Par Claudette Cormier

mercredi 21 décembre 2011

À la quête du prince blanc…

Aujourd’hui 17 décembre, Germain et moi prenons la route pour le Lac Saint-Jean. Notre objectif de la journée est de trouver des Harfangs des neiges dans la plaine du Lac. Le soleil est de la partie, mais le froid cinglant également. Ce matin, des vents du Nord sévissent ce qui rend notre excursion plus difficile à pratiquer. Arrivant dans les limites de Saint-Bruno, un événement imprévisible se manifeste. Plus nous nous enfonçons dans la plaine, plus la visibilité est réduite. Ce n’est pas qu’il fasse tempête, non! Nous sommes devant un tout autre phénomène naturel. Il s’agit de « l’effet de lac ». Le vent transporte l’humidité au-dessus du lac Saint-Jean, qui par le fait même, crée un nuage de cristaux de glace. On dirait presque du brouillard. Donc, on ne voit presque rien, ce qui nous empêche carrément de recenser les harfangs dans les champs agricoles.


L'effet de lac

Devant le fait accompli, devant ce mur opaque blanc, nous ne savons trop que faire pour le moment. Nous nous dirigeons alors vers la coopérative agricole de Saint-Bruno. À ce site, ce qui nous captive, ce sont les Étourneaux sansonnets. Au pied d’une butte remplie de résidus de graines, les oiseaux picorent avidement à la base de cette butte pour avoir accès aux graines. Cependant, à force de picorer, ils ont presque creusé des terriers. Ainsi, ils rentrent une partie de leurs corps dedans, tête première. À cause du froid cinglant, les étourneaux nous démontrent comment la compétition est féroce dans ces conditions météorologiques hivernales. Ils se chamaillent fréquemment, se bousculant en criant leurs protestations de vive voix à leurs congénères. Voici un clip pour vous démontrer la situation telle que décrite :



Étourneaux creusant des terriers pour s’alimenter


Par la suite, nous nous rendons à Métabetchouan. Là, la visibilité commence à s’améliorer ce qui nous donne l’espoir que notre journée n’est pas foutue. Voulant connaître l’état actuel du lac Saint-Jean (le plan d’eau), nous nous dirigeons vers le quai de cette localité. Sur les abords gelés du lac, quelques Goélands bourgmestres nous passent au-dessus de la tête. Le centre du lac est à l’eau libre, mais son règne achève. Avec les nuits de type sibérien annoncées, c’en est terminé pour le lac. Bref, c’est l’hiver. Aussi, près du quai, Germain et moi remarquons des bizarres de dunes sur les berges. Cela nous donne l’impression qu’un souffleur à neige s’est amusé à faire des amoncellements, mais il n’en est rien. C’est de forme naturelle, le travail des glaces et des vents a créé ces dunes.


Claudette observant au large


Dunes de neige et de glace

En attendant que l’effet de lac se dissipe, nous nous ravitaillons au restaurant du coin. Se réchauffer ne sera pas de refus non plus! Puis après, nous effectuons des rondes en voiture à Saint-Gédéon, Hébertville et à Saint-Bruno dans le but de découvrir le prince blanc de l’Arctique. La chance (et la vue) étant enfin de notre bord pendant notre circuit, nous observons quatre Harfangs des neiges vivants et malheureusement, un jeune harfang mort. Tout porte à croire qu’il s’est fait happer par un véhicule.


Harfang des neiges mort happé par un véhicule

Sur une note plus réjouissante, voici trois clips de harfangs, dont trois individus différents, pris au cours de notre après-midi. Ces oiseaux sont tous des juvéniles.



Harfang des neiges sur son promontoire



Harfang sur un bâtiment agricole



Harfang en vol passant près de nous


Joyeux Temps des Fêtes!

jeudi 15 décembre 2011

Être au bon endroit au bon moment…

Le 14 décembre, en début d’après-midi, Mireille Tremblay vient me chercher à la maison, celle-ci située à Saint-Fulgence. Cet hiver, Mireille participe à l’avicourse 2011-2012 et je lui offre mes services aujourd’hui pour lui donner un coup de main, ornithologiquement parlant. Dans le but d’augmenter sa liste d’espèces aquatiques, les goélands et le fameux Pic à ventre roux sont certainement la bienvenue dans cette perspective. Donc, avec empressement, nous filons d’abord sur la route Tadoussac. Avec la marée qui monte vite, nous devons vite vérifier les goélands qui s’alimentent sur les battures. Ah! Voilà plusieurs Goélands arctiques, un Goéland marin et un Goéland bourgmestre. Trois espèces supplémentaires pour son panier de Noël d’espèces d’oiseaux! Ensuite, ayant zieuté les battures à notre goût, nous quittons l’endroit pour nous rendre dans le village. Notre but est de trouver le Pic à ventre roux qui se tient régulièrement à des mangeoires. Mais comme nous sommes durant l’après-midi et qu’il fait doux, pas de pic à l’horizon. Même que c’est passablement mort et que le silence règne…

Par la suite, Mireille et moi nous nous consultons pour la prochaine étape. Finalement, nous optons pour terminer le volet aquatique. Peut-être qu’au quai découvrons-nous un Garrot d’Islande nageant dans l’entrée du fjord? Donc, nous embarquons dans le véhicule et empruntons à nouveau la route Tadoussac pour nous diriger vers le quai. En passant sensiblement au même endroit où les goélands étaient tout à l’heure, un petit goéland posé sur la pointe d’un rocher attire aussitôt le regard inquisiteur de Mireille. Elle me pointe du doigt l’oiseau qui est sur les battures le long de la route et me demande l’identité de l’espèce. Mais comme nous sommes dans un contre-jour parfait, seulement la silhouette est visible. Mireille stationne le véhicule sur l’accotement. J’observe le volatile aux jumelles. Dans la première fraction de seconde, il me fait d’abord penser à un Goéland à bec cerclé vu la petitesse, le bec fin ainsi que la posture horizontale de l’oiseau. Puis, je réalise avec stupéfaction qu’il s’agit en fait d’une mouette! Je somme Mireille de couper les moteurs du véhicule! Qui sait quelle espèce de mouette cela peut être en décembre! Avant de sortir de l’auto, je filme l’oiseau au cas où il partirait subitement, soit dû à notre présence, mais aussi parce que la marée monte. La mouette est susceptible de quitter à tout instant. C’est d’ailleurs ce que fait l’oiseau. À notre grand détriment, il s’envole sans que nous sachions de quelle espèce de mouette il s’agit exactement. Puis, à notre plus grand soulagement, la mouette se pose sur un autre rocher tout près. Cela fait un peu notre affaire que l’oiseau change de place puisque le contre-jour est un peu moins brutal à cet endroit.

