Par Claudette Cormier

jeudi 31 mars 2011

BEC NUPTIAL

Chez beaucoup d’espèces d’oiseaux, le plumage est remarquable au printemps par leurs couleurs souvent flamboyantes. Cependant, lorsqu’on pense aux Gros-becs errants, leur plumage est toujours pareil et ne change pas d’une saison à une autre. Il n’y a pas vraiment de fantaisie à ce niveau. Sauf que… il se passe un petit quelque chose pour se faire remarquer. Comme ce sont des gros-becs, tout se passe au niveau de la coloration du bec et non du plumage ! Durant l’hiver, la couleur du bec est ivoire, tel que nous sommes habitués de les voir. Puis, au mois de mars, une petite transformation a lieu. Au fil des semaines, le bec chez les mâles et les femelles devient verdâtre, un vert pomme tendre qui s’accentue encore plus en avril et en mai.


Gros-bec errant mâle en hiver avec son bec ivoire


Gros-bec errant mâle avec son bec verdâtre en mars


Gros-bec errant femelle en mars ayant également un bec verdâtre


LA DÉBÂCLE

Depuis que le brise-glace le Louis Saint-Laurent a sillonné les eaux du fjord pour réduire en miettes la mer de glace, Saint-Fulgence est enfin devenu libre de glaces ! Depuis quelques jours, nous revoyons à nouveau les vagues et écoutons leurs ressacs. Une pure merveille après les longs mois d’hiver ! Je trouve cela très spécial qu’au Saguenay, nous ayons recours à un brise-glace, la raison principale étant pour la navigation. La région est située très à l’intérieur des terres et sans la présence de ce brise-glace, la rivière Saguenay et le fjord ne serait dégagé qu’à la fin avril probablement. Parfois, on se croirait en zone arctique dans mon petit patelin !


Les berges se dégageant de ses glaces


mercredi 30 mars 2011

À BOIRE !

Ces jours-ci, le front froid qui perdure empêche la neige de fondre. Comme tout être vivant, les oiseaux ont soif et ont besoin de se désaltérer. Dans cette quête d’eau, j’ai observé leurs comportements en ce sens, me trouvant au pied de l’enrochement qui borde le stationnement. Voyons ensemble ce que les Tarins de pins, ces petits génies, ont trouvé comme moyen d’étancher leur soif.



Tarin ayant trouvé son robinet



Tarin mangeant son sorbet de neige


Deux tarins s'abreuvant à même la gouttière de la maison


Pendant que je croquais sur le vif les tarins en train de boire, une magnifique Sittelle à poitrine rousse est venue faire un petit tour. Elle n’a pas bu, mais s’affairait plutôt à fouiller le sol pour manger des petites graines. Ça fait changement de l’observer sur des roches et non dans une épinette…



Sittelle à poitrine rousse concentrée à s’alimenter


Pour terminer ce message, je vous laisse sur une photo de traces de tarins. Ils ont tellement piétiné autour des mangeoires, que je crois que ce sont eux qui vont faire fondre la neige dans ma cour !


Multitude de traces de tarins



mardi 29 mars 2011

L’enrochement

Bordant le côté nord de notre stationnement, un petit enrochement de granite rose attire bon nombre d’oiseaux. Lorsque les rayons du soleil frappent ce mur de roc, les Tourterelles tristes vaquent à leurs occupations préférées ; c’est-à-dire, celles de paresser et de roupiller sur les pierres pendant des heures, tout en se faisant chauffer la couenne. Mais pour les observateurs d’oiseaux, quand les tourterelles sont immobiles, elles « disparaissent » dans le décor, devenant à peine détectable. La coloration beige rosé de leur plumage se marie à merveille avec le granite. Même si je sais que c’est leur endroit favori, il y en a toujours qui m’échappent à l’œil tellement le camouflage est parfait.


Le stationnement et une vue sur l'enrochement


Le muret de granite rose


Dans cette prochaine photographie se trouvent 8 tourterelles. Six d’entre elles sont faciles à détecter alors que deux sont très difficiles à observer. Pour l’une, on y voit que la tête et l’autre la queue. Pouvez-vous localiser toutes les tourterelles ? Pas de prix à gagner, seulement la satisfaction de soi ! Cliquez deux fois sur la photo pour l'agrandir.


