Par Claudette Cormier

vendredi 29 avril 2011

Une journée occupée


Aujourd’hui, malgré le temps maussade avec les vents et les averses de pluie, les oiseaux migrateurs étaient tout de même très occupés dans leurs déplacements. C’était très difficile de vaquer à mes occupations en sachant que ça grouille d’oiseaux au-dessus des montagnes et de la rivière Saguenay. Au cours de la journée, en prenant des petites pauses, j’ai remarqué près de la galerie un mignon Roitelet à couronne rubis en quête d’insectes. Je prend la caméra et me prépare à le photographier lorsque derrière lui, je vois arriver un immense Pygargue à tête blanche immature qui fait des ronds lâches un peu plus haut que les grands conifères, devant ma résidence. J’ai immédiatement braqué la caméra sur le rapace. La lumière du contre-jour ne permet pas de voir les fins détails de plumage, mais quand même, il est intéressant de le voir voler et sortir ses pattes avant de se poser sur la rive!



Pygargue à tête blanche immature se posant sur la rive


Ensuite, en fin d’après-midi, qu’est-ce que je vois au large de la rivière Saguenay, le long de la rive sud? Une horde d’Oie des neiges qui arrivent en masse! Les oies vont maintenant envahir les battures et nous mettre plein de sons cacophoniques dans nos oreilles! C’est un réel plaisir de les revoir!



Oies des neiges arrivant de migration

jeudi 28 avril 2011

Cadeaux ornithologiques de Pâques (3ième partie)

Finissant notre excursion du 24 avril, étant toujours au Lac Saint-Jean, nous allons souper à notre restaurant préféré à Saint-Gédéon, que nous appelons gentiment notre camp de base. Cela fait 25 ans (au moins!) que nous dégustons leurs mets (casse-croûte). Avant de rentrer à la maison, Germain me propose d’aller dans le rang Saint-Antoine à Chicoutimi dans le but d’observer des Hiboux des marais récemment vus dans ce secteur. C’est d’accord! Au bout d’une heure de route, nous sommes rendus sur le site en question. Dès notre arrivé au début de crépuscule, nous voyons deux hiboux chasser au-dessus des champs. Observant leur plumage et leur moindre mouvements au télescope, car ils sont assez loin, l’un des hiboux se dirige subitement vers nous. Je cède les jumelles pour la caméra alors que l’oiseau s’approche et passe au-dessus de nos têtes!



Hibou des marais passant au-dessus de nous


Durant notre observation, Germain et moi sommes également témoin d’une scène particulière entre les deux hiboux. Parfois les oiseaux se rencontrent et s’ensuit ce que nous croyons être une dispute de territoire d’alimentation. Cependant, nous n’en sommes pas certains. Les hiboux se poursuivent l’un l’autre ou s’entrecoupent en vol. En tout cas, leurs rapports ne semblaient pas amicaux.



Comportement intriguant des Hiboux des marais


La lumière du jour baissant d’intensité, nos jumelles et télescopes deviennent inutilisables pour l’observation. Nous laissons les hiboux à leurs chamailleries et quittons l’endroit pour retourner à la maison. Voilà qui termine notre journée du 24 avril avec nos douze heures de terrain qui rentre soudainement dans le corps. Je vous laisse sur un superbe coucher de soleil qui a été croqué dans le rang Saint-Antoine.


Un beau coucher de soleil campagnard

mercredi 27 avril 2011

Cadeaux ornithologiques de Pâques (2ième partie)


Toujours lors de la journée du 24 avril, après avoir visité le Grand Marais de Métabetchouan, Germain et moi nous nous dirigeons vers Desbiens. Dans cette petite municipalité, c’est l’embouchure de la rivière Métabetchouan qui nous intéresse. Comme le lac Saint-Jean est toujours gelé à cette date, les trous d’eau disponibles rassemblent les espèces aquatiques qui arrivent de migration.


Embouchure de la rivière Métabetchouan, côté sud


Embouchure de la rivière Métabetchouan, côté lac


En tout, neuf espèces de canards sont recensées à cet endroit ainsi qu’un très mignon Grèbe à bec bigarré qui se tenait à l’écart, nageant près du pont. Le grèbe est très méfiant de la présence humaine. Aussi, de temps à autre, le grèbe devait s’écarter du chemin pour laisser passer de larges biscuits de glaces emportés par le courant de la rivière. Le pauvre  est bien loin de son marais à quenouilles!


