Par Claudette Cormier

lundi 30 mai 2011

Les stations d’épuration des eaux usées


Seriez-vous à la recherche d’une activité ornithologique qui soit différente? Aimeriez-vous faire une activité qui vous tiendra occupé tout l’été jusqu’à tard l’automne? Êtes-vous ouvert à une toute nouvelle expérience dans l’observation des oiseaux? Je vous convie donc de vous rendre à la station d’épuration des eaux usées de votre choix! Vous grimacez de « dégoût »? Avant de dire non, donnez-moi la chance d’illustrer mon point de vue en lisant ce qui suit.

Vous vous demandez peut-être : « Pourquoi diable veux-tu qu’on aille observer les oiseaux à une station d’épuration des eaux usées au lieu d’aller se balader dans un joli parc? » Parce que ce milieu puant regorge d’insectes et que les oiseaux s’en nourrissent! Oublions les préjugés… D’emblée, je vous propose de commencer un inventaire d’oiseaux dès maintenant. Bien des surprises peuvent arriver à visiter ce milieu artificiel! Certaines stations d’épuration seront dans un milieu ouvert alors que d’autres seront peut-être un peu plus forestier, selon la localité.


Une station d'épuration des eaux


Les bassins

Habituellement, les stations d’épuration abritent deux ou trois bassins d’eau entourés d’une clôture. Le but de votre inventaire est de faire le tour de la station d’épuration une fois semaine. Si le site est accessible et que vous pouvez jeter un œil sur les bassins à travers la clôture, alors recensez tout ce qui bouge dedans. La raison est que les stations d’épuration des eaux usées peuvent héberger des canards, des limicoles et des passereaux. Au fil des semaines, vous allez rencontrer des oiseaux nicheurs ainsi que des oiseaux migrateurs. Par exemple, le Canard colvert, le Canard souchet et le Canard d’Amérique peuvent nicher dans ces étangs. Chez les limicoles nicheurs, on peut s’attendre à recenser le Pluvier kildir et le Chevalier grivelé. Du côté des passereaux, le Carouge à épaulettes est susceptible d’être observé pendant la saison de nidification. Puis, lors de la période migratoire au printemps et à l’automne, d’autres espèces pourront être vues dans les bassins ou tout près tels : Petit Fuligule, Garrot à œil d’or, Grand et Petit Chevalier, Chevalier solitaire, Bécasseau minuscule, Goéland à bec cerclé, Jaseur d’Amérique, Étourneau sansonnet, Paruline à croupion jaune, Bruant chanteur, etc. Allez-y et expérimentez! Après plusieurs visites, vous vous rendrez compte que les oiseaux sont présents dans cet habitat particulier.


Un couple de Canard colvert


Petits Fuligules et Canard chipeau


Famille de Canard d'Amérique


Petit Chevalier


Hirondelle bicolore


Jaseur d'Amérique


Paruline à croupoin jaune

En plus, la méthode est simple comme bonjour! À votre station d’épuration, faites-en lentement le tour. Silencieusement et discrètement, marchez à pas de gélinotte (mouvements lents) afin de ne pas effaroucher les oiseaux. Observez ce qui se passe à l’intérieur de l’enceinte. Recenser les stations d’épuration est une activité très agréable à faire. Les stations sont des petits milieux « contrôlable » par l’observateur. Vous allez vite vous familiariser avec les espèces du coin. Lorsqu’il y aura du nouveau, vous le saurez. Au moindre changement, vous le saurez. Vous pouvez également dresser une liste des espèces recensées dans ces milieux. Vous serez étonné du résultat.

samedi 28 mai 2011

Sur la flèche littorale, un plectrophane

Depuis quelques jours, Germain se rend sur la flèche littorale afin de vérifier la présence de Bécasseaux violets. Chaque fois qu’il y va, il croise un Plectrophane des neiges qui semble se plaire à vivre sur l’épi rocheux. Il s’agit d’une femelle. L’oiseau a été observé du 22 au 24 mai. À ces dates, cette espèce est normalement arrivée dans son aire de nidification qu’est le Grand Nord. Peu farouche, l’oiseau se nourrit bien et n’est pas blessé. Par contre, celui-ci est peut être malade ou manque d’énergie pour entreprendre sa migration. Quoi qu’il en soit, le 24 mai, j’ai accompagné Germain sur la flèche littorale. Il y avait peu de limicoles, mais le plectrophane était là! J’en ai profité pour le filmer, l’oiseau étant très coopératif. Il était si peu impressionné par notre présence, qu’il a même baîllé. Durant cette soirée, les vents étaient à écorner les bœufs, alors je vous propose de fermer vos hauts-parleurs! Également, un double-clique sur la vidéo vous permettra d’obtenir un agrandissement de l’image.



