Par Claudette Cormier

lundi 21 octobre 2013

Blanc comme neige

Rassurez-vous... ce n'est pas moi qui est blanche comme neige. Il n'est pas non plus question de peur ou d'épouvante avec l'approche de l'Halloween. Il s'agit plutôt de blanc comme Oies des neiges. Eh oui, nous n'avons pu résister de retourner à La Baie lors du 19 octobre 2013. Germain et moi avons pris la route tôt ce matin vers cette destination, mais un peu avec hésitation puisqu'il pleut des averses. Cependant, plus nous nous approchons de La Baie, plus la pluie devient éparse. Au bout de quarante-cinq minutes, nous sommes arrivés dans le secteur du Musée du Fjord à Grande-Baie où deux Urubus à tête rouge nous survolent en comité d'accueil. Voilà qui nous donne espoir. Si les oiseaux migrent malgré le plafond bas, c'est que bientôt, le temps va se réparer. Aussitôt, nous téléphonons à nos amis de La Baie qui viennent nous rejoindre illico. Après nos salutations chaleureuses, les hommes proposent que l'on marchent jusqu'au bout du quai afin d'avoir une meilleure vue sur les oies qui s'alimentent pendant la marée basse. Ainsi, nous nous rendons joyeusement au bout du quai où des trésors ailés nous attendent...


Paysage de la baie


Le quai de Grande-Baie


Aussitôt rendus au bout du quai, nous nous affairons à observer chaque volatile. Ce n'est pas si facile puisque nous sommes confrontés aux forts vents d'ouest qui soufflent. Et si par malheur il y a un trou dans le veston, on le sait tout de suite à cause du froid qui rentre et qui nous frigorifie sur le champ. Face aux intempéries, nous sommes contents d'être vêtus de nos doudounes, tuques, foulards et mitaines. Et comme nous effectuons de l'observation sur place, toutes les conditions sont réunies pour que l'on gèle. Revenons à notre excursion. Nous sommes accompagnés de nos amis Serg Tremblay et de Hugues Simard. Pendant que les hommes cherchent d'autres espèces d'oies et repèrent des colliers jaunes avec codes alphanumériques sur les oies pour Serg qui les prends en note, moi, je m'affaire à rechercher des aigles ou fait des vidéos d'oies lorsque le moment s'y prête.


Les trois ornithologues occupés


À la recherche de colliers jaunes chez les oies


Notre ami Hugues Simard concentré


Serg et sa grosse caméra (n'est pas un télescope!)


Oies des neiges à l'ouest du quai


Oies des neiges à l'est du quai

Chacun étant dans sa bulle, nous poursuivons nos observations. Le vent transporte à nos oreilles les cris d'oies qui crient sans cesse. Et comme la marée commence à monter, nous sommes de plus en plus entourés d'oies. Il est impossible pour moi de décrire en mots toute la beauté de ces oiseaux et de l'effet que cela donne lorsqu'elles sont réunies en une énorme masse blanche. Des anges blancs... un peu bruyants certes, mais d'un blanc éclatant qui jette un coup de lumière vif sur les rives de la baie. Pendant toute la journée, des volées d'oies arrivaient en grande pompe, criant à pleins poumons, arquant leurs ailes pour casser leur vol et atterrir en se balançant. Mon dieu que c'est beau, beau, beau!


Hallucinantes oies!

Nous étions bien ensemble ce matin, seuls au monde au bout du quai, dans le vent et dans ce froid de canard en compagnie des oies. Par contre, à cause de la marée montante, nous nous sommes déplacés et nous sommes retournés sur la piste cyclable, car les oies étaient plus près du rivage. Et là, en début d'après-midi, le soleil est sorti en faisant des clins d'oeils derrière les nuages, nous apportant un peu de chaleur. Cependant, le soleil a également fait sortir les gens qui étaient de plus en plus présent. Oh, bien sûr... il y a eu d'autres Ti-counes ainsi que des aéronefs qui ont fait paniquer les oies. Soupir. Que faire pour qu'ils comprennent que leurs égoïsme dérangent les oiseaux en repos? Une aspirine quelqu'un, s'il vous plaît.


 Dérangement par un hélicoptère

Afin de vivre une magnifique journée malgré les irritations, je me retire dans mon for intérieur. Me concentrant sur la recherche d'aigles, je n'entend plus la cacophonie des oies ni la cacophonie des gens qui s'amassent autour de nous. Il est vrai qu'une série de télescopes érigées sur la piste cyclable est bien tentant pour les curieux qui passent à tour de rôle. Pour une solitaire comme moi, c'est difficile d'observer dans ces conditions. J'ai l'impression d'être près d'un centre d'achats où les gens accourent pour venir voir ce qu'il y a d'intéressant. Je ne suis pas là pour animer un groupe, je suis là pour chercher des aigles! C'est mon loisir à moi! Foutez moi la paix enfin! Heureusement, Serg et Germain se sacrifient et répondent aux questions des gens et leur montrent des oies dans leurs télescopes pour les contenter.

Nous avons passé la journée entière derrière le musée. Nous avons estimé le nombre des oies à 20 000 aujoud'hui! Dans le lot, une Oie de Ross a été repérée, trois Bernaches de Hutchins étaient aussi présentes. Il y avait une vingtaine d'oies portant des colliers jaunes pour Serg et à mon grand plaisir, j'ai trouvé un Faucon pèlerin et deux Aigles royaux en migration, ma récompense!


Une jolie Bernache de Hutchins


Oie des neiges portant un collier jaune : la TK78


Une Oie des neiges juvénile


Oie des neiges adulte de forme bleue


Ma récompense : un Aigle royal!

Il est environ 16h30 et la journée tire à sa fin... La lumière baisse drastiquement. Tranquillement, nos amis nous quittent. Le monde aussi. La piste cyclable se vide. Il n'y a que les oies qui continuent à crier. Pendant que la marée monte à vue d'oeil, presqu'aux deux minutes, des groupes d'oies s'envolent vers les champs alors que d'autres arrivent sur les lieux. Plus haut encore dans le ciel, de nombreuses volées d'oies filent plein sud et migrent. Ayant passé la journée dehors, accompagnée d'une amie commune, nous allons déguster un bon repas chaud bien mérité au restaurant. Finalement, nous quittons La Baie, les sens émoustillés par les magnifiques images et les sons d'oies qui nous ont résonné dans la tête durant toute la soirée. C'est vrai. Lorsque c'est devenu silencieux dans la maison, j'entendais en sourdine la cacophonie des oies. Germain aussi. J'ai ouvert la porte en pensant qu'il y avait peut-être une horde d'oies qui jacassait sur la rivière Saguenay en face de chez moi à Saint-Fulgence. Mais non, le son venait de mon esprit! Cela m'a impressionnée... À nouveau, nous avons vécu une merveilleuse rencontre avec nos amis, avec ces belles Grandes Oies des neiges et mes Aigles royaux chéris. L'abondance existe.


En fin de journée, la marée blanche

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