Rivière Métabetchouan près du pont


Grèbe à bec bigarré un peu méfiant


Lorsque nous avons répertorié les oiseaux à l’embouchure, il était temps pour Germain et moi de casser la croûte. Même que, nous avons partagé nos croûtes de sandwiches afin de nourrir les quelques Goélands à bec cerclé qui ne semblaient pas avoir grand chose à manger dans le secteur!


Goéland à bec cerclé adulte attendant sa ration de pain


Maintenant, direction Pointe de Chambord. Au bout de la pointe, il y a un étang artificiel, entouré de champs agricoles. Habituellement, cet étang attire quelques canards barboteurs et quelques limicoles. Mais en arrivant sur le site, il n’y avait vraiment rien à faire. C’était mort!


Étang sans la présence d'oiseaux


Cependant, en prenant notre temps pour vérifier les oiseaux dans les alentours, nous avons entendu des Becs-croisés des sapins en vol. Ceux-ci se sont posés tout près dans un bosquet de Pins rouges. Nous nous sommes empressés d’aller les rejoindre.


Bosquets de Pins rouges


Une fois les oiseaux posés dans les pins, les cinq becs-croisés détectés sont devenus très discrets pendant qu’ils s’alimentaient dans les cônes. Nous avons passés environ une heure à les observer tant bien que mal, les petit volatiles étant bien dissimulés dans les aiguilles de pins. Ils étaient très difficiles à photographier due à la hauteur des arbres, aux oiseaux peu perceptibles et à l’éclairage ombragé. Une seule photographie est digne d’être montrée.


Silhouette d'un Bec-croisé des sapins mâle


Par la suite, nous rebroussons chemin et effectuons un arrêt au Petit Marais de Saint-Gédéon. Encore là, il faudra attendre quelques jours pour y recenser les espèces aquatiques en bon nombre. Seulement une poignée de canards sont observée. Nous ne nous sommes pas attardés à ce site.


Petit Marais de Saint-Gédéon gelé en grande partie

En voulant reprendre la route principale du village, nous avons dû prendre une voie de contournement à cause de réparations de la route. Ceci dit, près d’un bâtiment, Germain remarque la présence de Moineaux domestiques qui s’affairent à prendre un bain de poussière sur le bitume. Il semble que la poussière soit néfaste pour les parasites qui vivent sur les oiseaux. Stationnant la voiture près d’eux, j’ai pu prendre une courte vidéo de ce comportement. Mais entre vous et moi, je ne vois pas beaucoup de poussière…



Moineau domestique mâle prenant un bain de poussière

mardi 26 avril 2011

Cadeaux ornithologiques de Pâques (1ère partie)


Nous sommes le 24 avril. Ce fut une longue et belle journée d’observation qui s’est échelonné sur douze heures. Donc, les messages du blog seront divisés en trois parties en ce qui concerne ce jour d’excursion. Commençons d’abord par le Grand Marais à Métabetchouan. À cette période-ci de l’année, Germain et moi visitons souvent ce site et la raison en est fort simple. Lorsque le lac Saint-Jean est gelé ainsi que les marais avoisinants, les espèces aquatiques n’ont d’autres choix que de se réunir au même endroit, parfois même dans le même trou d’eau! Les canards barboteurs, les canards plongeurs, les goélands et les limicoles utilisent ce même habitat. En plus, leurs prédateurs les suivent de près tels les faucons, les éperviers et les pygargues. Lorsque le lac Saint-Jean sera « calé », les oiseaux aquatiques vont automatiquement partir et se disperser. C’est donc un moment stratégique pour les ornithologues de recenser les oiseaux dans ce lieu, les volatiles étant concentrés. Cette période, où nous avons le luxe de recenser les oiseaux au même endroit, ne dure pas longtemps. Et puisque le printemps 2011 est très tardif, avec les glaces qui persistent dans le Grand Marais, nous en profitons grandement. Donc, au cours de la matinée, Germain et moi avons ratissé le Grand Marais au peigne fin. Nous avons remarqué qu’en deux jours seulement, plusieurs canards, bernaches et oies ont migré, les oiseaux s’agglomérant en bon nombre le long du méandre sillonnant le centre du marais.


État actuel du Grand Marais


Canards barboteurs concentrés dans une partie du marais


Ce qui a volé la vedette aujourd’hui est sans conteste l’interaction entre trois Pygargues à tête blanche immatures posés dans le marais. Ces grands prédateurs sont là depuis plusieurs jours. Dans le prochain vidéoclip, je vous démontre deux pygargues qui sont posés ensemble sur une même souche. L’un d’eux mange quelque chose alors que l’autre voudrait bien lui prendre une bouchée. S’ensuit la guerre des nerfs entre les deux individus. La scène se déroule à environ un kilomètre de nous. Dans la vidéo, la réverbération et la distance rend la prise de vidéo un peu floue. Cependant, on aperçoit très bien l’interaction entre les oiseaux. Vous pouvez double-cliquer pour voir la vidéo en plus grand format.