Pendant que je filme l’oiseau pour des fins d’identification, Mireille sort son télescope. À tour de rôle, nous observons l’oiseau en relevant le plus de critères possible. Malgré mon expérience de terrain, je n’arrive pas à l’identifier avec certitude. Cependant, j’élimine plein de possibilités. À regarder le volatile sous toutes ses coutures avec les conditions de lumière difficile, nous savons qu’il s’agit d’un immature en premier hiver. De plus, son plumage est extrêmement usé. N’étant pas experte dans le plumage des jeunes mouettes, je m’affaire cependant à relever les moindres détails de plumage avec Mireille. Nous l’identifierons plus tard avec des guides.


La mouette au loin sur un rocher



La mouette à contre-jour

Ensuite, il se produit un incroyable événement! La mouette est encore délogée de son rocher et s’envole encore. Par contre, au lieu de se diriger vers le large et rejoindre d’autres goélands, elle vient se poser près de la route, au pied de l’enrochement! Au début, nous avons de la difficulté à la retrouver puisqu’elle s’est glissée entre des roches, à l’abri de nos regards. Il n’y a rien de plus déconcertant que de savoir qu’elle est à quelques pieds de nous et ne pouvoir l’observer! Puis finalement, elle sort de sa cachette et monte sur un rocher! Pendant qu’elle se ferme les yeux pour roupiller un peu, très peu farouche, elle ne s’occupe pas de notre présence outre mesure pendant que Mireille et moi la photographions et la filmons d’une façon très concentrée. L’oiseau ne semble pas en grande forme, même qu’il semble exténué. Lorsque la marée monte davantage, la mouette quitte l’endroit naturellement pour se diriger vers l’Anse-aux-Foins où elle passera la nuit.


La mouette s'endormant



Nous savourons cet instant…

Avec nos trésors de photos, Mireille et moi nous nous empressons d’aller à la maison pour sortir les guides d’identification afin de nous assurer de l’identité de l’oiseau. Plus aucun doute! Il s’agit bel et bien d’une Mouette atricille, un immature dans sa première année! La joie est à son comble! À notre façon, nous fêtons l’événement au-dessus d’un café brûlant en regardant mutuellement nos photos et vidéos par-dessus la multitude de guides d’identification étalés partout sur la table de cuisine! Nous sommes très conscientes de notre chance… Si nous étions passées alors que l’oiseau était près de la route, nous n’aurions jamais découvert la fameuse mouette. Un gros merci à la providence parce que nous étions heureusement au bon endroit au bon moment

La semaine dernière…

Il y amoins d'une semaine de cela, Germain et moi sommes retournés au Pic à ventre roux un matin au lieu habituel. L’oiseau est présent aux mangeoires et semble bien préparé pour y passer l’hiver. J’ai pu prendre ce clip :


Pic à ventre roux femelle

À quelques reprises au cours de la même semaine, le Pygargue à tête blanche adulte tournoie assez régulièrement devant la maison en fin de journée avant de disparaître dans l’entrée du fjord pour y dormir. Je ne peux m’empêcher de vous le partager… il est si majestueux!



Pygargue à tête blanche adulte

jeudi 8 décembre 2011

Zoom sur La Baie

Au matin du 4 décembre 2011, Germain et moi étions embêtés à savoir quelle direction prendre pour pratiquer notre loisir préféré. Allons-nous faire une excursion à Saint-Fulgence ou bien au Lac Saint-Jean? Tiens! Et si nous allions à La Baie? Cela fait des lunes que nous n’avons pratiqué un circuit ornithologique dans cette belle localité. De quoi est fait La Baie au juste? Il s’agit d’une localité habitée encastrée dans une large et longue baie située entre les montagnes du fjord. Une zone portuaire d’importance est également à signaler.

Avant de nous rendre sur le bord de La Baie proprement dit pour recenser les oiseaux aquatiques, nous jetons un œil dans les champs cultivés. Pendant nos observations, nous trouvons une Buse pattue dans l’un des rangs. Puis, nous nous rendons à notre premier arrêt pour faire un brin d’aquatique à l’anse à Benjamin. Que trouvons-nous à cet endroit précisément? Deux de nos amis ornithologues de longue date! Il s’agit de Serg Tremblay et de Hugues Simard, tous deux de La Baie. Après les poignées de main chaleureuses et les embrassades de retrouver nos « vieux » amis, nous en profitons pour bavarder et nous mettre à jour dans nos vies communes. Ensuite, nous quittons le site afin de recenser à nouveau la Buse pattue du coin. Puis, nous poursuivons notre excursion dans les milieux champêtres afin d’inventorier tout ce qui bouge au niveau ailé. Une seconde Buse pattue attire notre attention. Nous stationnons donc nos véhicules pour mieux l’observer. Pendant que Serg l’a photographie en rafales, je filme l’oiseau de mon côté. Sans prétention, voici le petit clip pris de la superbe buse, en plumage de forme sombre.



Buse pattue de forme sombre

 
La faim nous tenaillant et les doigts des pieds gelés, nous allons dîner pour nous retrouver une heure plus tard sur le bord de la Baie. Trois haltes routières sont disponibles afin d’admirer la vue et de recenser les oiseaux marins ainsi que les oiseaux de proie qui « surfent » au-dessus d’une chaîne de montagnes. D’ailleurs, en parlant de ces derniers, deux Aigles royaux immatures en migration sont détectés au cours de l’après-midi ce qui a fait notre bonheur. Quant aux espèces aquatiques, des Grands Harles, des Garrots à œil d’or, des Canards colverts, des Canards noirs et deux Plongeons huards ont été identifiés. Ce fut tranquille, mais à cette période de l’année, c’est tout à fait normal. Dès les premiers grands froids, cette baie gèle complètement et devient un village de pêcheurs sur glace. Mille cabanes à pêche envahissent La Baie chaque hiver.