Vidéo du Plectrophane des neiges 1



Vidéo du Plectrophane des neiges 2

dimanche 22 mai 2011

Découverte d’un Goéland brun à Saint-Fulgence


Lors du long congé de la fête des Patriotes, Germain et moi quittons tôt le matin du 21 mai pour faire une ballade au Lac Saint-Jean. Nous avons envie de nous distraire un peu. Mais en passant près du marais de Canards Illimités à Saint-Fulgence, un groupe de goélands, posés dans le champ jonchant le marais, a attiré mon attention. Dans ce groupe de goélands, un oiseau de petite taille et très foncé m’a immédiatement interpellé. Demi-tour!

Cliquez une fois sur les photos et deux fois sur les vidéos pour les agrandir.


Groupe de goélands et de canards dans le champ


Le Goéland brun au centre


Stationné sur le bord de la route, il s’avère que le petit goéland au plumage foncé est un rare Goéland brun! Il s’agit d’un immature au plumage de premier été. Nous avons passé une bonne trentaine de minutes sur les lieux afin de vérifier tous les critères chez l’oiseau, car il dormait presque toujours. Nous avons dû attendre qu’il se lève la tête pour voir la coloration du bec qui est un critère important à relever.


Goéland brun immature de 1er été



Vidéo du Goéland brun fatigué! 

Les principales caractéristiques pour identifier un Goéland brun immature posé sont d’abord sa taille. Il est à peine plus gros qu’un Goéland à bec cerclé. Donc, la taille se situe entre le Goéland à bec cerclé et le Goéland argenté. Ensuite, ce qui frappe chez l’oiseau est son plumage brun noir. La coloration n’est jamais brun chocolat au lait comme chez le Goéland argenté, mais plutôt chocolat noir comme chez le Goéland marin. Puis, ce qui le différencie des autres goélands immatures est son bec. À cet âge, il est souvent entièrement noir. Les autres goélands immatures ont un bec en deux tons au printemps et en été.

Soudain, tous les goélands qui se reposaient dans le champ lèvent dans les airs en même temps! Germain me pointe du doigt le coupable de cette panique : un Busard Saint-Martin qui patrouille les environs! Heureusement, Germain détecte le Goéland brun en vol et me signale sa présence alors que l’oiseau revient au sol et se pose au même endroit! J’ai tout juste le temps de le filmer lors de sa descente! Lors du clip, l’on perçoit le croupion blanc de l’oiseau et sa queue noire. Très important, il n’y a pas de « fenêtres » pâles qui paraissent dans les rémiges primaires S’il y avait des fenêtres dans les rémiges primaires, il s’agirait d’un Goéland argenté immature.



Vidéo du Goéland brun retournant au sol


Nous sommes très heureux de cette rencontre avec cette espèce! Et avant de partir, nous remarquons un Petit Chevalier qui se pose dans le fossé au pied de la voiture. Celui-ci a vite avalé un vers! Même si le clip est pris à contre-jour, on voit bien la scène malgré tout.



Petit Chevalier avalant un ver 


Comme vidéos surprises du jour, je vous montre un superbe Crapaud d’Amérique pris dans un ruisseau dans le rang Sainte-Anne à Métabetchouan. Par contre, ces jours-ci, il y en a partout qui chante! Depuis que je suis née, j’ai toujours eu un faible pour les grenouilles et les crapauds! Quant à notre excursion au Lac Saint-Jean, rien à signaler. Le système météo d’est qui persiste depuis une dizaine de jours fait en sorte que le tout est tranquille au niveau ornithologique.



Le concert du crapaud partie 1



Le concert du crapaud partie 2

mardi 17 mai 2011

Le Grand Défi QuébecOiseaux


Annoncé depuis quelque temps, tous les ornithologues du Québec étaient conviés à participer à la première édition du Grand Défi QuébecOiseaux les 13 et 14 mai 2011. Ce jeu ornithologique consiste à faire de l’observation sur place pendant 24 heures, de 18h le 13 mai à 18h le 14 mai, en inventoriant le maximum d’espèces d’oiseaux. Le choix du site d’observation se veut personnel aux observateurs du Québec. Les ornithologues sont restreints à demeurer dans un cercle de dix mètres de diamètre. Des équipes d'observateurs peuvent se relayer afin d’effectuer le 24 heures. Règlement à suivre, les partenaires d’observation doivent tous les deux voir ou entendre les oiseaux.