Prise de bec entre les pygargues immatures


Plus tard durant cette même matinée, nous avons changé d’endroit afin d’avoir un autre angle de vue sur le marais. Bénis des dieux, nous avons été des témoins privilégiés en ce qui concerne deux pygargues immatures qui semblaient se courtiser. Comme ils sont trop jeunes pour fonder leur « nid », les pygargues s’adonnaient à ce que nous avons interprété comme des jeux amoureux, une sorte de flirt d’adolescents. En tandem, les oiseaux volaient gracieusement dans le ciel et effectuaient des pirouettes toutes en lenteur. Il n’y avait aucune agressivité entre les pygargues. On aurait dit plutôt de la taquinerie. Aussi, lors de la poursuite, un des oiseaux a atterri très brièvement sur le sommet d’un conifère et est reparti avec une branche entre les serres. Ce pygargue s’est envolé avec son trésor et s’est posé dans le marais, pas très loin de l’autre individu. Puis ce fut terminé pour les manœuvres de séduction. C’est la première fois que Germain et moi assistions à ce comportement chez cette espèce. Voilà les cadeaux que nous avons accueilli en cette fin de semaine de Pâques!



Jeux amoureux chez les pygargues immatures


Vol en tandem ches les pygargues immatures



Et pour terminer l’observation de ce site, nous avons découvert une bande de Jaseurs boréaux qui sifflaient continuellement, les oiseaux se faisant dorer au soleil, à l’abri des vents froids. Certains oiseaux se nourrissaient de fruits d’aubépines tombés au sol ou parfois, ils s’envolaient dans les airs à la manière d’un moucherolle pour capturer un insecte qui passait.


Groupe de Jaseurs boréaux se faisant dorer au soleil



lundi 25 avril 2011

Le rang Sainte-Anne : royaume du Pygargue à tête blanche


Lors du début du congé pascal, le 22 avril, Germain et moi allons aussitôt à la fameuse « butte à rapaces » dans le rang Sainte-Anne, côté Hébertville. Les conditions météorologiques sont bonnes pour l’observation des oiseaux de proie. En arrivant, notre ami Sylvain Boivin est déjà sur le site à recenser les buses qui passent. Au cours de cette matinée, ce qui a attiré notre attention fut principalement les Pygargues à tête blanche. Jusqu’à six individus sont inventoriés (1 adulte, 3 immatures, 2 juvéniles nés l’an dernier), principalement des immatures. Les nombreux inventaires d’oiseaux de proie effectués dans les années passées nous ont renseigné que les adultes migrent surtout au début d’avril alors que les immatures sont aperçus plus tard en saison, soit entre la mi-avril et la mi-mai.


Un des pygargues immatures en migration


Dans le décor du site d’observation, nous apercevons dans nos jumelles et télescopes jusqu’à quatre Urubus à tête rouge qui effectuent des allés et retour, cherchant de quoi manger, sillonnant à basse altitude les vallons des champs agricoles.


Urubu qui passe rapidement


Au cours de notre observation en faisant du sur place, nous ajoutons à notre liste du jour les rapaces suivants : 2 Busards Saint-Martin, 2 Éperviers bruns, 3 Crécerelles d’Amérique, 14 Buses pattues et 29 Buses à queue rousse.


Deux Buses pattues de forme claire dans la même thermique


Poignets noirs très évidents de la Buse pattue


Les dessous pâle de la Buse à queue rousse


Durant l’inventaire, Germain a fait une très belle découverte chez les buses en migration. Il nous a pointé du doigt une Buse à queue rousse de forme sombre! Ce type de plumage est rarissime dans l’est de l’Amérique, ce plumage étant plus commun dans la partie ouest du pays. En trente ans d’observation, ce n’est que ma deuxième observation de ce plumage superbe. Prime abord, on dirait une Buse pattue de forme sombre. Cependant, sa queue rousse trahi son espèce. Je n'ai pas réussi à photographier cette buse. Par contre, le lien suivant en donne un exemple : 


Avant de quitter l’endroit, car le changement de direction des vents a stoppé la migration des rapaces, un magnifique Renard roux se promenait dans les champs tout près de nous. Ensuite, Sylvain a dû nous quitter. Germain et moi poursuivons notre excursion côté Métabetchouan.