Vue sur une partie de La Baie, marée descendante


Bateau quittant la zone portuaire

 
Montagnes empruntées par les aigles


Les hommes en pleine action

À la suite de notre merveilleuse journée, nous quittons nos amis et les berges de La Baie. Nous filons vers le rang Saint-Martin (côté La Baie) qui nous mènera à Chicoutimi. En passant par là, j’en profite pour prendre des photographies de mon lieu d’observation; c’est-à-dire, le fjord et Saint-Fulgence. Aussi, au nord du village, les Monts-Valin trônent avec prestance. Avec la neige sur les Monts, il va sans dire que le coup d’œil est magnifique! Lorsque je suis à la maison, malheureusement, je ne peux voir ces grandes montagnes puisque je suis située au niveau de la mer. Dans la prochaine photographie, vous verrez l’entrée du fjord, le village de Saint-Fulgence et les majestueux Monts-Valin derrière. J’ajoute en passant que la spécialité des monts est la Grive de Bicknell qui niche à son sommet lors de la période de nidification.

 
Le fjord, Saint-Fulgence et les Monts Valin

Espérant vous avoir donné le goût de visiter ces lieux enchanteurs et exceptionnels côtés ornithologiques, je vous laisse sur une photo qui démontre une autre partie du fjord que j’adore de tout mon coeur.


Le fjord du Saguenay

lundi 5 décembre 2011

Observations scientifiques et observations du cœur…

Lorsque l’hiver frappe à notre porte, c’est à ce moment que nous avons le plaisir de revoir des hordes de Gros-bec errants qui réapparaissent aux mangeoires, surtout pour les gens demeurant aux abords de milieux forestiers. Pendant la saison froide, le plumage jaune citron joyeux des mâles apporte dans le décor du soleil supplémentaire pour égayer nos yeux et nos coeurs. Puis, quoi de plus agréable que d’entendre crier les gros-becs lors de leurs chamailleries qui ajoutent de la vie dans le silence de l’hiver! Leur seul petit défaut, que nous leur pardonnons sur le champ, a trait à leur estomac sans fond. Tant qu’il y a des graines de tournesol disponibles, ils vont s’empiffrer le gosier et ne laisser que quelques écailles dans le fond du plat, ce qui en retour, peut creuser un trou dans le budget!

Parfois, on peut croire que les Gros-bec errants sont dépendants des graines de tournesol. Eh bien, il n’en est strictement rien! Ces oiseaux s’alimentent de toutes sortes de graines et de fruits provenant des arbres. Puis, il y a également les Sumacs vinaigriers que cette espèce visite régulièrement. Depuis quelques années, j’observe les gros-becs se poser sur les tiges de vinaigriers qui poussent devant ma résidence. Ils extirpent du fruit de cet arbuste des petites boules rouge bourgogne. On pourrait croire que les oiseaux mangent celles-ci, mais c’est faux. Le fait est qu’au bout de chaque petite boule, il y a une minuscule graine. Et c’est cette graine que les gros-becs mangent.

Curieuse de nature, j’ai arraché, non pas sans peine, une partie charnue et fibreuse d’une tête de vinaigrier. En faisant cela, j’ai constaté qu’une minuscule graine était discrètement cachée au bout de chaque boule. Cette graine est coriace et difficile à sectionner même sous l’ongle. Les gros-becs mettent beaucoup d’effort à broyer cette graine malgré sa petitesse. Par contre, semble-t-il que l’effort en vaut la peine. Je crois que la graine doit être nutritive puisque parfois, les oiseaux prennent beaucoup plus de temps à manger ces graines que de bouffer du tournesol qui est pourtant à porté de bec.

La photographie qui suit illustre des têtes de vinaigriers prises au soleil couchant ce qui ajoute une petite touche poétique à l’arbuste. On dirait que chaque épi est illuminé par un rayon surnaturel. Ensuite, je vous présente deux clips de gros-becs. L’un représente un mâle et l’autre une femelle. Ces oiseaux s’affairent à déguster des graines de sumac. En y prêtant attention, on voit les petites boules rouges égrenées tomber du bec. Ensuite s’ensuit l’effort demandé à l’oiseau pour broyer la petite graine.

Petit rappel : Il vous est suggéré de cliquer sur l’icône You-Tube au bas de la vidéo pour en voir l’agrandissement.


Têtes de Sumac vinaigrier



Gros-bec errant mâle


Gros-bec errant femelle

Depuis une semaine environ, une Gélinotte huppée vient s’alimenter de graines jetées au sol au pied d’une mangeoire. Pour moi, c’est chose habituelle depuis plusieurs saisons hivernales de les voir dans les parages. Cependant, il est arrivé un accident à l’une d’elle. Observer celle-ci claudiquer me fend le cœur. Malgré ses blessures, elle s’alimente quand même bien et est capable de voler.



Gélinotte huppée éclopée

Au cours de la semaine dernière, je vaquais tout simplement à mes occupations. Le crépuscule s’amorçait en fin d’après-midi. Puis, en regardant par la fenêtre du salon, un objet volant a captivé mon attention au loin. En quelques secondes, j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un Pygargue à tête blanche, un adulte! Celui-ci s’est mis à tournoyer devant la maison et je n’ai eu que quelques secondes pour le filmer avant qu’il ne disparaisse. À ces heures, le rapace va dormir sur un arbre sur une falaise escarpée dans l’entrée du fjord. Donc, voici un clip de mon observation où j’ai dû sortir en urgence sur la galerie en pieds de bas sur la neige pour avoir la chance de le filmer…



Pygargue à tête blanche adulte


L'empreinte de mes pieds qui a fait fondre la neige


La grisaille du temps sévissant et le soleil ayant migré au sud-est, les couchers de soleil sont devenus plus rares en cette période de l’année. Mais, j’ai réussi a en croquer un la semaine dernière. Je vous l’offre avec grand plaisir!


Clin d'oeil d'un soleil couchant!

lundi 28 novembre 2011

Une visite surprise!