Pour voir le site du Grand Défi QuébecOiseaux avec les règlements et la carte des équipes participantes, cliquez ici.

Depuis plusieurs semaines, Germain me talonnait pour effectuer ce défi ornithologique. Ma motivation n’était pas à la hausse, car j’éprouvais des troubles de sommeil qui me causait de la fatigue. Le dernier jour de l’inscription, Germain ne lâcha pas son os. Il me voulait pour le défi. En plus, en jetant un œil sur les prévisions météo, je n’étais pas réjouit de voir à l’horizon de la pluie durant cette fin de semaine accompagnée de vents d’est. Finalement, après des négociations, j’ai acquiescée à sa demande en lui imposant certaines conditions pour me donner un coup de main concernant ma santé pour l’ornithologue en ménopause que je suis.

Alors, nous voilà officiellement inscrits parmi les 25 équipes du Québec qui participent au Grand Défi QuébecOiseaux! Nous avons choisi notre site! Ce sera la plate-forme d’observation surplombant le marais de Canards Illimités située sur la rue Saguenay à Saint-Fulgence. Nous avons beaucoup d’expérience avec ce site et savons qu’il a énormément de potentiel pour recenser les oiseaux. Lorsque l’on est sur la plate-forme, nous avons, à nos pieds, le marais de Canards Illimités qui regorge de grèbes, foulques, canards barboteurs et canards plongeurs. Autour du belvédère, un milieu simili-urbain entouré d'une forêt mixte nous apportent les différents passereaux qui circulent. Devant nous, la rivière Saguenay et l’Anse-aux-Foins ajoutent à notre listing plongeons, oies, bernaches, canards de mer, cormorans, goélands, limicoles et rapaces. De plus, sur chacune des rives longeant la rivière Saguenay, il y a des montagnes qui sont parfaites pour repérer les oiseaux de proie qui prennent leur envol. Puis, près du marais, un petit champ accueille à l’occasion des busards et des pluviers. Pour nos yeux et oreilles d’ornithologues, ce site est excellent. Il y a quelques années, nous avions recensés 62 espèces en une heure seulement!


Belvedère choisi pour le Grand Défi



Le marais de Canards Illimités à nos pieds



Les battures, la rivière Saguenay et les montagnes



Une partie du marais et les battures de l'Anse-aux-Foins


Le 13 mai à 18h, nous sommes sur le belvédère avec notre attirail optique. Nos jumelles, nos télescopes et notre optimisme sont au rendez-vous. Germain donne le signal. C’est parti! Je dois avouer que je me sens nerveuse et lance une petite prière au dieu du Grand Défi. Malgré la pluie qui tombe et les légers vents d’est qui soufflent, le premier trente minutes est un feu roulant! Sans interruption, Germain et moi écoutons et observons les oiseaux, pointant nos doigts dans toutes les directions. Germain s’occupe de localiser les espèces aquatiques dans le marais et moi, je scrute la rivière Saguenay et l’Anse-aux-Foins. À cause du temps froid et gris, la visibilité est excellente pour l’observation à longue portée. Par contre, les passereaux ne chantent pas beaucoup. Nous poursuivons notre ballet chorégraphié d’ornithologues, se déplaçant d’un télescope à un autre, se montrant les espèces trouvées! Au bout de la première demi-heure, à 18h30, nous avons déjà 48 espèces à notre actif. C’est un départ canon, mais tout n’est pas joué, loin de là! Graduellement, nous ajoutons des espèces d’oiseaux à notre liste pour un total de 57 espèces à 21h. Nous terminons notre soirée avec des oiseaux crépusculaires tels la bécassine, la bécasse et un grand-duc qui passe en vol devant nous. La noirceur arrivant, nous prenons la décision d’aller dormir au lieu de recenser les oiseaux en migration nocturne. Nous serons plus en forme demain matin. Nous n’avons pas d’équipe pour prendre le relais durant la nuit et aussi, la pluie n’a pas cessé de tomber depuis 18h00.