Présence d'un Renard roux dans le rang Sainte-Anne


En roulant en voiture dans le rang Sainte-Anne, nous rencontrons plusieurs centaines de Plectrophanes des neiges sur notre chemin. Ceux-ci sont présentement en migration et près de la « butte à rapaces », nous en avons estimés 2 800 au cours de la matinée.


Un bouquet de Plectrophanes des neiges sur un arbuste


Ensuite, dans le même rang, nous vérifions au passage le Grand Marais de Métabetchouan. Il est toujours aussi surprenant de constater le paysage de glace en cette fin d’avril! Nous avons vraiment un printemps tardif!


Germain observant un point foncé dans le marais gelé


Pygargue à tête blanche immature repéré dans le marais

Finalement, le plus intéressant à signaler en ce jour est la présence de quatre Pygargues à tête blanche dispersés dans le Grand Marais, dont 1 adulte et 3 immatures. Les gros rapaces sont posés près du méandre qui est à l’eau libre. Les pygargues sont entourés d’une cohorte de corneilles, ces dernières cherchant à leur voler des miettes de leur nourriture. Quant à la centaine de canards barboteurs et plongeurs confondus qui sont répertoriés dans le marais, les oiseaux se ramassent dans une autre section du méandre, loin des prédateurs!

Ayant terminé notre observation des espèces aquatiques dans le Grand Marais, nous nous rendons dans le chemin no. 3 afin de tenter de retrouver les Dindons sauvages repérés la semaine dernière. Nous retrouvons le couple, les oiseaux marchant près d’un boisé et d’un étang, picorant ici et là des bourgeons d’arbustes et grattant le sol avec leurs pattes fortes. Nous remarquons que le mâle arbore des couleurs plus accentuées sur la tête et la gorge. Il a pris des couleurs! Quant à la femelle, elle émet continuellement un cri discret, un son de poule, telle une lamentation. Nous croyons qu’il s’agit d’un cri de contact. Ce fut la fin de notre sortie ornithologique que nous avons trouvé fort intéressante!


Couleurs plus vives du mâle


La femelle en quête de nourriture



jeudi 21 avril 2011

Après la neige…

Suite à la tempête de neige qui a blanchis le sol depuis les deux derniers jours, le ciel s’est enfin dégagé en fin d’après-midi. Les vents de dégagement ont permis à un Pygargue à tête blanche bien pressé de migrer et ce, tardivement en journée. Prenant de l’altitude tout près de la maison vers 16h, l’oiseau a vite monté dans les airs pour ne devenir qu’un point, le rapace glissant sous les gros cumulus, direction nord-ouest. Il s’agit d’un pygargue qui a presque atteint l’âge adulte, un oiseau âgé de quatre ans. Sur la prochaine vidéo, remarquez la tête blanche ainsi que la queue blanche, cette dernière frangée d’une ligne sombre. Ce dernier critère trahit son âge. Ces temps-ci, nous assistons vraiment à un festival du pygargue!



 Vidéo du pygargue au-dessus de la maison

mardi 19 avril 2011

Les dindons de la farce

Toujours le 16 avril, après avoir observé le nid du Grand Corbeau, nous nous dirigeons ensuite vers le Grand Marais de Métabetchouan. Lorsque nous sommes arrivés, c’était un peu décourageant de regarder la plaine de glace recouvrant ce marais!


Plaine de glace du Grand Marais


Avec persévérance, déterminés à trouver un petit quelque chose, nous sortons notre attirail d’optique et scrutons chaque recoin du site gelé à 98%. Finalement, le long d’un méandre où l’eau libre traverse le marais, plusieurs Canard colverts, Canards noirs, Garrots à œil d’or, Grands Harles et quelques Bernaches du Canada étaient agglutinés autour de la rivière. Même que, un Pygargue à tête blanche adulte mangeait sur la glace, entouré d’une cohorte de Corneilles d’Amérique. Les Goélands à bec cerclé et Goélands argentés étaient aussi présents sur les glaces.

Le Grand Marais scruté à la loupe, nous décidons d’aller faire un tour de l’autre côté du marais dans le chemin no. 3. Et là… nous avons eu une surprise en observant nos premiers Dindons sauvages!


Un couple unie de Dindons sauvages


S’alimentant à des mangeoires ainsi que le long des plates-bandes, le couple de cette espèce visite sans gêne le parterre de plusieurs résidences. Voyez plutôt dans la prochaine vidéo le type d’endroit qu’ils fréquentent.