Au matin du 24 novembre, après m’être levée, je me dirige vers la fenêtre du salon pour regarder le temps qu’il fait. Puis, quelque chose captive l’attention du coin de mon oeil. Sur les battures, un oiseau est posé sur un rocher à environ un demi-kilomètre en face de la résidence. Au début, je croyais qu’il s’agissait d’un Grand Harle femelle qui s’était juchée pour se lisser les plumes, à cause de la position verticale de l’oiseau. Pour en avoir le cœur net, je prends mes jumelles et observe le volatile. Sapristi! C’est un faucon! Énervée, les bras dans les airs à la manière de Jack Sparrow dans le film le Pirate des Caraïbes, je vais chercher le télescope et l’installe rapidement devant la fenêtre. Après l’avoir zoomé à l’oculaire, son identification est formelle : c’est un Faucon pèlerin, un adulte! Depuis que je demeure ici, c’est la première fois que je vois cette espèce posée dans ma baie. Habituellement, ce rapace se pose sur la flèche littorale. Aussi, à ces dates, il aurait été plus probable de rencontrer un Faucon gerfaut. Pendant une trentaine de minutes, le faucon ne fait rien de particulier à part se gratter à l’occasion et zieuter son environnement. Celui-ci n’avait pas l’air affamé et était très détendu. Juste un peu de repos semble-t-il, avant de s’envoler vers l’entrée du fjord, ce qu’il a fait à la fin de l’observation. Ce faucon migrateur provient fort probablement de l’Arctique. Selon le calendrier des migrations de la région, sa présence à la fin novembre est tardive. Pour prendre le clip suivant, j’ai dû ouvrir une des fenêtres coulissantes au bas de la fenêtre du salon et me frayer un chemin visuel entre les arbres pour filmer le faucon. De plus, il était assez loin, ce qui a ajouté une difficulté technique. Mais somme toute, vous pourrez observer la tête noire de l’oiseau, ainsi que la poitrine qui forme une espèce de bavette blanche, qui contraste avec le ventre rayé et foncé.



Le Faucon pèlerin prenant une pause


Une petite virée dans la plaine d’Hébertville

Durant la fin de semaine, c’est le 26 novembre que nous avons effectué une sortie ornithologique puisque le lendemain, les prévisions météorologiques annonçaient de la pluie, de la neige, du verglas et des vents forts. Bref, rien qui ne vaut pour l’observation des oiseaux. Nous voilà donc partis en direction du Lac Saint-Jean pour faire une tournée dans les rangs à Hébertville, Saint-Bruno, Lac-à-la-Croix et Saint-Gédéon. Au cours de notre excursion, nous avons recensé une vingtaine de Buses pattues qui s’alimentaient dans les champs, une Buse à queue rousse, une Crécerelle d’Amérique (mention tardive) et deux Pygargues à tête blanche en vol. Ce sont vraiment les oiseaux de proie qui ont volé la vedette ce jour-là, car dans les milieux champêtres à fin novembre, c’est normalement tranquille. Également, une vérification d’usage pour trouver des Harfangs des neiges n’a rien donné de ce côté.

À Saint-Gédéon, en circulant dans l’un des rangs, Germain détecte une Buse à queue rousse immature posée au bout d’un poteau téléphonique. Assez coopérative, elle se laisse filmer. Pendant la série de tournage, la buse s’est subitement envolée pour piquer dans le champ et capturer un campagnol, qu’elle a dévoré sous nos yeux. Puis, elle s’est perchée à nouveau sur le sommet d’un poteau afin de guetter à nouveau les petites proies. Voici donc trois clips illustrant cette belle buse qui était aux aguets.



La Buse à queue rousse immature



Buse avalant sa proie



Buse faisant le guet

lundi 21 novembre 2011

De retour sur la flèche…

En cette matinée du 19 novembre, en ouvrant les toiles, voilà ce que j’ai vu par la fenêtre de la chambre! AIE! NEIGE! C’était si blanc subitement et la neige d’apparence si duveteuse que, malgré le choc et le surplus de lumière, c’était très beau… Ensuite, en me dirigeant vers la porte-fenêtre au salon, on ne voyait que le tapis blanc déposé depuis cette nuit.


Vue de la fenêtre de ma chambre


Paysage en avant de la résidence

Saisissant notre chance, Germain et moi retournons avec hâte sur la flèche littorale. Peut-être que cette fois-ci, verrons-nous enfin nos Bécasseaux violets? Pour le savoir, nous devons nous rendre à son bout.


Les conditions météo à la flèche

Sautillant sur les roches enneigées, ce qui était un peu périlleux, nous saluons au passage les pêcheurs qui bavardent et qui nous taquinent en disant d’un ton moqueur : « Cette semaine, vous auriez dû venir… On en a vu plein de vos oiseaux! »  Puis nous de penser : « Ça va! Ça va! On a compris votre petit jeu les amis… » Après les salutations habituelles, nous poursuivons notre chemin rocailleux et arrivons presque au bout de la flèche. Quelques coups de jumelles sont donnés de la part de Germain. Pas de violets? Surprenant. Nous savons que ces bécasseaux sont passés maître dans le camouflage alors Germain s’avance pour vérifier le tout.



Germain s’avançant vers le bout de la flèche

Zut de zut! Pas de violets… Soupir. Mais où sont ces satanés bécasseaux? Avec un brin de déception, nous retournons à la voiture, bredouille. Continuant notre excursion, nous nous rendons à nouveau sur la rue Saguenay dans le village afin d’observer le Pic à ventre roux. Avec ce cocktail météo, nous nous demandons si cette espèce va survivre aux rigueurs de l’hiver. Au bout de quelques minutes, nous repérons le pic, celui-ci agrippé après un tronc d’arbre, picorant je ne sais quoi qui l’intéresse beaucoup. Puisque l’oiseau est sur une propriété privée, nous n’avions le choix que de l’observer à distance en restant sur la rue. Voici ce que j’ai pu croquer sur le vif, au travers d’un rideau de neige. En fait, comme l’expression décrit si bien ce type de flocons, il nous tombait dessus des « peaux de lièvres ».