Le lendemain matin, nous sommes de retour au même site à 6h30. Nous sommes stockés en sandwichs, collations et café afin de rester sur place une bonne partie de la journée. Donc, nous voilà à nouveau sur le belvédère à recenser tout ce qui bouge dans le patelin. Quant à la météo de ce matin, la pluie a cessé. Par contre, le temps demeure gris et froid. Au cours de la journée, nous avons bien performé pour les groupes principaux d’oiseaux. Cependant, ce sont les parulines qui nous ont cruellement manqués! Seulement quatre espèces d’entre-elles ont été observées dans le marais! Même les Parulines à croupion jaune ne voulaient pas chanter une note! De plus, nous avons dû identifier celles-ci au télescope, les parulines se nourrissant discrètement dans les chatons des saules. Seulement une Paruline des ruisseaux à daigner chanter à deux reprises. Mais pour le reste, nous avons tiré notre épingle du jeu. Voici quelques statistiques concernant les principales familles de l’avifaune présente durant le 24 heures : 20 espèces anatidés (oies et canards); 8 espèces de rapaces (avec urubus); 10 espèces de limicoles; 6 espèces de goélands; 8 espèces de bruants; 4 espèces de parulines!

En fin d’après-midi, la fatigue  nous gagne sérieusement… Nous constatons que plus rien ne bouge et que notre liste est complète. Pour relaxer entre des épisodes d’observation, nous regardons avec amusement nos copains ailés qui nous ont tenu compagnie toute la journée. En effet, des Bruants à couronne blanche ont chanté toute la journée et nous avons encore leur chant dans nos têtes! Voici un clip qui démontre un bruant de cette espèce juché sur un rocher et qui s'affaire à manger une graine. Voyant d’autres bruants arriver près de lui, il décide de clamer son aire d’alimentation en chantant. En faisant cela, la graine qu’il a dans le bec a été éjectée! Ayant craché sans faire exprès son butin pour chanter, il s’en rend soudainement compte, escamote son chant et cours après sa graine! C’était vraiment hilarant de le voir faire!



Chant territorial du Bruant à couronne blanche


Finalement, en fin d'après-midi, le cerveau ne fonctionne plus… Nous mettons fin au concours du Grand Défi QuébecOiseaux à 16h avec un total de 90 espèces sur notre liste! Germain et moi sommes satisfait de notre performance, car nous avons tout donné côté expérience et énergie.


Le repos du guerrier!

 
Nous retournons à la maison, exténués, heureux, les images et les sons roulant encore dans nos têtes. Ce concours a été très exigeant au niveau physique, mais nous nous en remettrons vite! Et pour terminer cette journée en beauté, nous sommes récompensés par un superbe coucher de soleil au nord-ouest!


Tout feu tout flamme!


lundi 16 mai 2011

Tarin des pins de forme « verte »


Au cours de l’hiver 2010-2011, plusieurs Tarins des pins ont envahis nos mangeoires, parfois par centaines d’individus. Certains ornithologues se sont posés des questions à savoir pourquoi certains tarins arboraient un plumage plus pâle, teinté de jaune et si peu rayés sur la poitrine et les flancs, contrairement à la majorité des oiseaux au plumage foncé. Aujourd’hui, pour répondre à ces interrogations, je laisse place à Germain Savard et à son excellent article paru dans la revue Le Harfang de mai 2011 pour expliquer le tout. Vous n’avez qu’à cliquer sur le lien afin d’accéder à l’article dont il est question, illustrer avec des photos en couleurs. Vous avez également accès à une galerie de photos démontrant différents plumages de tarins qui ont été prises par Germain et moi à nos mangeoires cet hiver.

Pour consulter l'article couleur publié dans Le Harfang de mai 2011, cliquer ici.


Galerie de photos prises à Saint-Fulgence en février et mars 2011 par Germain Savard et Claudette Cormier.


Remarquez le couleur jaune verdâtre du dos



Comparaison avec un individu normal en haut



Fines rayures sur les flancs



Le jaune sur les ailes est évident



Très facile à localiser au travers des autres tarins



Les rayures sur le dos sont plus fines



Parties inférieures très pâles



Coloration jaune verdaâtre des parties supérieures caractéristique



Rayures des parties inférieures très fines



mercredi 11 mai 2011

L’aéroglisseur

Aujourd’hui, pas d’oiseaux dans mon sujet de conversation! La cause est que depuis deux jours, l’aéroglisseur de la garde-côtière vient amarrer les bouées de navigation sur la rivière Saguenay, de Saint-Fulgence à Chicoutimi. La machine est étonnante par sa structure et sa forme ainsi que par le bruit qu’elle émet à des kilomètres à la ronde. Pas besoin de vous dire que les oiseaux prennent la poudre d’escampette pour la journée avec les va-et-vient constant de l’aéroglisseur. Quant à moi, je suis toujours surprise d’observer cet appareil impressionnant dans l’entrée du fjord et j’aime le regarder manœuvrer sur l’eau. La présence de cette machine au Saguenay est spéciale, car la région est située très à l’intérieur des terres, dans le ventre du Québec. Que les marins effectuent leurs travaux jusqu’ici me fascine littéralement.