Camouflage parfait des tourterelles

jeudi 24 mars 2011

Geais bleus (j’ai les bleus)

La plupart des gens adorent les Geais bleus. Moi, je vous les donne ! Depuis que j’ai des mangeoires en milieu forestier, en demeurant à Saint-Fulgence, j’ai appris au fil des années à mieux connaître les divers comportements de cette espèce. Dans le monde des oiseaux, le Geai bleu est un baveux ! Jour après jour, particulièrement le matin, les geais s’affairent à chasser en groupe tout oiseau dans le secteur. C’est qu’ils sont très territoriaux et possessifs de leurs aires d’alimentation. Ratissant toutes les mangeoires de notre secteur (trois résidences collées), ils utilisent plusieurs stratégies pour faire fuir les oiseaux qui veulent s’alimenter au poste.

Voici des comportements dont je suis témoin quotidiennement :

1) Ils crient à tue-tête sur une longue période. Leurs cris subits (jay ! jay !) font sursauter les volatiles qui mangent paisiblement. Cependant, les oiseaux s’habituent à leurs cris et reviennent au poste.
2) D’une façon soudaine, les Geais bleus sortent de la forêt en fou pour simuler l’attaque d’un prédateur. Très efficace, mais les oiseaux reviennent vite.
3) Lorsque les oiseaux sont perchés en groupe dans les arbres, les geais foncent directement dans le tas afin de leur faire savoir qui sont les maîtres du coin. Les oiseaux sont apeurés temporairement, mais retournent manger peu après. Aussi, si les petits oiseaux sont déjà en train de se nourrir dans les silos à graines, les geais foncent sur eux pour les déloger. Bref, ils m’énervent ! Je les compare aux gangs de rue qui créent des méfaits dans les grandes villes. Ils arrivent en groupe et font de la casse !

Pour le prochain clip, je vous propose de mettre en fonction vos caisses de son d’ordinateur afin d’écouter les cris de Geais bleus.



Geai bleu répondant à un autre individu


Même entre eux, j’ai observé qu’il y a des individus dominants, cherchant à faire la loi, tentant d’établir une hiérarchie. Une fois, j’ai joué un sale tour au chef d’un groupe de Geais bleus. Dans le passé, je mettais des cacahuètes (je n’en mets plus) car cela les occupait un bout de temps et ils ne se concentraient plus sur les autres oiseaux. Par contre, j’avais remarqué que le chef de la bande prenait beaucoup trop de place à mon goût puisqu’il voulait toutes les cacahuètes à lui tout seul, tout en se jetant sur ses adversaires Hé bien, j’ai tellement déposé de cacahuètes partout que le chef ne savait plus quoi faire ! Les geais subalternes arrivaient de toute part et repartaient aussitôt avec leur butin. Vous auriez dû voir l’expression du chef ! Il était complètement hébété face à la mutinerie. Il fonçait sur un et plusieurs autres arrivaient et repartaient. Ce jour-là, je crois lui avoir donné une bonne leçon !


Beau, mais pas commode


Jasons un peu tarins

Quand on se donne la peine de vérifier aux jumelles chaque Tarin des pins, on constate comment le plumage est varié (plus ou moins de jaune, plus ou moins de rayures). L’ornithologue pourra même aller plus loin en regardant de plus près leurs becs, car des anomalies peuvent êtres détectées. Je vous montre deux becs difformes pris récemment. Cependant, avec cette première photo, je vous démontre d’abord ce qu’est un bec normal de tarin :


Bec normal

Bec plus fort et plus long

Bec légèrement croisé à son bout


Et pour terminer le dossier des tarins aujourd’hui, je vous fais ÉCOUTER via ce vidéo ce qu’on fait les tarins lorsqu’ils sont dérangés par les Geais bleus.



Pour clouer le bec aux Geais bleus


Les nouveautés ornithologiques à Saint-Fulgence

Depuis environ une semaine, les Corneilles d’Amérique ainsi que les Grands Corbeaux effectuent du transport de matériel (branchages) pour la confection de leurs nids. C’est commencé pour la saison de nidification ! Aussi, concernant les corbeaux, plusieurs dizaines d’entre eux ont migré cette semaine du sud au nord, traversant la rivière Saguenay. Il est connu que certains corbeaux hivernent en région alors que d’autres se déplacent plus au sud (du Québec ou au nord des États-Unis) pour profiter des ressources alimentaires. Les corneilles font de même.