Pic à ventre roux en pleine forme


Arbre fruitier enneigé

Ensuite, après un bref caucus, nous optons pour aller faire une tournée dans certains rangs à Jonquière dans le but de rechercher des Harfangs des neiges et c’est ce que nous avons fait. Cependant, ce fut très décevant. Nous avons trouvé qu’une seule Buse pattue à l’horizon malgré les kilomètres en banque. Pas facile cette journée… Par contre, en passant par le secteur du Bassin à la sortie sud du pont Dubuc à Chicoutimi, j’ai eu le goût d’observer de près une espèce d’oiseau dont personne ne s’attarde ou presque : des Pigeons bisets! Endormi sur le toit d’une station de pompage, un groupe de pigeons m’a été offert sur un plateau d’argent pour la photographie et le tournage de clips puisqu’ils étaient peu farouches. Bien franchement, j’ai été émerveillée par leur diversité de plumage ainsi que par les couleurs différentes portées chez ces oiseaux urbains. Mais, tout d’abord, nous avons été accueillis par un Goéland à bec cerclé adulte en plumage d’hiver, faisant le guet sur un lampadaire.


Le parc du Bassin à Chicoutimi


Un Goéland à bec cerclé attentif


Pigeons bisets sur la station de pompage


Groupe multicolore de pigeons


Les oiseaux faisant la sieste


Oiseaux se reposant



Période de repos et de lissage de plumes

En terminant, je vous invite à regarder le clip suivant pris la semaine dernière à la maison. Il s’agit d’une Sittelle à poitrine rousse femelle qui vient chercher des graines de tournesol dans le cabinet situé sur la porte-fenêtre. Pour casser une graine, la sittelle insère celle-ci dans des interstices sur le garde et frappe dessus à grands coups de bec pour faire éclater l’écaille. C’est vraiment drôle à voir… La qualité de la vidéo laisse à désirer car elle a été prise au travers de la porte vitrée. Mais, l’essentiel est là!



Sittelle à poitrine rousse femelle et la graine de tournesol

mardi 15 novembre 2011

Saint-Fulgence, un point chaud ornithologique!

En ce dimanche du 13 novembre, équipés de nos optiques, nous parcourons à pied la rue Saguenay près de l’endroit de prédilection. Un cri lancé par le Pic à ventre roux attire immédiatement notre attention. Nous le trouvons dans une mangeoire, cueillant des graines de tournesol pour aller les casser sur un arbre tout près. Cela ne va pas sans conflits lorsqu’un Pic chevelu arrive et chasse la femelle sur-le-champ en émettant des séquences de cris stridents et choqués.

Lorsque le calme revient, le Pic à ventre roux nous surprend alors qu’il commence à cacher des graines sur le toit d’un pavillon, chez ces propriétaires qui possède un jardin. Dans les deux prochaines vidéos (cliquer sur l’icône You-Tube en bas du clip pour les agrandissements), vous verrez le pic glisser soigneusement des graines de tournesol sous des tuiles de bardot. À un moment, il cache une graine, ressort celle-ci à deux reprises et la recache sous une autre tuile. C’est intéressant puisque, s’il se fait des réserves, c’est qu’il a l’intention de passer l’hiver dans le secteur! C’est donc un dossier à suivre… Pour le tournage, je devais demeurer à une certaine distance. Certaines images seront assez pixélisées.


Pavillon avec le Pic à ventre roux sur le toit



Pic à ventre roux cachant des graines



Très occupé ce pic…

Puis, le pic s’envole et change d’endroit. Nous ne l’avons pas retrouvé par la suite. Par contre, d’autres détenteurs de mangeoires l’avaient vu ce matin même. Nous savons cela, car lorsque nous nous sommes déplacés à pied, nous avons croisé d’autres amateurs d’oiseaux, dont le découvreur du Pic à ventre roux lui-même! Ensuite, comme la rue Saguenay longe quelques marais, les gens ont parfois de la visite plutôt comique sous leurs postes d’alimentation comme en témoigne le prochain clip!



Canard noir et Canard colvert aux mangeoires


Une autre fin de journée splendide!

lundi 14 novembre 2011

À la recherche du Bécasseau violet

Lors de la fin de semaine, le jour du 12 novembre, nous assistons à notre première bordée de neige officielle à Saint-Fulgence. Dans ces conditions météorologiques, Germain et moi savons où aller dans ces circonstances… au bout de la flèche littorale! Cet épi rocheux, qui se trouve à deux kilomètres de notre résidence, est le lieu par excellence pour y détecter le fameux Bécasseau violet. Les bécasseaux en migration se servent de cet épi afin de s’y reposer en attendant que la météo s’améliore afin de poursuivre leur route vers le fleuve Saint-Laurent. Comme cette espèce migre tardivement à l’automne, il est plus chanceux pour nous d’observer cette espèce pendant un temps de cochon. Pas nécessairement agréable pour l’ornithologue qui endure la pluie, la neige et les vents forts; cependant, c’est le prix à payer, pour voir les « violets ».


Bordée de neige arrivant de l'ouest


Dans la neige!

Habillés pour l’hiver, Germain et moi embarquons dans la voiture et stationnons le véhicule en bordure de la route Tadoussac, à la base de la flèche littorale. Plusieurs pêcheurs sont présents, taquinant la truite de mer lors de cette marée ascendante.



Flèche littorale dans la tempête…

D’un bon pas, nous nous rendons au bout de la flèche, sautillant de roches en roches avec attention, car l’endroit est accidenté. Puis, que voyons-nous à son bout? Des ornithologues! Avec plaisir, nous rencontrons Linda Castilloux et Jacynthe Fortin, deux femmes très motivées qui sont là depuis un bon moment déjà à fouiller pour également recenser le Bécasseau violet.


Ornithologues au bout de la flèche

Finalement, nous attendons… attendons… attendons… Quelques garrots, harles et goélands volent au-dessus de la rivière Saguenay. Ce sont les seuls volatiles du coin, la visibilité réduite n’aidant pas à voir au loin. Alors que le temps passe, la marée elle, monte, monte et monte encore. Plus le choix! Nous devons rebrousser chemin et quitter la flèche avant qu’elle ne soit inondée, sans avoir vu les « violets » qui brillent par leur absence. Zut! Pas aujourd’hui la manne… Nous disons au revoir à nos nouvelles amies et retournons à la maison nous réchauffer.