Dindons explorant un terrain privé

En voulant changer d’endroit, les oiseaux rencontrent parfois les résidents du chemin. Les gens du coin sont très surpris de voir sur leur chemin ces deux grosses bêtes déambuler sur le petit chemin et dans leurs cours. Germain et moi croyons que ces volatiles ont été relâchés par un particulier dans l’espoir que cette espèce se reproduise dans la région. En aucun cas les dindons n’ont traversé la réserve faunique des Laurentides de leurs propres moyens! Oubliez cela! Le Dindon sauvage se rencontre dans le sud du Québec. Sa population est en expansion. Cependant, les seules mentions du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont toutes considérées comme étant des oiseaux relâchés de captivité.


Un résident arrêté pour laisser le passage aux dindons


Toujours sur le chemin no. 3, nous poursuivons notre excursion le long du marais à la recherche de passereaux, en jetant un œil sur le marais par endroits. Nous avons eu l’agréable surprise d’observer deux Grues du Canada en migration, les oiseaux volant à moyenne altitude, au-dessus du Grand Marais. Ils ont poursuivi leur chemin sans s’arrêter.



Grues du Canada en migration

lundi 18 avril 2011

Site de nidification du Grand Corbeau

Samedi, le 16 avril, Germain et moi retournons au Lac Saint-Jean afin d’observer les oiseaux. Le mauvais temps annoncé pour le début de soirée ainsi que  la pression à la baisse ferme la porte au recensement des oiseaux de proie aujourd’hui. Cependant, nous espérons que les marais nous offrirons quelques espèces aquatiques en réserve. Notre premier arrêt s’effectue à Saint-Bruno afin d’aller vérifier s’il y a présence de Plectrophanes des neiges et lapons près de la meunerie. À notre passage… rien de tout cela. Mais, lorsque nous étions immobilisés sur un feu rouge, nous avons remarqué un nid d’une bonne dimension sur l’un des pylônes de transport d’énergie dans l’un des champs.


Le pylône qui accueille le nid de corbeau


Un coup de télescope nous révèle qu’il s’agit d’un nid de Grand Corbeau. De plus, un adulte couvait pendant ce temps. C’est pour nous la première fois que l’on détecte un nid dans cette structure particulière! Nous ne pouvons nous empêcher de constater qu’à cette hauteur, le nid doit passablement se faire brasser par tous les vents!


Photo démontrant le nid, coin supérieur gauche du pylône


Adulte au nid

dimanche 17 avril 2011

Les ailes du ciel

Lors de la matinée du 15 avril, alors que j’étais tout bonnement en train de déjeuner, je remarque sur les battures en face de la maison, les bernaches et les goélands qui s’envolent en catastrophe vers le large de la rivière Saguenay. Aussitôt, je prend mes jumelles et me met à la recherche du prédateur qui les a fait fuir. Une minute plus tard, je trouve le coupable : un Pygargue à tête blanche immature! Pendant cinq bonnes minutes, celui-ci fait des ronds lâches dans le ciel, soulevé par les vents forts. Par la suite, le pygargue se laisse dériver en direction de Chicoutimi. Ce fut un moment où le temps n’existait plus lorsque que je le filmais. En fait, je volais avec lui, à ses côtés…



Pygargue immature faisant des ronds dans le ciel

mardi 12 avril 2011

Terrain de forage

En cette magnifique journée chaude et ensoleillée du 10 avril, je suis à la maison et vaque à mes occupations. De temps à autre, je prends un moment pour aller dehors afin de me remplir de vitamines soleil et du même coup, récolter une dose de chaleur sur ma peau blanche hivernale. Cela me fait oublier le restant de neige qui est encore présent au sol dans la cour, mais qui sublime de jour en jour. C’est justement lors d’une de ces petites sorties que j’entends tambouriner le Grand Pic mâle. Comme à son habitude, celui-ci se tient au bout du poteau électrique près de notre stationnement. Nous sommes dans son territoire de nidification. En me dirigeant vers lui dans le but de prendre une photographie, le voilà qu’il s’envole et se pose non loin au sol. Je m’approche du pic discrètement. Tout en jetant un œil sur moi, le pic creuse un trou dans un arbre mort, les copeaux de bois revolant à côté de lui. Là où il est, une colonie d’arbres en dépérissement fait son bonheur. Soudain, un autre Grand Pic crie. Le deuxième pic étant proche, je me dirige vers lui sur la pointe des pieds, en m’affairant à faire le moins de bruit possible en marchant sur le gravier. Je repère une femelle, également occupée à creuser le tronc d’un arbre mort. Lorsque je ressens que je franchis sa limite de tolérance face à ma présence, je m’immobilise et profite de l’instant pour prendre une courte vidéo. Une fois sa séance d’alimentation terminée, elle va rejoindre le mâle. Puis, le couple s’envole silencieusement pour disparaître dans la forêt. En présence de ces oiseaux, je suis toujours aussi émerveillée par leur beauté et très impressionnée par leur grande taille!