La prochaine vidéo vous démontre le paysage actuel où je demeure. Lorsque je vais zoomer, vous verrez en passant la flèche littorale avec quelques pêcheurs. Puis, je zoom au maximum pour mettre l’aéroglisseur en vedette.



L'aéroglisseur allant vers Chicoutimi

mardi 10 mai 2011

Excursion à l’Anse-aux-Foins


Le même jour du 8 mai, après notre super inventaire des Plongeons huards, nous nous arrêtons dans le secteur de la rivière-à-la-Loutre afin de regarder de plus près les espèces aquatiques qui séjournent sur les battures, au pied de la route Tadoussac. Nous en profitons également pour jeter un œil sur le nid du Grand Corbeau, juché à flanc de montagne de l’autre côté de la route. Nous voyons l’adulte nourrir deux jeunes qui sont déjà de la taille des parents. Ce ne sera pas long avant que les immatures prennent leur premier envol et quittent le nid!


Grand Corbeau adulte au nid


Par la suite, nous filons vers l’Anse-aux-Foins où nous constatons que des centaines d’Oie des neiges s’empiffrent le bec le long des battures lors de la marée descendante.


Les Oies des neiges dans l'Anse-aux-Foins


Dès notre arrêt près de la première entrée de village de Saint-Fulgence, une petite oie est détectée dans la masse blanche. C’est une Oie de Ross qui dort dans la cacophonie!


Oie de Ross qui dort


Afin de photographier et de filmer l’Oie de Ross, nous sommes restés sur place presque une heure. Ce fut difficile, car l’oiseau s’est soudainement activé et il se fondait dans le groupe d’oies où il disparaissait littéralement. Nous devions le retrouver. De plus, les vents forts du nord-ouest qui se sont levés nous ont donné un quotient de difficulté supplémentaire pour le photographier. Avant de vous montrer la vidéo de l’Oie de Ross, regardez dans le prochain clip comment l’Oie des neiges se nourrit. Elle enfonce carrément la tête dans la boue pour en extirper des racines. Quant à l’Oie de Ross, on dirait qu’elle redoute de se salir, picorant seulement du bout du bec les petits herbages restant à la surface. Vous ne verrez jamais une Oie de Ross avec une tête sale! Et le picot brun sur son flanc est une éclaboussure provenant d’une autre oie. Oh! Si elle savait…



Aucune crainte de se salir…



Oie de Ross s’alimentant proprement


Évidemment l’Oie de Ross est identifiable par sa taille minuscule comparée aux autres oies, son cou trapu, sa petite tête arrondie, son plumage immaculé, son bec court ayant la base bleutée et sa façon de s’alimenter qui est « propre ». Prenez note que cette espèce est rare en tout temps.

Puis, nous avons fait la tournée de l’anse en marchant sur le Sentier des Battures pour observer à nouveau une autre Oie de Ross, sans picots sur les flancs! À l’une des plate-forme d’observation, j’ai craqué pour le Canard souchet. Un couple présent sur les battures ne s’occupait guère de la cohue des gens qui circulaient sur le trottoir en cette fin de semaine de la Fête des Mères! À voir s’alimenter les canards, je crois que ceux-ci manquent un peu de bonnes manières à la table, la boue coulant du bec après une séquence de filtrage!



Canards souchets s’alimentant

lundi 9 mai 2011

Migration de Plongeons huards


Tôt le matin, lors de la journée du 8 mai, Germain et moi décidons de nous rendre à la halte routière Valin, située aux portes de Saint-Fulgence. Toutes les conditions semblent réunies pour aller observer la migration des Plongeons huards. Cependant, il y a de la brume à couper au couteau et nous devons attendre que le plafond lève pour faire notre inventaire. Pour tuer le temps, nous roulons tranquillement le long de la route Tadoussac en jetant un œil dans marais de Canards Illimités. Il n’y a rien à faire ici, on y voit strictement rien! Par contre, dans le champ cultivé avoisinant le marais, nous remarquons des Goélands à bec cerclé et des Goélands arctiques qui se reposent sur les labours.