Notre petit coin avec notre premier tapis de neige


Des digitales enneigées dans la plate-bande

Par la suite, peu après notre arrivée, nous embarquons à nouveau dans la voiture, cette fois-ci pour se rendre à Jonquière, chez notre amie Denyse Gervais. En roulant le long de la route Tadoussac, non loin de la flèche, du côté des champs cultivés, nous découvrons en passant une Chouette épervière! La chouette est perchée et proche de la route. Chassant activement, celle-ci est très concentrée sur le moindre mouvement de la part des rongeurs dans les herbages. Demeurant dans le véhicule, je filme l’oiseau. Heureusement, il est peu farouche et même assez coopératif. Soudain, la chouette quitte son perchoir et s’envole en direction du village de Saint-Fulgence où nous la perdons de vue dans un rideau de neige. Contents de notre observation, nous filons vers Jonquière comme prévu, mais avec un peu de retard… Que voulez-vous… nous sommes des ornithologues!



Chouette épervière en chasse



Chouette ayant changé de perchoir

vendredi 11 novembre 2011

L’heure de la pub…

Bonjour! Voici un petit intermède de ma part afin de vous lancer une invitation spéciale. En effet, je profite de l’occasion pour vous annoncer que deux de mes livres de récits ornithologiques sont toujours disponibles et que vous pouvez vous les procurer. Si vous le voulez bien, allons-y d’abord avec le premier…

Mes plus beaux souvenirs ornithologiques

Pendant trente années en tant qu’ornithologue, j’ai beaucoup exploré la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour y découvrir les oiseaux dans les différents habitats. J’ai également étudié le phénomène de la migration qui me passionne énormément. Au fil des ans, j’ai conservé mes notes de terrain et j’en ai produit un livre. D’une façon accessible et vulgarisée, je relate mes meilleures expériences vécues avec les oiseaux, presque toujours accompagnée de Germain Savard, mon partenaire. Ces récits sont libres, en forme de nouvelles, mais classés par année et par saison. Ce sont pour moi des joyaux de textes et des souvenirs vifs qui feront toujours parties de moi. Il y a également l’introduction où je relate l’événement où je suis née en tant qu’ornithologue. Puis, j’explique les nombreux déménagements de maison que nous avons vécus Germain et moi, car tout est relié aux oiseaux. Les récits sont écrits avec sensibilité, émotion et souvent avec un brin d’humour qui me caractérise. Les personnes qui se sont procuré ce livre m’ont transmis des commentaires très positifs, ont été réjouies et touchées par les récits ornithologiques qu’ils portent dorénavant dans leurs coeurs. Des gens n’ayant aucune notion ornithologique se sont aussi laissés emportés par les récits. Il est important pour moi de partager mon amour pour les oiseaux et d’être leur porte-parole afin de mettre en lumière leur monde féerique et scientifique.



Pour consulter la table des matières, cliquez ici.

Ce livre a été édité en 2010 et comporte 414 pages. Il ne me reste que trois copies et il ne sera pas réédité. Vous pouvez réserver votre copie en  m’envoyant un courriel et en me laissant vos coordonnés à mon adresse : ccormier@hotmail.com. Le coût : 30 $ (+ 5 $ pour la poste). Le principe est : premier arrivé, premier servi.


Et voici le deuxième...

Récits pour ornithologues et amants de la nature

Ce livre est la continuation de « Souvenirs ornithologiques ». Il est conçu sous le même principe; c’est-à-dire, classé par année et par saison. Beaucoup de récits proviennent de mon environnement immédiat depuis que je demeure près du fjord du Saguenay à Saint-Fulgence. Les récits abondent avec de nouvelles découvertes d’oiseaux, toujours relatées avec mon style bien particulier. J’y ajoute en passant quelques observations d’insectes, de batraciens, d’étoiles et j’ose un peu de poésie de temps à autre, sans prétention. Devant le monde ornithologique et la nature, je ne cesse de m’émerveiller. Je souhaite transmettre ce regard sensible à tous puisque mon but ultime est de promouvoir la Beauté de la Nature sous toutes ses formes. Mon vœu le plus cher est de toucher votre cœur et votre âme, afin que vous aussi deveniez des porte-parole pour la faune ailée. En grandissant, en vieillissant et en me conscientisant, mon amour pour le monde ornithologique ne fait que croître davantage. Soyez mes témoins…



Pour consulter la table des matières, cliquez ici.

Cette œuvre a été éditée à la fin de l’année 2010 et comporte 197 pages. Il m’en reste une soixantaine de copies. Vous pouvez réserver votre copie en m’envoyant un courriel et en me laissant vos coordonnés à mon adresse : ccormier@hotmail.com. Le coût : 20 $ (+ 5 $ pour la poste).

mercredi 9 novembre 2011

De la belle visite ailée…

Comme presque chaque matin, je me place devant mon vieil ordinateur. Mon petit bureau est situé entre la porte-fenêtre et la fenêtre du salon. Je suis donc bien placé pour observer les oiseaux qui passent et repassent devant les vitrines. Vous comprendrez que mon travail est ralenti ou carrément dérangé lorsque je lève la tête, la présence des oiseaux captivant souvent mon attention…


Mon coin de travail

Cette semaine, en ce jour du 7 novembre 2011, j’étais à mon bureau comme d’habitude. Puis surgit soudain un oiseau qui se pose brusquement sur une tige de vinaigrier à quelques pieds de ma résidence. Durant la première fraction de seconde, le regardant du coin de l’œil, je croyais avoir affaire à une jeune Pie-grièche grise qui arrivait en trombe, car il y en a une qui rôde dans les alentours et qui chasse les oiseaux à mes mangeoires.