Les nouveaux arrivants

En effectuant une petite ballade sur le sentier des Battures à Saint-Fulgence en fin d’après-midi, Germain et moi recensons l’Urubu à tête rouge au-dessus du village ainsi que trois Sarcelles d’hiver sur les battures de l’Anse-aux-Foins. Nous constatons que la migration progresse et que très bientôt, nous aurons beaucoup à faire pour recenser les espèces aquatiques qui arrivent en région!

lundi 11 avril 2011

Premier saut de l’année au Lac-Saint-Jean!


Étape 1 : Le samedi 9 avril, ce fut une véritable fête alors que Germain et moi effectuons notre première sortie officielle du printemps au Lac-Saint-Jean! La voiture remplie de vêtements, d’attirail ornithologique et de caméras, nous voilà partis à l’aventure. Rendu à Larouche vers 9 h 30, un arrêt d’urgence est nécessaire afin de photographier sur notre passage un Pygargue à tête blanche adulte qui s’élevait au-dessus des montagnes. Il aura une journée profitable de migration due aux excellentes conditions météorologiques. Ça commençait bien notre excursion! Concernant la prochaine vidéo, remarquez la vitesse à laquelle le pygargue se déplace grâce aux vents forts en altitude… Le vent dans les voiles!



Pygargue à tête blanche adulte en glisse


Étape 2 : Puis, nous avons visité les alentours de la coopérative agricole de Saint-Bruno pour tenter d’y détecter des Plectrophanes lapons, mais en vain. Cependant, des centaines de Plectrophanes des neiges étaient présents, profitant des résidus de graines laissées au sol au pied des silos pour s’y alimenter. À cet endroit, bon nombre de Pigeons bisets, d’Étourneaux sansonnets, un Moineau domestique ainsi que notre premier Bruant chanteur fut certainement la bienvenue, le chant de ce dernier un ravissement pour les oreilles!


Plectrophanes des neiges sur les fils électriques


Quelques plectrophanes qui se nourrissent dans les graines


Moineau et étourneau


Étape 3 : Direction Hébertville en empruntant le rang Sainte-Anne afin d’aller à notre « butte à rapaces ». Nous y sommes restés quelques heures afin d’inventorier les oiseaux de proie. Le recensement fut excellent avec cinq pygargues, un Urubu à tête rouge, 16 Buses à queue rousse, 8 Buses pattues, une Crécerelle d’Amérique et 2 Busards Saint-Martin.


Paysage du site à rapaces dans le rang Sainte-Anne à Hébertville


Pour visionner cette prochaine vidéo, accrochez-vous puisque ça va brasser un peu! J’ai filmé un pygargue immature qui passait au-dessus de nos têtes. Malheureusement, je n’avais aucun appui et j’étais à bout portant, l’oiseau étant au zénith. Désolée…



Pygargue immature âgé d’un an et demi (sub-adulte I)


D’autres grands rapaces de cette espèce ont migré au cours de ces quelques heures d’observation. Il s’agissait principalement de pygargues immatures volant à bonne altitude où le zoom a été nécessaire expliquant le léger floue dans les photos. On fait ce qu’on peut!


Un autre pygargue immature âgé d'un an et demi (sub-adulte I)


Étape 4 : Après avoir mangé un brin au resto du coin, nous sommes allés au Petit Marais de Saint-Gédéon. Comme vous le constaterez sur la prochaine photo, les canards, ce sera pour plus tard!


La passerelle menant à la plate-forme d'observation


Petit Marais de Saint-Gédéon complètement gelé


Printemps tardif au Lac-Saint-Jean!


Étape 5 : Retour à la maison… Une brève halte à l’Anse-aux-Foins à Saint-Fulgence en fin d’après-midi apporte des Canards noirs, Canards colverts et un peu plus de Bernaches du Canada. Finalement, des Carouges à épaulettes et des Quiscales bronzés commencent à se faire entendre. En ce moment, le marais de Canards Illimités est complètement gelé. Lentement, mais sûrement, les espèces aquatiques et les passereaux arriveront prochainement en grand nombre.