Goélands dans la brume au repos dans le champ cultivé


Question de vérifier l’identité des goélands, nous les scrutons aux jumelles. Durant notre observation, j’ai pris le temps de filmer le groupe d’oiseaux. En même temps, un accouplement de Goélands à bec cerclé a eu lieu! Donc, dans la prochaine vidéo, vous entendrez (activez vos hauts-parleurs!) les « ha! ha! ha! » répétés du goéland mâle. Ce cri spécial n’est entendu que lors d’un accouplement. À la blague, nous préférons vous aviser que la prochaine vidéo comporte des scènes de sexe XXX destinées aux adultes avertis!



Accouplement de Goélands à bec cerclé


Ensuite, nous nous dirigeons vers la halte routière Valin, malgré la brume épaisse qui sévit encore. Seuls à la halte, nous nous affairons à recenser les oiseaux à l’oreille en regardant les Bernaches du Canada nager et disparaître dans la brume.


Bernaches nageant sur la rivière Saguenay


Pendant que nous faisons le pied de grue à attendre que la brume se dissipe, j’ai un moment pour vous expliquer le but de notre excursion. En mai, les Plongeons huards migrent tout le mois. Les oiseaux partent du fleuve Saint-Laurent, parcourent le fjord et continuent leur route le long de la rivière Saguenay. Basé sur notre expérience de terrain, nous savons que le pic de migration des huards se situe entre le 8 et le 12 mai. C’est dans ces dates que nous recensons une bonne quantité de plongeons en quelques heures à peine. Idéalement, il est préférable d’être deux personnes pour localiser les oiseaux qui sont en vol. Certains plongeons volent au-dessus de la rivière Saguenay en se dirigeant vers Chicoutimi, alors que d'autres bifurquent à l’intérieur des terres en empruntant la vallée de la rivière Valin. Ces huards prennent un raccourci. Leurs intentions est de migrer vers le nord-ouest et d’atteindre le lac Saint-Jean et encore plus au nord si cela leur est possible. Le rôle à nous ornithologues est de faire de l’observation sur place et de repérer les plongeons qui volent à haute altitude. Nous localisons les oiseaux, chacun dans une direction opposée. Germain regarde vers le fjord (est) et devant le rang Saint-Martin (sud) à Chicoutimi. Dans mon cas, j’observe le ciel au-dessus des montagnes qui longent la route Tadoussac (nord).

Nous croyons que la migration des plongeons a du potentiel aujourd’hui, car un front froid vient de passer, la pression est à la hausse, le plafond sera élevé après le départ de la brume, les vents sont calmes et nous sommes dans les bonnes dates. Disons que c’est un coup de dé calculé. Bon… Le soleil qui est en train de réchauffer l’air fait son œuvre. Nous commençons à voir un peu du paysage.


Paysage qui se réveille


Puis, la lumière reluit partout, la brume étant dissoute! J’en profite pour vous montrer rapidement les lieux de notre observation. Les prochaines photographies démontrent les montagnes vues du côté de Saint-Fulgence puis de Canton-Tremblay que la plupart des plongeons empruntent en longeant la rivière Saguenay avant de rentrer à l’intérieur des terres.


Halte routière en regardant vers l'Est


Halte routière en regardant vers le Nord


Aussitôt la visibilité devenue excellente, voilà déjà que des Plongeons huards se pointent le bout du bec! Cette espèce est très matinale et normalement commence à migrer dès l’aube, habituellement vers 6h30. Mais comme la brume est présente ce matin, nous avons aperçus les premiers oiseaux vers 7h30. Les plongeons se déplacent en solo ou en petites bandes détachées. C’est vraiment un beau phénomène à observer! Également, il faut savoir que les volatiles migrent à bonne altitude et qu’ils peuvent être difficiles à détecter. Des balayages successifs aux jumelles en direction du fjord et au-dessus des montagnes sont une excellente stratégie pour les détecter à l’avance. Mais aujourd’hui, nous sommes bénis puisque le plafond du ciel est nuageux. Cela rabat un peu les plongeons en altitude et ils sont plus faciles à observer sur un fond de nuages que dans un ciel bleu pur. La prochaine vidéo montre un plongeon en migration, l’oiseau étant zoomé. L’autre vidéo démontre une bande de sept oiseaux volant ensemble afin de donner une meilleure idée du style de vol et de leur grosseur dans le ciel.