Circulant au-dessus de la rivière Saguenay, les cinq espèces de goélands sont maintenant couramment observées : G. à bec cerclé, G. argenté, G. bourgmestre, G. arctique, G. marin. Lorsqu’il fait noir, j’entends jaser les goélands au large de la flèche littorale ! Presque à tous les jours, les goélands sortent du fjord et migrent vers l’ouest. Ça doit être plein de goélands au dépotoir à l’Ascension au nord du Lac Saint-Jean ! La Grande-Décharge à Alma devrait être également recensée…

À quelques kilomètres de Saint-Fulgence, deux observateurs différents ont aperçu des gros rapaces tournoyants très lentement dans le ciel en fin de semaine dernière. Ce sont probablement des Aigles royaux.


Avec grand plaisir, je vous laisse sur ce magnifique coucher de soleil, la photo prise de ma galerie. Depuis quelques semaines, le soleil a rapidement migré vers l’ouest et le nord-ouest. Je suis sur le point de le perdre derrière le cap des Roches pour le reste de la saison printanière et l’été.


Coucher de soleil photographié hier le 23 mars

samedi 19 mars 2011

L’heure du bain

Avec le gel et le dégel de la glace à la surface du sol, les oiseaux ont l’œil sur les sources d’eau dès qu’elles sont disponibles. Tout près de la galerie, où de l’eau de pluie et de fonte se sont accumulées en une mare, il n’en fallait pas plus pour que les Tarins des pins sautent dans la piscine publique. Les oiseaux aiment tellement se baigner, je m’interroge à savoir s’ils ont le temps de se sécher les plumes avant la nuit, lorsqu’ils se trempent en fin d’après-midi. Voici un clip pour les gens qui adorent ce genre de scène tout comme moi :




Ensuite, au cours de cette même après-midi, un Durbec des sapins mâle s’est également offert une baignade. Je me demande s’il n’est pas allé un peu trop fort...




Ne touche pas à mon mec!

Tout juste avant l’heure du dîner le 17 mars, je jette un œil sur les mangeoires comme à l’habitude, question de voir s’il y a du nouveau… Non, tout est normal. Cependant, à travers la porte d’entrée, j’entends très bien le tambourinement d’un Grand Pic. Observé plusieurs fois dans mon secteur, je suis certaine qu’il est sur le poteau électrique près du stationnement de la voiture. Chaque printemps, un mâle vient clamer son territoire ici. Je sors donc sur la galerie et comme de fait, il tapote bruyamment le poteau en question. Illico, je prends ma caméra et monte ma petite pente vers le stationnement pour aller le rejoindre.

À peine suis-je rendu sur le site que le Grand Pic mâle s’envole. Zut! Je l’ai effarouché. Mais, non! Attendez une petite minute! Devant moi, entre des branchages, il y a trois Grands Pics qui se chamaillaient en criant à gorge déployée, tous sur le même tronc d’arbre! C’est pour moi très impressionnant d’observer leurs comportements intriguant avec en prime le côté sonore qui rentre à plein dans mes oreilles. Au début de mon observation, j’avais la nette impression que cette querelle se faisait entre mâles afin d’obtenir les faveurs d’une femelle. Cependant, c’était une toute autre histoire.

Vidéo montrant les trois Grands Pics. Je vous suggère de mettre le son pour les entendre. N'oubliez-pas que si vous double-cliquez sur le vidéo, vous le verrez en plus grand format.

 

 
Puis subitement, dans le groupe de pics en furie, le mâle prend la poudre d’escampette et disparaît dans la forêt. Un calme relatif s’installe. Soudain, les deux pics qui restent se déplacent en même temps pour se poser de chaque côté d’un même tremble. C’est à ce point que je réalise qu’il s’agit en fait de deux femelles! S’ensuit alors ce que je crois être une séance d’intimidation entre femelles, le tout se faisant silencieusement. En effet, les deux pics tournent autour du tronc de l’arbre et dès qu’ils se voient, ils se cachent derrière. On dirait un jeu enfantin où l’on pourrait entendre : « Ça y est! Je te vois! » et l’autre répondant : « Non! Tu ne m’as pas vu! Je suis caché! » Inlassablement, les femelles Grands Pics tournent et tournent encore autour du tremble, répétant ce manège (c’est le cas de le dire!). Parfois, une femelle pointe son bec vers le ciel ou bien ouvre brusquement les ailes afin d’impressionner son adversaire. C’est une véritable dispute pour mettre la main sur le mâle qui tambourinait quelques minutes auparavant!