Têtes des vinaigriers vues par la fenêtre coulissante

Lors de la deuxième fraction de seconde, j’observe l’oiseau en plongée par une des fenêtres coulissantes dans le salon. Là, je vois la teinte verdâtre des parties supérieures de l’oiseau. Une Grive à dos olive? Je me lève et m’approche de la vitrine du salon pour zieuter de plus près l’oiseau mystère. Par la suite, ma vision se concentre davantage et boum! La réalité me frappe de plein fouet! Oh! C’est un Piranga vermillon femelle! La mâchoire décrochée, je sais que l’oiseau m’aperçoit… Je fige donc tous mes mouvements et étudie le plumage du piranga à l’œil. J’ai zéro marge de manœuvre. Pas moyen d’aller chercher mes jumelles ni la caméra. Au bout de trente secondes, l’oiseau s’envole et disparaît! Malgré mes recherches intensives dehors à chercher à le revoir, rien. Je ne l’ai pas revu de la journée. Zut de zut! Il a dû poursuivre sa migration, pensai-je…

Le lendemain, soit le 8 novembre, je m’affaire à mes occupations normales. À l’heure du midi, en circulant dans le salon, je détecte chez ma voisine un mouvement de la part d’un oiseau qui me paraît être verdâtre. Jumelles en main, qu’est-ce que je vois? Le Piranga vermillon! Il est encore là! J’enfile un veston et prends la caméra. Demeurant sur la galerie, je le détecte et réussis à le filmer! Par contre, le piranga semble agité. Celui-ci change continuellement de perchoir en émettant une dizaine de notes d'affilée qui ressemble à « pi-TUCK ». Son cri est fort, rauque, aucunement élaboré et pas élégant du tout. Peut-être a-t-il vu un chat dans les parages? Quant à moi, je suis contente d’entendre le cri de cette espèce, une sonorité nouvelle pour mes oreilles.

Dans le prochain clip, vous aurez l’opportunité d’observer le plumage verdâtre du dos et des ailes, ainsi que les dessous jaunes de l’oiseau. Remarquez le sommet de la tête de forme triangulaire, le bec fort et long, totalement disproportionné en comparaison avec la tête. La posture est aussi intéressante alors qu’il a tendance à relever la queue en oblique, à la manière d’un troglodyte. Lors du tournage, le piranga a émis des cris perceptibles dans vos haut-parleurs. Malgré un certain écho contre le mur de la maison, vous entendrez des « TCHOCK » secs et en rafales.


Piranga vermillon agité

Puis, l’oiseau se dirige vers une coulée, toujours chez ma voisine. En tentant de l’observer à nouveau, je suis restée une heure dehors sans toutefois le revoir. Finalement, je rentre et vaque à mes occupations en gardant un œil dans le secteur. La chance est de mon côté alors que je le repère à nouveau en début d’après-midi! Toujours agité, il m’échappe et retourne dans cette coulée. Je me doute bien que le piranga est très intéressé par une vigne à raisins présents à cet endroit… Malheureusement, je ne vois pas les vignes de chez moi.


Lieu d'observation

Plus tard au cours de l’après-midi, je reçois un appel téléphonique de mon amie Denyse. Nous nous mettons à jour dans nos conversations. Soudainement je vois le piranga monter en flèche dans les airs afin de capturer un insecte, pour redescendre par la suite, cela devant ma fenêtre de salon. M’excusant auprès de Denyse qui est également ornithologue, j’écourte d’urgence notre appel. Très brièvement, je filme l’oiseau à travers la fenêtre du salon. Il est perché dans un jeune chêne en face de la résidence. Pouf! Comme une balle, il s’envole et retourne à ses raisins, disparaissant dans la coulée! Je ne l’ai pas revu par la suite.



Le piranga observé dans le chêne

Cette journée fut riche en émotions… Il va sans dire que je suis fort heureuse d’avoir pu revoir le piranga aujourd’hui, car hier, le maigre trente secondes d’observation m’avait laissé sur ma faim. Qu’adviendra-t-il de l’oiseau maintenant? Nul ne sait. J’espère pour lui qu’il migrera et retournera vers des contrées plus chaudes, puisque dans les jours qui suivent, l’approche d’un front froid est annoncée. Nous savons qu’un sérieux coup de froid peut lui être fatal. Mais pour le moment, je remercie la Providence qui m’a apporté sur un plateau d’argent cette si belle visite venue du Sud!

lundi 7 novembre 2011

Les buses de novembre…

Ayant besoin d’une bouffée d’air campagnard, Germain et moi nous nous dirigeons vers le Lac Saint-Jean en ce dimanche du 6 novembre. Notre but est de retrouver un Harfang des neiges détecté le jour d’avant, à Chambord. En filant vers le Lac, Germain effectue un arrêt d’urgence sur l’accotement de la route 170 dès notre arrivée à Saint-Bruno. À quelques pieds de la voiture, une superbe Buse pattue de forme claire est juchée au sommet d’un poteau téléphonique, s’en servant comme poste de guet. Nous étions dans le véhicule directement sous elle. En baissant la fenêtre du côté du passager, j’étais très sceptique qu’elle reste là sans broncher, car elle apercevait nos moindres mouvements. Avec lenteur, je braque la caméra sur la buse. Sapristi! Elle est restée sur place! J’en profite donc pour la filmer avant qu’elle ne quitte son perchoir au bout de quelques minutes. Lors du tournage, le rapace concentrait son regard vers le sol, espérant y détecter une souris.

Petit rappel : Concernant les agrandissements de vidéos, il vous est suggéré de cliquer sur l’icône YouTube au bas du clip.



Buse pattue de forme claire

Lorsque la buse est partie chasser plus loin au-dessus des champs, nous poursuivons notre excursion. Nous sommes très content d’avoir pu observer ce magnifique oiseau de proie de la toundra arctique de si près. Au cours de notre journée, nous avons repéré une quinzaine d’individus, tous affairés à se trouver de la nourriture dans la plaine. Toujours à Saint-Bruno, nous prenons un moment pour identifier une vingtaine de Moineaux domestiques qui se posaient sur un arbuste situé près d’un champ labouré aux abords d’une ferme. Ceux-ci effectuaient de multiples allés et retour, du labour jusqu’à leur perchoir. Je trouve bien triste que cette espèce soit en déclin depuis de nombreuses années… Il m’est impensable de penser que le moineau puisse éventuellement devenir une espèce éteinte de notre région un jour. En guise de souvenir, voici un clip montrant un mâle et une femelle côté à côte craquant une graine trouvée dans le champ.