Plongeon huard en migration



Groupe de Plongeons huards en migration


Pendant une heure et demi, c’est un feu roulant où Germain et moi pointent à tour de rôle les oiseaux dans le ciel. Devant, derrière, au zénith, les Plongeons huards migrent d’une façon très concentrée et nous n’avons pas le temps de chômer aux jumelles. À la suite de ce blitz, nous sommes demeurés sur place jusqu’à 11h30 question de s’assurer que la migration est terminée pour aujourd’hui. En tout, nous avons comptés 304 plongeons en moins de deux heures d’observation! Le lendemain, Germain est retourné sur le site aux mêmes heures et il n’a recensé que trois oiseaux… Pour assister à ce fascinant phénomène où les oiseaux migrent massivement, il faut choisir LA bonne journée où toutes les conditions sont réunies!

À la fin de notre excursion, un dégagement s’ensuit, laissant entièrement la place au soleil de s’exprimer. Mais pour la migration des plongeons, tout était fini déjà. La prochaine photo illustre bien la queue d’un système dépressionnaire balayé par un front froid qui s’installe. Puis, je termine le message en vous faisant voir une photo du fjord, là où le phénomène de migration prend tout son ampleur!


Le dégagement des nuages



Le fjord!

dimanche 8 mai 2011

Les nouveaux arrivants au Grand Marais


Le 7 mai, Germain et moi retournons à nouveau au Grand Marais de Métabetchouan pour suivre la migration des espèces aquatiques. Encore à cette date, le lac Saint-Jean est gelé. En arrivant, nous croyions que les oiseaux seraient plus nombreux encore que la fin de semaine dernière, mais nous avons été quelque peu surpris. En effet, le nombre d’Oie des neiges et de canards en général a chuté un peu. Par contre, dans le troupeau des 4 000 oies s’alimentant dans le marais et d’un modeste 300 Bernaches du Canada, une vérification minutieuse nous a fait découvrir deux Bernaches de Hutchins (pas pu photographier) et 12 Bernaches cravants! Concernant cette dernière espèce, il est très particulier de les apercevoir à cette date très hâtive et de les observer parmi les Oies des neiges. Habituellement, les Bernaches cravants migrent à la fin-mai et au début juin, les oiseaux longeant les grands cours d’eau tels le Saguenay et le lac Saint-Jean. La photo suivante est prise par Germain. Elle sera un peu floue, la réverbération causant problème.

Dans le Grand Marais toujours, nous avons également recensé quatre Pygargues à tête blanche et s’ajoute au tableau des rapaces un redoutable Faucon pèlerin qui poursuit de temps à autres les 2 500 Sarcelles d’hiver présentes à cet endroit.


Bernaches cravants


Malgré que le nombre des oies et des canards diminue de jour en jour, ce sont maintenant les limicoles qui arrivent du Sud et font halte dans le Grand Marais, tant et aussi longtemps que les berges seront disponibles. Nous aimons beaucoup observer les limicoles. En fin de journée, Germain stationne la voiture le long de la route 170 qui longe une partie du marais. Des bécasseaux s’y trouvent souvent. Jusqu’à 50 Grands Chevaliers, 4 Petits Chevaliers et 7 Pluviers kildirs sont recensés. Dans la prochaine vidéo, un Grand Chevalier est venu se pavaner près de la voiture. Je suis restée dans le véhicule et j’ai discrètement filmé celui-ci. La vidéo est en deux parties. La première concerne l’oiseau qui arrive et qui commence à faire sa toilette. Son nettoyage était si long qu’on a dû couper le film. La deuxième partie illustre la fin de son long toilettage.



Un Grand Chevalier qui arrive



Le toilettage du Grand Chevalier


Ensuite, se fut le tour de deux magnifiques Bécassines de Wilson de venir se montrer dans le même secteur. Camouflée dans le véhicule, j’en ai profité pour les prendre en vidéo et vous partage une partie de leur intimité!



Une Bécassine de Wilson qui se dépêche



Deux Bécassines de Wilson se nourrissant en tandem

jeudi 5 mai 2011

Promenade dans le rang Saint-André à Hébertville


Après avoir quitté le Grand Marais au jour du 1er mai, nous bifurquons vers Hébertville pour faire un tour dans les différents rangs, avant de retourner à la maison. C’est dans le rang Saint-André à Hébertville que les oiseaux ont davantage attirés notre attention. Dans un champ, nous avons eu la joie d’y trouver deux Pics flamboyants, forant le sol à la recherche de larves ou d’insectes.  Le coup d’œil en valait la peine puisque les oiseaux sont superbes.