Vidéo montrant les deux femelles s'intimidant.



 
Me rapprochant d’eux à pas de gélinotte, les pics ne s’occupent guère de ma présence. J’en profite alors pour prendre des clichés et clips vidéo de leurs comportements que je trouve très intéressants. Après une vingtaine de minutes, j’ai très hâte que ceux-ci fassent autre chose que de m’étourdir avec leur cirque. Finalement, ils s’envolent et se posent tout près. Les oiseaux commencent à se nourrir sur un vieux tremble mort, fatalement martelé et creusé par cette espèce dans le passé. Au bout de cinq minutes, l’une des femelles quitte les lieux et disparaît dans la forêt. Je ne sais pas si ce crêpage de chignon aura atteint son but. Selon la littérature, les couples de Grands Pics sont monogames, unis pour la vie. Il semblerait que les règlements de compte se font entre mêmes sexes : les femelles chassent les intruses et les mâles s’occupent des intrus. En tout cas, je me sens extrêmement privilégiée d’avoir pu assister à cette scène de ménage! J’en ai beaucoup appris sur les comportements intimes chez cette espèce!


Femelle pointant son bec, comportement d'intimidation.


Deux superbes Grands Pics femelles

mercredi 16 mars 2011

Quatuor de sizerins

Au cours du 14 mars, j’ai vécu un moment inoubliable ornithologiquement parlant. En fait, ce sont les sizerins qui ont captivé mon attention ce jour-là. Tout a commencé avec la présence très remarquée d’un Sizerin blanchâtre de la sous-espèce « hornemanni », un superbe mâle. C’est de la visite rare, même pour notre région nordique. Évidemment, je me suis dépêchée à prendre illico des preuves photographiques.


Le sizerin ressortant du lot

En effectuant la séance photo près des mangeoires (avec un tarin sur la tête en quête d’une graine), j’ai réalisé que j’avais tout près de moi une manne rare de plumages de sizerins. Cela m’a inspiré à créer un spécial « sizerin » comme message de blogue.


LE SIZERIN FLAMMÉ

Tout d’abord, tout le monde connaît le Sizerin flammé, les mâles portant des couleurs de type rose gomme intense sur la poitrine. Cette espèce niche communément dans la partie nord du Canada. Son nom latin est « Carduelis flammea flammea ». Jusque là, tout est régulier dans les observations des sizerins.


Sizerin flammé mâle de la sous-espèce « flammea »

Ensuite, une surprise de taille s’ajoute au tableau des sizerins. Parmi le groupe d’oiseaux, un timide Sizerin flammé, de la sous-espèce « Carduelis flammea rostrata » a fait son apparition. Difficile à prendre en photo à cause de sa méfiance naturelle, un jeune mâle de cette sous-espèce est venu s’alimenter aux abords des mangeoires, se mêlant peu aux autres sizerins. Il est un peu plus  gros que les autres Sizerins flammés et porte de très larges rayures sur les flancs. Son plumage est d’allure sombre en général, surtout sur la face avec ses joues brunes et l’absence d’une raie blanchâtre au-dessus de l’oeil. Le bec est un peu plus fort en taille, très orangé et le noir du menton est plus étendu. La queue est un peu plus longue et assez échancré à son bout. Fait intéressant, cette sous-espèce niche plus au nord que ses congénères, soit à l’île de Baffin et au Groenland. De la visite rare du nord et certainement très apprécié !


Sizerin flammé mâle de la sous-espèce « rostrata »


LE SIZERIN BLANCHÂTRE

Habituellement, est il assez fréquent de détecter un Sizerin blanchâtre au travers d’une bande de Sizerins flammés lors d’invasion, si on s’en donne la peine. De la taille de son cousin, son apparence plus « blanchâtre » le rend facile à identifier. Son nom latin est « Carduelis hornemanni exilipes ». Cette espèce niche dans la toundra, dans la zone Arctique. Encore là, il s’agit d’une observation normale.

Le cadeau du jour est la présence non pas de un, mais de deux Sizerins blanchâtres de la sous-espèce « Carduelis hornemanni hornemanni », un mâle et une jeune femelle ensemble !