Anse-aux-Foins presque toute dégelée


Pour clore cette belle journée passée dehors...

dimanche 10 avril 2011

Le sizerin et le cône

Au cours de l’après-midi du 8 avril, alors que j’étais dehors pour effectuer une chasse photographique près de la maison, un Sizerin flammé femelle capte soudain mon attention. L’oiseau sautille ici et là dans la petite pente menant à la maison. L’observant de plus près, je remarque qu’il inspecte minutieusement les cônes d’Épinette blanche tombés de l’automne dernier. La neige ayant sublimée cette semaine dans cette parcelle du terrain, les anciens cônes sont maintenant à découvert. Afin de me mettre au niveau du sizerin,  je me mets à genou et me fais oublier afin de le photographier. N’étant pas farouche du tout, le sizerin se dirige vers moi, se déplaçant en vérifiant chaque cône qu’il voit sur son chemin. Il était si concentré que lorsqu’il était à six pouces de moi, j’ai eu l’idée de lui offrir une cocotte que je tenais du bout des doigts. Intéressé, il a aussitôt picoré le cône pour en extraire une graine! Ce moment m’a vraiment émue et m’a également fait sourire surtout quand j’entendais le craquement des écailles de la cocotte lorsque le bec de l’oiseau s’enfonçait dedans. Par la suite, le sizerin a poursuivi son chemin en descendant vers la maison. Je suis restée là, charmée par l’expérience que je venais de vivre. La vidéo qui suit illustre à la perfection ce que le sizerin s’affairait au cours de la séance photographique.

Petit rappel : Avec votre souris, deux cliques sur les photos et sur les vidéos pour en voir les agrandissements.



Sizerin flammé extirpant des graines dans le cône


Sentier des battures

Le soir même de cette journée magnifique, Germain et moi somme allés faire un tour sur le sentier des Battures afin de faire une marche de santé. C’était notre première incursion sur le trottoir de bois, encore enneigé par endroits. Dans l’Anse-aux-Foins, bordant le sentier, il n’y avait que quelques Bernaches du Canada bien silencieuses qui nous épiaient de loin. Puis, à la fin de notre séance de marche et d’observation, je n’ai pu résister à la tentation de prendre en photo un sublime coucher de soleil!


Coucher du soleil à partir du sentier des Battures

dimanche 3 avril 2011

Oiseaux en galère

Ce matin, Germain et moi étions ambivalent… Où irons-nous aujourd’hui? À L’Anse-Saint-Jean, à La Baie ou au Lac Saint-Jean? Puisque les espèces aquatiques ne sont encore arrivées dans la région, la meilleure chose à faire pour l’instant est de recenser les oiseaux de proie. Les conditions météorologiques sont parfaites : des vent d’ouest, un plafond élevé et la pression à la hausse. Face à notre indécision, je suggère à Germain de faire notre excursion : sur la galerie! L’endroit où nous demeurons offre toutes les montagnes qu’il faut pour y découvrir les oiseaux de proie. Cela étant réglé, en déjeunant, nous remarquons que les Goélands bourgmestres (surtout) migrent déjà, très tôt en matinée. Alors rapidement, nous enfilons nos vêtements d’hiver pour tenir tête au froid et au vent et nous voilà à l’affût de tout ce qui bouge dans le secteur. La première partie de notre matinée fut d’inventorier les goélands qui défilent à la queue leu-leu au-dessus des montagnes, derrière la maison. Contre un ciel bleu pur, les goélands paraissaient tels des anges blancs! C’est magnifique d’assister à leur migration, on pouvait les compter un par un lors de leur passage. C’est donc près de 200 Goélands bourgmestres qui ont survolé au-dessus de nos têtes, en plus de quelques Goélands argentés.


Goéland bourgmestre en migration


Goéland argenté en migration

Soudain, notre décompte de goélands est perturbé, puisqu’à très basse altitude, un immense Pygargue à tête blanche immature survole la maison! Celui-ci est immédiatement escorté par une meute de corneilles très mécontentes de la présence de l’intrus. Le pygargue était si près de nous que Germain et moi sommes estomaqué. Juste le temps de le prendre en photo et c’était fini!