Moineaux domestiques, mâle et femelle

Ensuite, après avoir apprécié à juste titre les moineaux pleins d’entrain, nous allons à Chambord. Dans cette localité, nous avons parcouru les différents rangs à la recherche du hibou blanc. Mais peine perdue, il s’est volatilisé! Devant cette éventualité, nous rebroussons chemin et filons vers Métabetchouan. Un petit arrêt au Grand Marais nous apporte quelques canards, surtout des Harles couronnés, ainsi qu’un majestueux Pygargue à tête blanche adulte. Au début, le rapace était posé discrètement dans un boisé à l’abri de nos regards. Cependant, une horde de Grands Corbeaux l’avaient repérée et criaient fréquemment. À un moment, le pygargue est sorti de sa cachette s’est envolé et s’est mis à tournoyer dans le ciel, en compagnie des corbeaux qui le surveillaient de près, mais sans paniquer. Voici donc l’un des clips vidéo pris sur le vif :



Pygargue à tête blanche adulte s’élevant

À la suite de cette observation, notre journée était pour ainsi dire terminée… Tranquillement, nous retournons à la maison, heureux de notre journée, avec beaucoup de kilomètres dans le corps par contre. On tanguait en sortant du véhicule…

Je vous laisse sur deux photographies prises il y a quelques jours à peine. La première concerne notre première bordée de neige au Saguenay! De l’autre côté de la rivière Saguenay, la neige demeurait au sol. Chez moi, par contre, les flocons fondaient. Puis samedi dernier, nous avons été honorés d’un plus que magnifique coucher de soleil à la fin d’une belle journée ensoleillée!


Champs enneigés sur la rive sud


Conclusion d'une belle journée...

dimanche 30 octobre 2011

Vers la fin de la migration automnale…

À la fin du mois d’octobre, la majorité des espèces d’oiseaux a déjà migré vers leurs quartiers du sud. Cependant, quelques espèces aquatiques sont encore présentes dans la région, mais pas pour longtemps. En voici un exemple. Au cours de la semaine, une horde de Goélands à bec cerclé est arrivée à Saint-Fulgence presque du jour au lendemain. Je sais pertinemment qu’en demeurant près de la rivière Saguenay, je suis susceptible d’observer beaucoup de goélands. Par contre, la présence accrue de cette espèce dans le secteur est dans les faits un rassemblement pré-migratoire. Par centaines, ceux-ci se sont regroupés en fin de journée dans la baie devant ma résidence. Ces oiseaux proviennent probablement de l’ensemble de la région. Pour quelques jours, les goélands qui font halte à Saint-Fulgence se dispersent durant le jour et vont s’alimenter dans les champs labourés à La Baie et à Chicoutimi, puis reviennent dormir dans l’entrée du fjord. Lors d’un certain soir, en filmant un groupe important, je constate que 99 % des oiseaux sont des Goélands à bec cerclé et que le 1 % qui reste concerne quelques Goélands argentés et Goélands marins se mariant à la troupe de volatiles. Très bientôt, tous ces oiseaux vont nous quitter en bloc et migrer en direction du fleuve. Par la suite, les goélands vont se diriger vers la côte est des États-Unis vers leurs quartiers d’hiver.


 
Masse de Goélands à bec cerclé en fin de journée

Durant cette belle fin de semaine de l’Halloween, le soleil daigne nous réchauffer un peu la couenne en ce jour de froidure. Germain et moi visitons aujourd’hui le marais de Canards Illimités. En nous dirigeant vers la plateforme d’observation (la cache), nous trouvons que les arbres sont très dégarnis, nos pas piétinant les feuilles mortes brunies et mouillées gisant sur le sentier. Mais ce qui nous frappe le plus est le silence. Seulement le « chick-a-dee-dee »qu’une Mésange à tête noire émet nous sort un peu de la torpeur automnale. Rendu à l’abri en question, le contraste est frappant depuis notre dernière visite à cet endroit. Tous les canards, les foulques, les grèbes et les carouges sont partis. Le vide...


Le marais en fin de saison

Dans le fond du marais, seul un petit groupe de Harles couronnés était présent. Malheureusement, ils étaient plutôt farouches. Les magnifiques mâles, portant leurs tiares blanches, ainsi que les femelles, coiffées d’une chevelure dorée, s’affairent à se lisser les plumes et à faire une courte sieste. Seul un mâle Fuligule à collier et un couple de Grand Harle ont été observés lors de notre courte visite.


 
Harles couronnés faisant un brin de toilette

Puisque nous sommes dans ce secteur, nous empruntons ensuite la piste cyclable. Nous recensons un Chardonneret jaune ici, un Merle d’Amérique par là, puis un Étourneau sansonnet chantant une petite mélodie grinçante… Rien de très palpitant. Lorsque nous arrivons aux abords d’une partie du marais de Canards Illimités, nos yeux s’écarquillent quand nous constatons que la surface de l’eau est gelée. Ouais! Ça achève notre affaire…


Surface gelée d'une partie du marais

D’un pas erratique, nous explorons les lieux, faisant un bilan de la saison de la saison de nidification terminée. Nos souvenirs remontent à la surface de notre mémoire alors que le moral descend d’un cran face à l’absence des oiseaux en général. Malgré tout, le paysage, qui semble endormi, est superbe sous ce soleil radieux. J’ouvre ici une parenthèse. Au mois d'août dernier, en parcourant la piste cyclable, nous avons fait une impressionnante découverte, celle d’une dépouille d’une chauve-souris. Celle-ci s’est emprisonnée dans une bardane, probablement en tentant de capturer un insecte.


Paysage près du marais de Canards Illimités


Dépouille d'une chauve-souris

Après notre excursion, nous retournons en direction de la maison. Cependant, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer les battures qui s’étirent plus que d’habitude vers le large depuis quelques jours. C’est que nous sommes dans une période de grandes marées. Voici une photo croquée au quai de Saint-Fulgence montrant les battures dans l’entrée du fjord.


Très basse marée


Pour conclure ce message, je vous offre ce coucher de soleil nuageux, mais qui possède un charme certain.


Coucher de soleil