Deux Sizerins blanchâtres de la sous-espèce « hornemanni »

Même lors d’invasion de sizerins certains hivers, il n’est pas donné d’avoir cette « race » à ses mangeoires ! Il faut signaler que sa présence demeure toujours un événement. Le Sizerin blanchâtre de type « C. h. hornemanni » niche plutôt sur l’île d’Ellesmere, sur l’île de Baffin et également au Groenland. Ce sizerin est très impressionnant d’abord par sa taille nettement supérieure aux autres sizerins et à sa blancheur. Ce sizerin donne l’impression d’être une « balle de neige ». De plus, la petitesse de son bec est disproportionnée par rapport à sa grande taille. Chez le mâle, la poitrine est teintée rose pâle. Quand à la femelle immature, le haut de la poitrine est chamois et porte deux rayures grises foncées sur les flancs. La taille est comparable à celle du mâle.


Sizerin blanchâtre « exilipes » à l'avant et « hornemanni» à l'arrière


S. blanchâtre femelle immature de la sous-espèce « hornemanni »


S. blanchâtre mâle adulte de la sous-espèce « hornemanni »


S. blanchâtre mâle adulte de la sous-espèce « hornemanni »

Ce jour-là, la chance a été avec moi… Observer les deux espèces de sizerins, avec leurs sous-espèces correspondantes (en une heure à peine) est un évènement rare. Je me souviendrai de ce jour très longtemps !


Nouvelles ornithologiques :

Au cours de cette semaine, plusieurs Corneilles d’Amérique ont traversé la rivière Saguenay, du sud au nord. Ces nouvelles arrivantes me réjouissent le cœur et les oreilles, contrairement à bien des gens je dois l’avouer.

Chaque matin, j’observe des Goélands bourgmestres au large du Saguenay et leur nombre augmente de jour en jour (17 individus le 15 mars). S’ajoute à la liste d’arrivants des Goélands arctiques (2 individus le 15 mars), ainsi qu’un premier Goéland argenté (16 mars) et ensuite, un couple de Goélands à bec cerclé le même jour!

Les Tarins des pins diminuent maintenant en nombre : 120 oiseaux le 15 mars. Il était temps ! J’étais sur le point de les mettre au régime tellement ils sont bedonnants ! Mon budget pour l’achat des graines va pouvoir souffler un peu.

Chants entendus en ce jour ensoleillée du 15 mars : la Tourterelle triste, la Mésange à tête noire, le Tarin des pins et les pics qui tambourinent allégrement (Pic mineur, Pic chevelu, Grand Pic).

En fin de journée (15 mars), alors que j’allais dans la cuisine pour rincer de la vaisselle, j’ai eu tout un choc en regardant par la fenêtre de la porte d’entrée qui donne une vue sur les mangeoires. C’est la première fois que je vois cette espèce dans mes installations destinées pour les oiseaux ! Cette observation m’a beaucoup impressionné !


Grand Pic sur le bloc de gras


Sur une note amusante, je vous souhaite un bon début de printemps !


Écureuil à la sortie de son tunnel

dimanche 13 mars 2011

Comment découvrir l’Aigle royal en migration

Vouloir observer un Aigle royal en migration n’est pas une mince affaire. Par contre, avec l’expérience que j’ai acquise au fil des années en effectuant des inventaires d’oiseaux de proie, je commence à percer leurs secrets. Je vais tout vous révéler à leur sujet. Pour les intéressés, allons-y point par point.

Afin de localiser des Aigles royaux adultes, l’observation s’effectue en région de la mi-mars à la mi-avril. Cependant, le pic de migration se situe entre le 20 mars et le 10 avril. Où observer? Là où il y a des montagnes et de l’eau. C’est la combinaison gagnante. Les corridors connus de migration sont : le long de la rivière Saguenay (Chicoutimi, La Baie, Canton Tremblay, Saint-Fulgence) ; aux abords de la Réserve faunique des Laurentides (Laterrière, Lac Kénogami, Hébertville, Métabetchouan, Lac-à-la-Croix, etc.) et en bordure du lac Saint-Jean, particulièrement à Saint-Méthode à l’ouest du lac et à Saint-Gédéon à l’est du lac. Puisque les oiseaux de proie n’aiment pas traverser les grands plans d’eau comme le lac Saint-Jean, les rapaces migreront de chaque côté du plan d’eau en remontant vers le nord.

