassait dans le secteur. Les conditions météo n'étaient pas très bonnes pour la lumière, mais l'image vous donne une bonne idée de ce que j'ai pu observer.

Le Pygargue à tête blanche immature était en chasse (C. Cormier)

Au cours de cette même journée, d'autres bruants s'affairaient à s'alimenter parmi les Juncos ardoisés. Je vous les présentent en photographies. Les bruants avaient le plumage gonflé à bloc pour se contrer du froid. Disons que ce froid dérange passablement tout le monde, les oiseaux compris. Au moment où je vous écris (23 avril), il neigeai à plein ciel. Quand les conditions météos redeviendront favorables pour la migration, les oiseaux vont poursuivre leur périple vers le nord. Une nouvelle saison de nidification va bientôt s'amorcer pour eux. Souhaitons leur bonne chance à ces courageux oiseaux pour la suite des choses.

Ce Bruant hudsonien était en migration avec les juncos (C. Cormier)

Le Bruant à gorge blanche était gonflé à bloc (C. Cormier)

Ce Bruant chanteur est un local qui chante près de chez moi (C. Cormier)

Le soir venu, le ciel s'est réparé (C. Cormier)

Le soleil se couche avec des couleurs intenses et chaudes (C. Cormier)

jeudi 23 avril 2026

Migration massive de Juncos ardoisés

C'était le 20 avril 2026, chez moi à La Baie. Tôt en matinée, j'ai commencé à observer des groupes de Juncos ardoisés défiler devant la résidence avec empressement. Un groupe, un autre groupe... Ça n'arrêtait pas. Les hordes comprenaient entre 30, 50 ou 80 individus à la fois. Pour avoir déjà vécu un tel phénomène lorsque je demeurais à Saint-Fulgence, je savais que ce mouvement durerait quelques heures. Les juncos passaient derrière et devant la maison. Mais c'était meilleur derrière la résidence. C'est là que j'ai concentré mes efforts d'observation. Je n'avais qu'à attendre et les juncos arrivaient par vagues. Ils allaient tous d'est en ouest, suivant le pied de la chaîne montagneuse. Pour faire court, j'ai recensé pas moins de 2000 individus en quatre heures environ. Puis, le phénomène s'est essoufflé sur l'heure du midi. 

Les Juncos ardoisés passent comme des étoiles filantes (C. Cormier)

Ce phénomène est connu des ornithologues. Cependant, il demeure quand même rare de vivre cette intensité de migration. Pour les ornithologues qui étaient à Tadoussac, ils ont recensé en deux jours au-delà de 200,000 juncos! D'autres espèces peuvent également faire de même, en mentionnant par exemple les parulines en mai. Suite à une migration intense, les oiseaux cherchent à corriger leur positionnement géographique, d'où les groupes d'oiseaux qui filent en masse et dans la même direction.

Le phénomène est dû au fait que les oiseaux migrateurs, les juncos dans ce cas précis, attendent des conditions nocturnes favorables pour migrer. Et comme ce printemps les fenêtres de beaux temps ont été rares, leur migration a été retardée. Puis arrive un système météo provenant du sud. Il y a eu des vents du sud durant la nuit et le jour également, pas simplement au niveau terrestre, mais en altitude. C'est ce que les juncos attendaient. Cela explique pourquoi les juncos sont arrivés dans la région et ailleurs en un grand coup. Ils ont migré durant la nuit. Le jour, les oiseaux sont au sol. Il y avait des juncos partout, que ce soit sur les pelouses en ville, aux abords des boisés et dans d'autres habitats. Les gens qui ont des mangeoires ont soudainement été envahies par des dizaines, voire des centaines d'oiseaux affamés ($$$). Tout le monde en parlait, même les non-initiés en ornithologie.

Voici un Junco ardoisé qui prend une pause (C. Cormier)

Les oiseaux avaient le plumage gonflé à cause du froid (C. Cormier)

Les juncos grattaient le sol pour s'alimenter (C. Cormier)

Lorsque les oiseaux arrivent de la sorte, comme un large front partant de la Côte-Nord et au moins jusqu'au Cap Tourmente, c'est très impressionnant. La nuit, il y avait des millions de Juncos ardoisés dans le ciel nocturne. Au travers d'eux, des bruants et autres passereaux, mais en moindre quantité que les juncos.

Un Junco ardoisé se sustentant suite à sa migration (C. Cormier)

Après la pluie...

Aujourd'hui, 19 avril 2026 à La Baie, il a plu toute la journée. Même que, de la neige a tombé brièvement en après-midi. Quant aux montagnes bordant notre région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, des accumulations de neige ont été notées. Un autre front froid contribuant à ce printemps tardif.

En début de soirée, une éclaircie s'est soudainement ouverte au travers des nuages sur l'horizon ouest. Je ne m'attendais aucunement à photographier un coucher de soleil ce soir. Et il était de toute beauté! L'astre a fait un clin d'oeil entre deux masses de nuages comme pour nous encourager dans ce temps maussade et froid. 