Pic flamboyant mâle s’alimentant dans le champ


Plus près de nous, dans le même champ, une dizaine de Merles d’Amérique se tenant ensemble se nourrissaient paisiblement dans cet habitat. Puisque les vents étaient très insistants, je suis restée dans la voiture pour filmer une scène qui me fait craquer à tout coup! J’ai attendu tout l’hiver pour voir cela à nouveau! Voyez plutôt…



Savoir-faire du Merle d’Amérique mâle


Après s’être rassasiés d’observer à souhait les pics et les merles, nous filons vers la maison en passant par Larouche. Sur la route, nous prenons le soin de vérifier les quelques étangs inondés pour la présence de canards. C’était plutôt tranquille sauf pour un magnifique castor que j’ai pu filmer un brin avant qu’il ne disparaisse.



Castor se promenant dans l’étang


Lorsque nous sommes arrivés à notre résidence, heureux d’avoir passé une journée merveilleuse sur le terrain, la nature s’est chargé de nous dire bonsoir!


Beau coucher de soleil à Saint-Fulgence


mercredi 4 mai 2011

Débâcle ornithologique au Grand Marais de Métabetchouan (les rapaces)


Au cours de la journée du 1er mai, après avoir inventorié les oies, bernaches et canards dans le Grand Marais, nous nous sommes concentrés sur les oiseaux de proie. C’était difficile de les ignorer, car 9 Pygargues à tête blanche étaient posés dans le marais! Il y avait 7 immatures et 2 adultes. C’est la toute première fois que nous comptons autant de pygargues en un même lieu, posés! Évidemment, les Oies des neiges apeurées se tenaient à l’écart à l’autre bout du marais. Cependant, les rapaces étaient plutôt intéressés par les restes de poissons pêchés par leurs congénères. Les photos suivantes de pygargues ont été prises alors qu’il y avait beaucoup de réverbération. Malgré le flou, cela donne un bon aperçu des scénarios.


Cinq Pygargues à tête blanche immatures ensemble


Un Pygargue à tête blanche adulte se tenant seul dans son coin


Évidemment, avec autant de prédateurs ensemble, les interactions entre eux sont prévisibles. Il y a de la chamaillerie autour d’un poisson, des poursuites et des comportements agressifs entre individus. Dans la prochaine vidéo, l’on verra deux pygargues immatures poursuivre un adulte qui transporte un poisson dans ses serres. Si vous agrandissez la vidéo (double-cliquez dessus), vous verrez l’objet tomber au sol. Il serait préférable de fermer vos hauts parleurs à cause du son causé par des vents forts qui agressent  passablement l’oreille.



Pygargues immatures poursuivant un adulte qui transporte un poisson


Puis, dans un deuxième temps, nous avons remarqué un pygargue adulte perché à flanc de montagne, bien branché sur un conifère. Il était là depuis un bon moment. Au-dessus de lui, un Balbuzard pêcheur se déplace dans les airs. Il détient dans ses pattes un poisson, la pêche ayant été un succès. Voyant l’occasion en or de profiter d’un repas gratuit, le pygargue s’envole aussitôt et en trente secondes, il avait déjà rejoint le balbuzard qui s’en allait. Le pygargue ne s’est pas gêné pour l’agresser, forçant le balbuzard à lui donner son butin. Devant l’agression du pygargue, le balbuzard largue son poisson que le pygargue s’est empressé de récupérer en plein vol. Fier de son coup, le pygargue revient vers le marais, essuyant quelques piqués du balbuzard fâché. Dans la prochaine vidéo, un agrandissement est nécessaire pour voir le poisson en chute libre tout de suite au début. Ce sera légèrement flou à cause de la distance et de la réverbération. À nouveau, il est conseillé de fermer vos hauts parleurs!



Piratage du poisson du balbuzard par le pygargue adulte


Bien entendu, d’autres oiseaux de proie étaient présents autour du marais tels les Busard Saint-Martin, Épervier brun, Petite Buse, Buse à queue rousse, Buse pattue et Crécerelle d’Amérique. Les prochaines photos illustrent deux espèces d’oiseaux de proie dont j’ai eu un peu de difficulté à cadrer dû aux vents forts qui transportaient les rapaces dans le ciel en un éclair!


Petite Buse tournoyant


Urubu à tête rouge faisant une patrouille