Avant tout, localisez un site potentiel pour y effectuer de l’observation sur place. C’est plus efficace que de faire de la voiture en faisant plusieurs arrêts sur des sites variés. Très important, apportez avec vous une chaise, des vêtements chauds et de quoi manger parce que l’observation des aigles s’échelonne sur plusieurs heures. Aussi, ne tenez aucunement compte de la quantité de neige sous vos pieds. Les aigles n’en tiennent pas compte eux. Ceux-ci sont d’excellents chasseurs de gibier et sont des oiseaux très débrouillards.

Voilà tout ce qu'il faut!

En ce qui concerne les heures d’observation en mars, vos chances augmentent entre 11 h et 16 h. En avril, vous devrez être sur le site plus tôt, vers 9 h. Cela s’explique. Il faut savoir que les Aigles royaux sont des grands oiseaux et ils ont besoin de conditions météo précises pour s’élever dans le ciel. Ils ont besoin que l’air ambiant se réchauffe pour créer des thermiques (colonnes d’air chaud créées par le soleil). En mars, l’air prend plus de temps à produire des thermiques. Donc, les oiseaux migrent plus en après-midi. Par contre, en avril, le temps se réchauffe plus vite le matin. Alors, les aigles peuvent migrer plus tôt en journée. Point important : si les vents d’ouest sont présents, les aigles vont migrer dès le matin. Les conditions optimums sont du soleil et du vent.

Avec mon expérience directe sur le terrain, à vérifier les dates de migration tout en associant les conditions météorologiques, j’ai trouvé que les meilleures journées pour observer les Aigles royaux sont : un plafond du ciel élevé (même s’il y a présence de nuages ou de légères précipitations), avec des vents modérés ou forts de quadrant ouest ou sud-ouest et très important : avec une pression atmosphérique à la hausse (consulter votre poste météo la veille de votre excursion et avant de partir pour effectuer vos observations). La pression atmosphérique est la clé qui me manquait pour mieux comprendre la migration des oiseaux de proie en général. Les oiseaux sont très sensibles au moindre changement de pression. Lorsque celle-ci est à la baisse, les oiseaux migrent très peu et souvent pas du tout. Cependant, quand la pression est à la hausse, même s’il y a des précipitations légères, les rapaces migrent. Cette notion a été maintes fois vérifiée sur le terrain. Elle peut faire la différence entre une journée plate ou une journée payante.

Avec les années, j’ai peaufiné ma méthode d’observation afin de trouver à l’horizon les aigles et pygargues en migration. Prenez vos jumelles et vérifiez lentement le sommet de la chaîne de montagnes. Si un point apparaît dans vos jumelles et que l’oiseau plane avec lenteur, identifiez-le sur le champ à l’aide d’un télescope. Aussi, n’oubliez pas de regarder souvent le ciel au-dessus de votre tête. Observez très fréquemment l’horizon aux jumelles, car les aigles peuvent s’élever très rapidement surtout lorsque les vents forts sont présents. Dans la région, vous ne verrez probablement jamais un Aigle royal posé. Les ornithologues n’ont pas le choix de l’observer alors qu’il migre. C’est pourquoi il est si difficile de le voir. Ce ne sera pas facile… Les longueurs de temps où le ciel est vide et les courbatures vous guettent. Il faut une forte volonté pour contempler brièvement un Aigle royal dans le ciel. Mais, les efforts en valent la chandelle. Lorsque vous aurez vu votre Aigle royal, croyez-moi, vous voudrez en voir d’autres.

Surveillez le plafond du ciel

Vérifiez le sommet des montagnes avec vos jumelles

En terminant, la même méthode s’applique pour observer le Pygargue à tête blanche en migration. Certains jours, vous localiserez les deux espèces! Ce sera la fête!

Bonne chance!

samedi 12 mars 2011

Jour de verglas

Malheureusement, au cours de la nuit du 10 au 11 mars, plusieurs millimètres de verglas sont tombés du ciel. À mon avis, il s’agit du pire type de précipitation à recevoir. Évidemment, les épisodes de verglas sont très difficiles pour nous, mais le sont également pour la faune aviaire. Lorsqu’une telle situation se produit, il est souhaitable d’aider les oiseaux à se nourrir en dégageant les mangeoires de la glace et mettre illico des graines au sol.

Voici quelques scènes croquées sur le vif le matin du 11 mars alors que les oiseaux cherchaient à s’alimenter coûte que coûte. Je croyais que les Tarins des pins avaient migré, cependant, un nuage de 400 individus a traversé le ciel lors d’une attaque-surprise de l’un des petits prédateurs du coin que je n’ai pas eu le temps d’apercevoir.