Une fenêtre s'est ouverte sur l'horizon ouest au cours de la soirée (C. Cormier)

Dans le ciel couchant, les teintes étaient ambrées. Des canards et des Oies des neiges se sont hâtés à prendre de l'altitude et migrer. La nuit semble prometteuse pour eux. Ce sont des voyageurs nocturnes, comme presque la majorité des espèces d'oiseaux qui font de même. La scène était touchante.

Après la pluie, les Oies des neiges vont migrer durant la nuit (C. Cormier)

Le coucher du soleil n'avait pas dit son dernier mot. De larges rubans de nuages, des altocumulus, traversaient la baie. Ils étaient d'un magnifique ton orangé. Étant contemplative de nature, j'étais sous le joug de cet instant merveilleux.

Les nuages orangés traversent la baie (C. Cormier)

Puis, au cours de la soirée, j'ai eu une autre surprise, crépusculaire celle-là. En me rendant sur le balcon pour  observer la planète Vénus, je me suis rendue compte qu'un croissant de lune était au-dessus d'elle. C'était une conjonction! J'ai fait de mon mieux pour les photographier. Je ne suis pas équipée pour faire de la photographie astronomique. Si vous avez quelques minutes devant vous vers la fin du crépuscule, regardez la planète Vénus située à l'ouest et qui se couche au nord-ouest. Elle est si brillante qu'il est impossible de la manquer. 

Une jolie conjonction Lune-Vénus au-dessus de La Baie (C. Cormier)

mercredi 22 avril 2026

Jour de migration - 4ième et dernière partie

Suite du récit du 18 avril 2026 au Grand Marais de Métabetchouan.

Après nous êtres sustentés côté estomacs au restaurant, Germain et moi allons marcher dans un sentier forestier en après-midi afin de digérer nos hydrates de carbone. Ce qui nous intéresse ici sont les oiseaux passereaux. Avec la matinée très intense que nous avons vécu, c'est tout un contraste à cet endroit. C'est que les passereaux ressentent une baisse de pression atmosphérique. Cela fait qu'ils deviennent très discrets et silencieux. Ils mettent leurs énergies à manger avant que le mauvais temps n'arrive. Et il arrivera. Les oiseaux n'ont pas besoin de cadrans, d'ordinateurs, ni de satellites pour savoir que le régime météo vient de changer. Ils ont un radar intégré en eux.

Nous avons observé un faux hibou sur notre chemin (C. Cormier)

C'est un silence presque troublant dans la forêt concernant les oiseaux. Cependant, nos oreilles sont remplies par le bruit du vent dans la faîte des arbres. Nous recensons ce que nous pouvons sur ce sentier. Sur les parties du sol dégagées de neige, les juncos et les bruants sont occupés et très concentrés à se trouver de la nourriture.

Nous poursuivons notre marche en recherchant des passereaux. Le temps lui, s'assombrit. Des nuages plus opaques cachent le soleil maintenant. En se déplaçant, nous arrivons devant un peuplement de bouleaux. Cela me donne une sensation étrange d'être devant un peuplement de Bouleaux blancs. Tout est blanc, même le ciel derrière les arbres, sauf pour quelques Peupliers faux-tremble situés devant qui apportent un petit contraste rassurant. Cet endroit me donne toujours ce drôle d'effet.

Tout est blanc et laiteux dans ce peuplement de bouleaux (C. Cormier)

Enfin nous voyons quelques oiseaux autres que des bruants et des juncos. Cachés derrière des arbres, deux Pics maculés semblent jouer un « jeu de pics » qu'eux seuls en connaissent les règles. J'ai eu la chance de pouvoir photographier l'un d'eux. En effet, car habituellement, ils se tiennent souvent dans le haut des arbres. Il n'y a pas à dire, les Pics maculés sont de superbes oiseaux à observer.

Cache-cache de Pic maculé (C. Cormier)

Ce Pic maculé, un mâle, est tout à fait superbe (C. Cormier)

Vers la fin de notre marche, Germain détecte la présence de deux Grimpereaux bruns! Ceux-ci émettent leur sifflement aigu, se répondant l'un et l'autre pendant qu'ils grimpent sur les troncs d'arbres. Les oiseaux étant plus petit qu'une Mésange à tête noire, les Grimpereaux bruns sont des experts en camouflage. Arpentant des arbres ayant l'écorce rugueux, comme les pins et les épinettes, ils sont difficiles à détecter.

Le roi du camouflage, le Grimpereau brun (C. Cormier)

Le Grimpereau brun possède un plumage complexe (C. Cormier)

En fin d'après-midi, nous retournons à la maison à La Baie. Nous avons la tête pleine d'images d'oiseaux que nous avons observés toute la journée. Germain et moi jasons de la migration ayant eu lieu aujourd'hui, mais plus les minutes avancent, plus le silence s'installe. Nous sommes brûlés de fatigue. Une grosse journée sur le terrain. Mais le coeur est heureux.

Fin de l'excursion du 18 avril 2026 à Métabetchouan.