Pygargue à tête blanche immature



Pygargue imature attaqué par les corneilles

Une fois remis de nos émotions, nous arpentons à nouveau le ciel afin de recenser les goélands qui voguent au-dessus du relief. Cependant, nous sentons un petit relâchement de la part de ceux-ci. Donc, c’est le moment d’effectuer un balayage au télescope sur la rivière Saguenay. Des garrots… des Grands Harles…hein? Sapristi, un pygargue! À environ un kilomètre au large, un Pygargue à tête blanche, adulte cette fois, est posé sur une glace à la dérive. Pendant une bonne vingtaine de minutes, nous l’observons à souhait. Par contre, nous avons eu toute une surprise en l’observant, que vous découvrirez en regardant la vidéo! Niet! Je ne vous dis plus rien!


Pygargue à tête blanche adulte sur la glace




Les nouveautés à Saint-Fulgence

Bien entendu, l’observation des Pygargues à tête blanche a volé la vedette aujourd’hui. C’était nos premiers du printemps. Puis, un mignon Junco ardoisé a visité discrètement notre petit coin, un premier migrateur!

En terminant, je vous montre mon superbe bouddha! Je n’ai pu résister à le prendre en cliché!


Écureuil bouddha!

samedi 2 avril 2011

Première sortie aux oiseaux

Au cours de la journée du 2 avril, Germain et moi avons fait notre première tournée des espèces d’oiseaux aquatiques le long de la rivière Saguenay, à Saint-Fulgence. Ce fut plutôt modeste comme départ car les canards barboteurs ne sont pas encore arrivés. Par contre, Germain a vu hier quatre Bernaches du Canada. Un bon signe que la débâcle ornithologique est sur le point de se produire! Pendant notre excursion, nous avons observé les cinq espèces de goélands (G. argenté, G. à bec cerclé, G. bourgmestre, G. arctique, G. marin) se nourrissants sur les battures. À un moment donné, les goélands et les corneilles se sont envolés simultanément, le temps de laisser un Faucon pèlerin affamé traverser le secteur. Venant d’arriver de migration, il s’agit sans doute d’un individu nichant à Saint-Fulgence puisque les parois du fjord offre à celui-ci un site idéal pour la nidification. Puis nageaient au large, une poignée de Garrots à œil d’or et près de 200 Grands Harles ont été recensés. À la fin de notre itinéraire, nous avons observé le Grand Corbeau faire des allés et venus près de son nid, ce dernier situé sous des escarpements rocheux d’une montagne en face de la rivière à la Loutre, le long de la route Tadoussac. Ce nid est réutilisé chaque année par les corbeaux.


Emplacement du nid de corbeau


Nid du corbeau


Après avoir sillonné les habitats aquatiques, nous sommes de retour à la maison. Durant l’après-midi, j’ai remarqué aux mangeoires la présence d’un Sizerin flammé de la sous-espèce « rostrata », une femelle, l’oiseau étant nouveau dans le coin. Alors, je suis sortie et me suis fait oublier afin de prendre des clichés. Malheureusement, l’oiseau que je voulais photographier était très actif et sautillait sans cesse. Ce ne fut pas une mince affaire de le capter sur pellicule! Après ma séance photo, j’ai dû jeter la plupart de mes photographies qui étaient toutes floues! En observant l’oiseau en question une bonne trentaine de minutes, j’ai pu relever les critères suivants, ce sizerin étant facilement repérable par un œil averti : l’oiseau était environ 10% plus gros que les autres Sizerins flammés; il portait de très fortes rayures noires sur la poitrine et les flancs, le plumage était brun foncé en général, la queue était plus longue et plus large que les autres sizerins avec le bout de la queue très échancrée, il portait une calotte rougeâtre peu étendu sur la tête, le bec était jaune tirant nettement sur l’orangé, le menton était beaucoup plus étendu que les autres sizerins et le groupe de plumes sous la queue (sous-caudales) portait de grosses rayures noires. Était également présents parmi le groupe des sizerins, deux Sizerins blanchâtres de la sous-espèce la plus commune « exilipes » et une centaine de Tarins des pins.


Sizerin flammé de la sous-espèce rostrata


Puis, en pivotant sur moi-même près des mangeoires, j’ai croqué sur le vif un Durbec des sapins. Ce fut ensuite le tour de la Sittelle à poitrine rousse à passer sous la lentille de la caméra.


Durbec des sapins


Sittelle à poitrine rousse


À cette période de l’année, les oiseaux hivernants sont moins nombreux, car ils commencent à migrer vers le nord. Puis, comme les passereaux du sud ne sont pas encore arrivés, nous traversons en ce moment une période plus tranquille, du moins aux mangeoires.


Avec ma signature habituelle, je vous invite à contempler un énigmatique coucher de soleil pris il y a deux jours.