Gros-bec errant entouré de verglas



Dans l'eau de fonte...


Durbecs des sapins ensemble aux mangeoires


Sizerin flammé mâle


Sizerin blanchâtre femelle ou immature


Dans le petit cabinet logé sur la porte-fenêtre, les tarins jouaient dur pour conserver leur priorité dedans comme en témoigne ce vidéo :



Ça brasse dans la cabane!

mercredi 9 mars 2011

Le tour du propriétaire

Soyez la bienvenue ! Aujourd’hui, je vous invite cordialement chez moi. Nous allons faire un tour d’horizon de mon petit patelin. Suivez-moi alors que nous ferons un tour de propriétaire de mon site d’observation des oiseaux à Saint-Fulgence. Les photographies démontrent le paysage actuel en fin de saison hivernale.

Lorsqu’on se rend à la maison (direction est), nous empruntons un chemin forestier qui longe la route Tadoussac. Seulement un petit écran d’arbres nous cache de la route principale.


Notre chemin

Une fois stationné, nous avons une vue partielle sur la rivière Saguenay en observant en direction sud-ouest et ouest. De la maison, nous voyons l’entrée du fjord, la flèche littorale, le cap des Roches, les battures de Saint Fulgence et le long du rang Saint-Martin à Chicoutimi, pour finalement regarder au loin la ville de Chicoutimi.


Notre petite maison



La descente pour se rendre à la maison


Du côté est se situe la porte d’entrée avec une vue sur les mangeoires. Quant à la porte-fenêtre et à la fenêtre du salon qui font face au sud-ouest, ce sont mes principaux sites d’observation où j’ai la possibilité de découvrir de nombreuses espèces d’oiseaux.


Paysage par la porte d'entrée



Mon poste d'observation


Selon l’angle où je regarde, je peux voir le cap des Roches et la flèche littorale, direction nord-ouest.


Vue dus alon sur le Cap des Roches


Vue par la porte-fenêtre de la rivière Saguenay


Les dernières nouvelles ornithologiques 

Depuis deux jours, le soleil brille avec vigueur et le beau temps semble avoir favorisé le déplacement des Tarins des pins. Il y a quelques jours à peine, les bordées de neige à répétition avaient ramenées aux mangeoires un minimum de 400 oiseaux. Maintenant, près d’une centaine se maintiennent au poste d’alimentation depuis que le système de haute pression est en place.

Cet après-midi, en nourrissant à la main quelques tarins, le fameux Épervier brun adulte est sorti de sa cachette. Il a capturé avec une adresse et une rapidité incroyable un tarin sous mes yeux et est reparti avec dans la forêt. En trois secondes, tout était fait ! Je vous laisse le souvenir de l’oiseau défunt…


Une plume de tarin...


Hier le 8 mars, sous ce soleil radieux, la Mésange à tête noire, la Tourterelle triste, le Durbec des sapins et bien évidemment le Tarin des pins ont chanté leurs douces mélodies. Puis, dans l’azur, les Grands Corbeaux effectuent des prouesses aériennes en guise de parade nuptiale. Ensuite, un Grand Pic est venu tambouriner quelques minutes sur le poteau électrique près de la demeure ce qui a ajouté un plus dans ma banque sonore de cette journée ! Les oiseaux hivernants se sentent fébriles !

dimanche 6 mars 2011

Ils sont de retour !

Pendant cette impressionnante bordée de neige de 20 cm, un minimum de 350 Tarins des pins se sont vite rués aux mangeoires. Germain et moi avons dû remplir les quatre silos à graines de tournesol à trois reprises afin d’assouvir leur appétit féroce. Même en pelletant la neige, les oiseaux ne s’occupaient aucunement de nous. Peu importe le bruit et le mouvement de la pelle traîneau à quelques pouces d’eux, il fallait les disputer pour qu’ils se poussent de notre chemin. Aujourd’hui, pas de signe de l’Épervier brun. Cependant, un Faucon émerillon a capturé en vol un tarin et est parti avec, l’oiseau pendant au bout de ses serres.



Un petit rappel de l’activité aux mangeoires


Tarin sur une branche enneigée de conifère, mangeant une graine


Devant la porte-fenêtre, nous avons déposés du chardon sur une table d’appoint. Ce fut leur journée où on les a traité en invités V.I.P. Aucune poussière de chardon n’est restée sur cette table à la fin de leur repas.


Nos invités mangeant à table le chardon


Tarins sur le garde de la galerie, en file d’attente pour aller manger


Gros-bec errant au flanc touffu vu depuis quelques jours


Après le mauvais temps, une lueur d’espoir

jeudi 3 mars 2011

Poules des bois

Depuis que nous vivons à Saint-Fulgence, ce qui fait maintenant huit ans, nous avons fait plus ample connaissance avec la Gélinotte huppée et son mode de vie. Tout a commencé lorsque furent installées les mangeoires à graines de tournesol. Lorsque les nombreux passereaux s’y alimentaient, cela semblait attirer la curiosité des gélinottes. Tard l’automne, en hiver et au début du printemps, ces dernières se perchaient dans les bouleaux tôt le matin et tard en fin de journée, picorant après les strobiles des bouleaux (petits épis pendant au bout des branches). En fin de compte, l’une d’elles s’est approchée des mangeoires pour goûter au fruit défendu. Tranquillement, les gallinacés ont délaissé les strobiles pour se délecter des graines de tournesol tombées des silos. Germain et moi savions que les gélinottes pouvaient être attirées aux mangeoires en déposant des grappes de fruits sauvages, mais c’était tout à fait nouveau pour nous de les observer picorer les graines avec coeur. Encore à ce jour, elles arrivent presque systématiquement au début du crépuscule. Elles sont drôles, car en fin de journée, elles apparaissent aux abords du sous-bois pour s’immobiliser et vérifier l’environnement avec une prudence exemplaire. « Pas de prédateurs… Pas de chats… Pas trop d’achalandage aux mangeoires… Alors, nous pouvons nous y aventurer » semblent-elles se dire. À pas de gélinotte, c’est-à-dire avec une méfiance naturelle au moindre mouvement ou au bruit, elles arrivent l’une après l’autre, de toute direction pour se retrouver ensemble au centre de la cour, grattant le couvert de neige pour avoir accès aux graines autour des mangeoires. Avec les années, nous croyons que nous avons dénaturé les gélinottes, celles-ci préférant manger les graines de tournesol au lieu des strobiles des bouleaux. Quotidiennement, entre deux et quatre individus se rallient dans la cour au début du crépuscule. Par contre, nous avons déjà eu jusqu’à huit gélinottes d’un coup avec un mâle paradant devant la troupe de femelles. C’est très spécial à voir!

Pour ceux qui reçoivent ce message par courriel, je vous suggère d’aller directement sur le site pour visionner la vidéo. Double-cliquez dessus pour l’agrandir.

Je vous invite également à diffuser l’adresse de ce blogue à vos proches et amis. Tout le monde est invité à visiter virtuellement mon petit patelin et les oiseaux! Mon but est de sensibiliser les gens à la beauté et au merveilleux du monde des oiseaux!

À l'aube...




Une gélinotte s'approchant des mangeoires



Une gélinotte inquiète

mercredi 2 mars 2011

Voici le coupable


Épervier brun aux aguets


Ce matin, dans la tempête, l’Épervier brun était perché sur le bouleau non loin des mangeoires. Celui-ci était à l’affût de tout ce qui bougeait autour. Soudain, trois Tarins des pins se sont posés tout près de lui, Évidemment, en une fraction de seconde, les tarins sont partis en catastrophe à la vue du prédateur et ô malheur pour eux, il les a poursuivi.

Voici les conséquences concrètes des multiples attaques aux mangeoires par l’épervier :


Ravage de l'épervier...

Cherchant à fuir l'épervier, décès d'un tarin au pied de la porte

Plus tôt cette semaine, avec toute cette neige tombée, les nombreux Tarins des pins sont accourus au poste d’alimentation malgré la menace de l’épervier qui arrive à l’improviste. N’ayant pas leur fond, les pattes ne pouvant toucher le sol, ils se déposaient sur la neige pour manger leurs graines. Leur posture est comique. On dirait qu’ils couvent sur leur nid.


Tarin dans la neige épaisse

Souvent, on ne réalise pas assez que, pour un tarin, manger une seule graine de tournesol est un geste plutôt laborieux. Petit bec oblige…



Tarin et sa graine de tournesol (cliquez deux fois sur le vidéo)